L’année 2025 marque une nouvelle progression pour l’e-commerce en France, avec un chiffre d’affaires record de près de 200 milliards d’euros, en hausse de 7 % par rapport à 2024. Selon le Figaro, cette performance s’inscrit dans une dynamique de longue durée, consolidant ainsi le commerce en ligne comme un pilier du quotidien des consommateurs français. La Fédération du commerce en ligne et de la vente à distance (Fevad) a présenté ces résultats mercredi, soulignant à la fois la résilience du secteur et sa sensibilité aux aléas économiques.

Ce qu'il faut retenir

  • 200 milliards d’euros de dépenses en ligne en 2025, soit une hausse de 7 % par rapport à 2024
  • Un record de transactions avec une augmentation de 11 % du nombre d’achats, sur un panel de 158 000 sites marchands
  • 75 commandes par an en moyenne pour chaque Français, pour un montant annuel de 4 657 euros
  • Les services progressent de 9 % tandis que les produits augmentent de 4 %, avec une forte présence des ventes non alimentaires
  • 94 % des vendeurs en ligne utilisent l’intelligence artificielle générative, et près d’un client sur trois y a recours lors de ses achats
  • La seconde main s’impose durablement, avec 4 cyberacheteurs sur 10 ayant acheté au moins un produit d’occasion en 2025

Un secteur en croissance, mais pas à l’abri des crises

Le bilan de la Fevad confirme une nouvelle fois la place centrale de l’e-commerce dans les habitudes des Français. « L’e-commerce est durablement ancré dans le quotidien des Français », a déclaré Marc Lolivier, délégué général de la fédération, dans un communiqué. Il a salué la « résilience » du secteur, malgré « un contexte politique et économique incertain ». Cependant, le responsable a nuancé ce succès en rappelant que l’e-commerce « n’a pas d’immunité face aux crises » et qu’il reste « plus sensible que jamais aux arbitrages des ménages ».

En 2024, le secteur avait déjà enregistré un chiffre d’affaires de 175,3 milliards d’euros, un niveau historiquement élevé. Cette croissance de 7 % en 2025 s’accompagne d’une hausse de 11 % du nombre de transactions, évaluées sur un panel représentatif de 158 000 sites marchands. Autant dire que le commerce en ligne n’a plus rien d’une tendance émergente : il s’agit désormais d’un marché mature, où chaque Français effectue en moyenne 75 commandes par an, soit plus d’une par semaine, pour un budget annuel moyen de 4 657 euros.

Une répartition contrastée entre produits et services

La Fevad précise que les ventes de services ont affiché une dynamique plus marquée que celles des produits. Avec une progression de 9 %, les services confirment leur attractivité, tandis que les ventes de produits n’augmentent que de 4 %. Parmi les catégories les plus plébiscitées, on retrouve notamment les équipements pour la maison et l’habillement. Les ventes non alimentaires, en général, dominent largement le paysage de l’e-commerce, reflétant une préférence des consommateurs pour des achats hors alimentation.

Un autre phénomène notable est l’essor de la seconde main. La Fevad souligne que « la seconde main s’installe durablement dans les usages de l’e-commerce ». En 2025, 4 cyberacheteurs sur 10 ont acheté au moins un produit d’occasion en ligne. Ce mouvement s’inscrit dans une logique de consommation plus responsable et économique, portée par des plateformes comme Vinted, qui compte désormais plus de 10 millions de clients en France. Elle se positionne ainsi comme le deuxième site e-commerce le plus fréquenté, derrière Amazon.

L’intelligence artificielle, un levier stratégique pour les acteurs du secteur

La Fevad met en lumière l’accélération technologique qui transforme le commerce en ligne, avec l’intelligence artificielle (IA) comme « levier clé ». Selon les données de la fédération, 94 % des vendeurs en ligne ont intégré l’IA générative sur leurs plateformes. Plus surprenant encore, près d’un client sur trois utilise cet outil lors de ses achats, que ce soit pour obtenir des recommandations personnalisées, des comparatifs de prix ou des conseils de navigation.

Ces innovations technologiques seront au cœur de la conférence annuelle de la Fevad, qui se tient ce mercredi à Paris. L’événement rassemble les grands acteurs du secteur autour de tables rondes dédiées aux enjeux technologiques et aux perspectives d’avenir du commerce digital. Un signe que l’IA n’est plus une option, mais une nécessité pour rester compétitif dans un marché de plus en plus concurrentiel.

Et maintenant ?

La Fevad insiste sur les « défis importants » qui attendent le secteur, au-delà de la croissance actuelle. Parmi eux, la nécessité de maîtriser les coûts liés à l’accélération technologique, notamment l’IA, tout en garantissant une expérience client optimale. Les acteurs du marché devraient également suivre de près l’évolution des comportements de consommation, dans un contexte où les ménages restent attentifs à leurs dépenses. La prochaine conférence de la Fevad, prévue en 2026, pourrait apporter des éléments de réponse sur la capacité du secteur à concilier innovation et accessibilité.

Pour les consommateurs, la tendance à la seconde main et à l’utilisation de l’IA devrait se renforcer, avec des plateformes comme Vinted ou des outils intégrant l’intelligence artificielle qui pourraient gagner encore en popularité. Reste à voir si cette dynamique se maintiendra en 2026, alors que les incertitudes économiques et politiques persistent.

Selon les données de la Fevad rapportées par le Figaro, Amazon reste le site le plus fréquenté en France en 2025. Il est suivi de près par Vinted, qui compte plus de 10 millions de clients et s’impose comme un acteur majeur, notamment dans le domaine de la seconde main.

D’après la Fevad, près d’un client sur trois utilise l’intelligence artificielle générative lors de ses achats en ligne. Cela peut prendre la forme de recommandations personnalisées, de comparatifs de prix, ou encore d’assistants virtuels pour guider le consommateur dans sa navigation ou ses choix.