Depuis plusieurs semaines, la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda sont confrontés à une résurgence d’Ebola marquée par la circulation d’un variant jusqu’ici peu documenté. Selon Le Figaro, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a activé, le 16 mai 2026, son deuxième niveau d’alerte sanitaire le plus élevé : l’urgence de santé publique de portée internationale. Cette décision intervient alors que les autorités sanitaires peinent à maîtriser la propagation du virus dans une région en proie à des conflits armés, rendant l’accès aux populations et le traçage des cas particulièrement complexes.

Ce qu’il faut retenir

  • L’OMS a déclenché son deuxième niveau d’alerte sanitaire le 16 mai 2026 face à une épidémie d’Ebola causée par un variant méconnu en RDC et en Ouganda.
  • Au 16 mai 2026, 246 cas suspects et 80 décès ont été recensés dans la province d’Ituri (RDC), tandis qu’un cas confirmé et un décès ont été signalés en Ouganda.
  • Le ministre congolais de la Santé a annoncé, ce 23 mai 2026, 513 cas suspects et 131 décès au total, précisant que tous les décès comptabilisés ne sont pas forcément liés à Ebola.
  • L’épidémie se déclare dans une zone en conflit, compliquant les opérations de surveillance et de réponse médicale.
  • Aucun traitement ni vaccin n’existe encore contre ce variant d’Ebola, aggravant la vulnérabilité des populations concernées.

Une épidémie sous haute surveillance internationale

L’activation de l’alerte sanitaire par l’OMS reflète l’inquiétude des experts face à la propagation rapide du virus dans une zone déjà fragilisée par des années de conflits. D’après Le Figaro, le variant en cause présente des caractéristiques encore mal comprises, ce qui limite les outils disponibles pour contenir sa diffusion. Jusqu’à présent, huit cas ont été confirmés en laboratoire, mais le nombre réel de personnes infectées pourrait être bien supérieur en raison des difficultés d’accès aux soins et de la méfiance des populations envers les équipes médicales.

La province d’Ituri, épicentre de l’épidémie, est régulièrement secouée par des violences entre groupes armés, empêchant les autorités sanitaires d’organiser des campagnes de sensibilisation ou de déployer des équipes de traçage efficaces. Un cas d’Ebola a également été confirmé à Kinshasa, la capitale congolaise, tandis qu’un décès a été enregistré en Ouganda, à la frontière avec la RDC.

Des chiffres en hausse et des incertitudes persistantes

Les données officielles, publiées ce 23 mai 2026 par le ministère congolais de la Santé, révèlent une escalade préoccupante. Sur les 513 cas suspects déclarés, 131 décès ont été recensés, mais le gouvernement a tenu à préciser que tous n’étaient pas nécessairement attribuables au virus.

« Les décès que nous donnons, ce sont tous les décès que nous avons retrouvés dans la communauté sans nécessairement dire qu’ils sont tous liés à Ebola », a déclaré le ministre congolais de la Santé.
Cette nuance souligne les défis logistiques et méthodologiques auxquels font face les équipes sur le terrain, où le manque de moyens et l’insécurité compliquent l’enregistrement précis des données.

Côté ougandais, les autorités sanitaires n’ont pour l’instant confirmé qu’un seul cas et un décès, mais les craintes d’une propagation transfrontalière persistent en raison des mouvements de populations entre les deux pays. Les experts craignent que le variant en circulation ne soit plus contagieux ou plus résistant que les souches précédemment identifiées, bien que ces hypothèses restent à confirmer par des analyses approfondies.

Un variant sans traitement ni vaccin : un scénario redouté

Le fait que ce variant d’Ebola échappe encore à toute immunisation collective ou individuelle aggrave considérablement le risque de propagation. Contrairement aux épidémies précédentes, pour lesquelles des vaccins expérimentaux avaient pu être déployés en urgence, les scientifiques disposent ici de peu d’options thérapeutiques. Les équipes médicales en RDC et en Ouganda s’appuient donc sur des protocoles classiques de prise en charge des symptômes, tandis que les recherches pour développer un traitement spécifique sont en cours, mais sans garantie de succès à court terme.

Cette situation rappelle les craintes exprimées lors des précédentes flambées d’Ebola en Afrique centrale, où la combinaison d’un virus hautement contagieux, d’un accès limité aux soins et d’un contexte sécuritaire instable avait conduit à des bilans humains dramatiques. Les organisations humanitaires et sanitaires appellent désormais à un renforcement urgent de la coopération internationale pour éviter une crise sanitaire majeure.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’efficacité des mesures mises en place par les autorités congolaises et ougandaises, en collaboration avec l’OMS et les partenaires internationaux. Une mission d’évaluation devrait se rendre dans la province d’Ituri d’ici la fin du mois de mai pour renforcer les capacités locales de réponse. Par ailleurs, des négociations sont en cours pour organiser l’envoi de stocks de médicaments et de matériel de protection, tandis que des équipes de recherche accélèrent les travaux sur ce variant. La communauté internationale devra également veiller à ce que la réponse sanitaire ne soit pas entravée par les violences persistantes dans la région.

Si la situation devait s’aggraver, l’OMS pourrait envisager de renforcer davantage son niveau d’alerte, voire de coordonner une réponse humanitaire à grande échelle. Pour l’heure, les autorités sanitaires insistent sur l’importance de la vigilance et de la collaboration entre les pays concernés, afin d’éviter une répétition des erreurs du passé.

Ce variant est jugé plus inquiétant en raison de son méconnaissance : contrairement aux souches précédemment étudiées, il n’existe ni traitement ni vaccin spécifique pour le contrer. De plus, sa circulation dans une zone de conflit limite les possibilités de traçage et de prise en charge rapide des patients, augmentant ainsi le risque de propagation incontrôlée.

L’OMS a annoncé le déploiement d’une mission d’évaluation dans la province d’Ituri d’ici fin mai 2026 pour renforcer les capacités locales. Des négociations sont également en cours pour envoyer des stocks de médicaments et de matériel de protection, tandis que des équipes de recherche accélèrent les travaux sur ce variant. Une coordination accrue avec les autorités ougandaises est également prévue pour éviter une propagation transfrontalière.