Le politologue Dominique Reynié, figure du libéralisme et directeur de la Fondapol, un think tank « libéral, progressiste et européen », s’est publiquement engagé contre la proposition de loi sur l’« aide à mourir », dont l’adoption est prévue pour le 15 juillet 2026 à l’Assemblée nationale. Selon Le Figaro, il s’agit d’un engagement citoyen qui rompt avec sa méthode d’analyse habituelle, marquée par plus de vingt ans de travaux universitaires et de publications.

Ce qu'il faut retenir

  • Dominique Reynié, directeur de la Fondapol, s’oppose publiquement à la loi sur l’« aide à mourir », dont le vote final est prévu le 15 juillet 2026 à l’Assemblée nationale.
  • Il base son opposition sur des enquêtes d’opinion qu’il juge défavorables au texte, selon ses propres analyses.
  • Le politologue a multiplié les interventions médiatiques, comme sur France Inter, pour alerter l’opinion publique avant le vote.
  • Il dénonce, entre autres, des arguments comptables inavoués derrière la volonté de légaliser l’euthanasie.
  • La proposition de loi suscite des divisions au sein de la majorité présidentielle, certains députés appelant à ne pas « passer en force ».

Un engagement atypique pour un spécialiste de l’opinion

Dominique Reynié, politologue reconnu pour ses travaux sur les fractures de la société française, a longtemps analysé les grands débats publics à travers le prisme académique. Pourtant, cette fois, il a choisi de s’engager directement, non plus en tant que chercheur, mais en tant que citoyen concerné. « Ce sujet est fondamentalement politique et nous concerne tous », a-t-il déclaré dans une tribune publiée par Le Figaro. Son opposition à la loi sur l’euthanasie s’appuie sur ce qu’il présente comme un rejet majoritaire des Français pour le texte, une affirmation qu’il défend à travers des analyses d’opinion qu’il a lui-même menées ou commandées.

Depuis près de deux décennies, Reynié dirige la Fondapol, un think tank qui se définit comme « libéral, progressiste et européen ». Son parcours intellectuel, marqué par une approche libérale des questions sociétales, pourrait surprendre certains observateurs, tant le sujet de l’euthanasie divise traditionnellement les courants politiques. Pourtant, pour lui, cette opposition est avant tout une question de principe : « Derrière la volonté de légaliser l’euthanasie, il y a des arguments comptables inavoués », a-t-il souligné, sans préciser davantage, mais en pointant du doigt ce qu’il perçoit comme une logique de réduction des coûts dans la gestion de la fin de vie.

Un combat médiatique pour peser avant le vote

Alors que la proposition de loi approche de son terme législatif, Dominique Reynié a multiplié les prises de parole pour tenter d’influencer le débat. La veille de l’adoption en troisième lecture du texte à l’Assemblée nationale, il intervenait sur France Inter pour réaffirmer son opposition. « C’était la première fois qu’ils m’invitaient à m’exprimer sur le sujet, et sans surprise, ils m’ont mis face à un partisan proche de l’ADMD pour me contredire », a-t-il raconté à Le Figaro. Pour lui, cette confrontation médiatique illustre les déséquilibres du débat, où les partisans de la légalisation bénéficieraient d’une visibilité accrue.

Son objectif ? Réveiller l’opinion publique avant le vote final du 15 juillet 2026. Il s’appuie sur ce qu’il présente comme des enquêtes d’opinion pour étayer son propos. Bien que les résultats exacts de ces sondages ne soient pas détaillés dans l’article du Figaro, Reynié affirme que les Français désapprouvent majoritairement le texte. Une position qu’il tente de faire entendre, malgré un calendrier législatif déjà très avancé. « La courte majorité de députés favorables à la légalisation de l’euthanasie ne doit pas passer en force », a-t-il averti, appelant à une réflexion plus large sur les enjeux éthiques et sociétaux du texte.

Un texte controversé au cœur des tensions politiques

La proposition de loi sur l’« aide à mourir » s’inscrit dans un contexte où l’exécutif redouble d’efforts pour faire adopter ce texte, alors que des épisodes de canicule rappellent l’impératif de protéger les personnes les plus vulnérables. Pourtant, pour Dominique Reynié, ce projet soulève des questions bien plus profondes que la simple gestion des vagues de chaleur. Dans ses interventions, il met en garde contre une approche qu’il juge trop comptable, voire utilitariste, de la fin de vie.

Son opposition s’inscrit aussi dans une logique libérale, où l’autonomie individuelle doit être préservée, mais sans franchir certaines limites éthiques. « Un sujet fondamentalement politique qui nous concerne tous », rappelle-t-il, soulignant que la question dépasse largement le cadre médical pour toucher à des choix de société. Ses détracteurs, eux, défendent une approche plus pragmatique, où la légalisation de l’euthanasie serait un progrès en matière de droits des patients et d’accompagnement de la souffrance.

Et maintenant ?

Le vote final à l’Assemblée nationale est prévu pour le 15 juillet 2026, dans un contexte où les divisions persistent au sein de la majorité présidentielle. Si la proposition de loi devait être adoptée, elle pourrait entrer en vigueur dès 2027, sous réserve de son application par les professionnels de santé. Reste à voir si les appels à la prudence de figures comme Dominique Reynié parviendront à peser dans les dernières heures de débats. Une chose est sûre : le sujet continuera de diviser bien au-delà de cette échéance législative.

Dominique Reynié, lui, ne compte pas en rester là. Après des décennies passées à analyser les fractures de la société, il a choisi de s’engager directement dans l’arène politique, convaincu que le sujet de l’euthanasie mérite un débat bien plus large que celui actuellement mené. Que la loi soit adoptée ou rejetée, son intervention rappelle que la question de la fin de vie dépasse le cadre législatif pour toucher à des choix de civilisation.

La Fondapol (Fondation pour l’innovation politique) est un think tank français fondé en 2004, qui se définit comme « libéral, progressiste et européen ». Dirigé par Dominique Reynié, elle publie régulièrement des analyses et des propositions sur les grands sujets de société. Dans le débat sur l’euthanasie, la Fondapol n’a pas de position officielle, mais son directeur s’est personnellement engagé contre la loi sur l’« aide à mourir », en s’appuyant sur ses propres travaux et enquêtes d’opinion.

Dominique Reynié affirme, sans préciser les sources exactes, que les Français désapprouvent majoritairement la proposition de loi sur l’« aide à mourir ». Il s’appuie sur des enquêtes d’opinion qu’il a lui-même menées ou commandées, bien que les résultats détaillés ne soient pas rendus publics dans l’article du Figaro.