Alors que la Coupe du monde 2026 bat son plein aux États-Unis, le thermomètre affiche des valeurs extrêmes. À Philadelphie, où l’équipe de France affronte ce samedi son huitième de finale, les joueurs évolueront sous une chaleur accablante, avec des températures atteignant les 38 degrés au coup d’envoi. Une situation qui illustre les défis croissants posés par le réchauffement climatique à l’organisation de la plus grande compétition footballistique mondiale, selon RMC Sport.
Dès 2022, la Fifa avait dû adapter son calendrier en déplaçant la Coupe du monde au Qatar à l’hiver, en raison de températures estivales dépassant les 40 degrés. Une décision saluée pour le niveau de jeu affiché, mais qui avait aussi perturbé les championnats domestiques européens. Aujourd’hui, avec des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses, l’instance dirigeante envisage une refonte plus large de son calendrier international, notamment pour les éditions post-2030.
Ce qu'il faut retenir
- En 2022, la Fifa avait décalé la Coupe du monde du Qatar à l’hiver en raison des plus de 40 degrés en juin
- Les 38 degrés prévus à Philadelphie pour le match France-Paraguay soulignent les défis climatiques actuels
- La Fifa réfléchit à une refonte de son calendrier dès les éditions post-2030, avec une possible Coupe du monde hivernale
- Les pauses fraîcheurs instaurées par l’instance sont critiquées par certains joueurs, mais jugées utiles en conditions extrêmes
- La Coupe du monde 2034 en Arabie saoudite devrait, elle, se tenir en hiver
- Gianni Infantino a souligné en 2025 la nécessité d’une réflexion globale sur l’organisation des compétitions
Un calendrier de plus en plus incompatible avec les extrêmes climatiques
La décision de la Fifa de déplacer la Coupe du monde 2022 au Qatar en novembre-décembre avait marqué un tournant. Dans un pays où les températures dépassent allègrement les 40 degrés en juin, l’idée d’organiser une compétition dans des conditions aussi hostiles était devenue impensable. Les stades climatisés avaient permis de jouer, mais l’ambiance en avait pâti, tout comme la santé des joueurs et des spectateurs. Les observateurs avaient alors noté un niveau de jeu élevé, les athlètes n’étant pas épuisés par une saison complète de compétitions avant le Mondial.
Pourtant, ce compromis avait aussi perturbé les championnats européens, contraints de s’interrompre en plein milieu de saison. Si certains acteurs du football avaient salué cette initiative, d’autres avaient critiqué la désorganisation engendrée. Aujourd’hui, avec des températures caniculaires enregistrées dès le mois de juin dans plusieurs régions du monde, la Fifa doit se résoudre à envisager des solutions plus structurelles.
Des conditions de jeu déjà difficiles en 2026
Dès les premiers matchs de la Coupe du monde 2026, les joueurs ont dû composer avec des conditions climatiques très variables selon les villes. À Philadelphie, les joueurs de l’équipe de France et du Paraguay affronteront ce samedi une chaleur extrême, avec des températures approchant les 38 degrés. Les séances d’entraînement se sont également déroulées dans des conditions éprouvantes, certaines ayant même été annulées ou reportées en raison des pics de chaleur.
Face à ces difficultés, la Fifa a instauré des pauses fraîcheurs lors des matchs, une mesure qui divise. Pour le défenseur Sam Umtiti, ces interruptions « cassent toute ta dynamique ». Quant à Flo Gautreau, il évoque une « déresponsabilisation des joueurs ». Malgré ces critiques, ces pauses pourraient s’avérer salvatrices dans des conditions aussi extrêmes, permettant aux athlètes de récupérer entre les efforts intenses.
Vers une Coupe du monde hivernale ? La Fifa étudie toutes les options
Interrogé par RMC Sport, un haut cadre de la Fifa a confirmé que l’instance réfléchissait sérieusement à une refonte de son calendrier. « Vous imaginez jouer actuellement à Marrakech ? », a-t-il lancé, évoquant les 43 degrés enregistrés dans la ville marocaine début juillet. Selon les dernières consultations, la Coupe du monde 2034 en Arabie saoudite devrait, elle, se tenir en hiver, une décision déjà actée par les instances dirigeantes.
Pour les éditions suivantes, notamment celle de 2038, la Fifa pourrait aller plus loin en adaptant les dates de la compétition. L’une des pistes envisagées serait de commencer la Coupe du monde « une quinzaine de jours plus tôt », afin d’éviter les pics de chaleur les plus intenses. Gianni Infantino, président de la Fifa, avait d’ailleurs rappelé en octobre 2025 lors du congrès de l’EFC que « le meilleur mois pour jouer au football, juin, n’est pas très utilisé en Europe ». Une réflexion plus globale est donc en cours, incluant l’adaptation des horaires, des infrastructures et de l’accueil du public.
Des défis logistiques et sportifs majeurs
La question ne se limite pas aux stades. Comme l’a souligné le haut responsable de la Fifa, « ce n’est pas seulement l’aire de jeu qu’il faut prendre en compte ». Les infrastructures d’entraînement, les fan zones et même les hébergements des joueurs doivent être adaptés. « Vous vous voyez dans une fan zone sous 43 degrés ? Vous ne restez même pas trois minutes en place », a-t-il expliqué. Les diffuseurs, eux aussi, observent la situation avec attention. L’un d’eux a confié à RMC Sport que le Mondial 2022 hivernal avait permis de réaliser de « très belles audiences », tout en soulignant que « la chaleur est extrême même en France en juillet ».
Une autre piste envisagée serait de modifier le calendrier des compétitions européennes, notamment la Ligue des champions, dont le format actuel de septembre à mai est aujourd’hui optimal. Toute refonte impliquerait donc un dialogue avec l’UEFA et les syndicats de joueurs, qui pourraient être réticents à un changement de leurs habitudes.
Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : le réchauffement climatique impose une remise en question profonde de l’organisation du football mondial. Comme l’a résumé Gianni Infantino, « il s’agit d’une réflexion générale, pas seulement d’une Coupe du monde ». Les prochaines années seront déterminantes pour adapter une compétition qui doit rester accessible aux joueurs, aux spectateurs et aux médias, dans un monde où les extrêmes climatiques deviennent la norme.
La Fifa avait pris cette décision en raison des températures extrêmes enregistrées au Qatar en juin, dépassant allègrement les 40 degrés. Les conditions étaient jugées incompatibles avec une compétition de haut niveau, tant pour les joueurs que pour les spectateurs, même dans des stades climatisés.
Parmi les solutions étudiées, la Fifa envisage notamment de décaler la Coupe du monde en hiver pour les éditions futures, comme ce sera le cas en 2034 en Arabie saoudite. Une autre piste serait de commencer la compétition « une quinzaine de jours plus tôt » pour éviter les pics de chaleur. Une refonte plus globale du calendrier, incluant les compétitions européennes, est également à l’étude.