Avec 34 604 nouveaux millionnaires en dollars supplémentaires en un an, la France affiche la plus forte progression en valeur absolue parmi les pays de l’Union européenne, selon le rapport 2026 d’UBS publié ce mercredi. Ce chiffre porte désormais à 2,388 millions le nombre de millionnaires en France, ce qui classe l’Hexagone au sixième rang mondial, derrière les États-Unis, la Chine, le Japon, l’Allemagne et le Royaume-Uni. BFM Business révèle cette analyse, confirmant ainsi la solidité de l’accumulation patrimoniale française.

Ce qu'il faut retenir

  • 34 604 nouveaux millionnaires en France en 2025, soit la plus forte hausse en Europe en valeur absolue.
  • La France compte désormais 2,388 millions de millionnaires, un record continental après le Royaume-Uni (2,43 millions).
  • Patrimoine médian de 121 898 dollars par adulte, trois fois supérieur à celui des États-Unis (68 998 dollars) et plus du double de l’Allemagne (53 485 dollars).
  • Le patrimoine moyen par adulte atteint 341 359 dollars, plaçant la France au 14e rang mondial.
  • La richesse est moins concentrée qu’aux États-Unis ou en Allemagne, selon UBS.

La France, leader européen de la croissance des millionnaires en valeur absolue

Le rapport 2026 d’UBS souligne que la France a enregistré 34 604 nouveaux millionnaires en dollars en 2025, ce qui représente une hausse de 1,5 % de sa population fortunée. Ce résultat place l’Hexagone en tête des pays de l’UE en valeur absolue, devant l’Espagne (32 707), l’Italie (28 596) et l’Allemagne (24 263). Seul le Royaume-Uni, avec 43 139 nouveaux millionnaires, dépasse la France sur le continent. « Ces chiffres confirment la dynamique de création de richesse en France, même si la croissance reste plus modérée qu’en Europe de l’Est », précise UBS dans son rapport.

Cependant, rapportée à la taille de sa population, la progression française apparaît moins spectaculaire. Plusieurs pays d’Europe de l’Est affichent des taux de croissance bien plus élevés : la Lituanie (+8 %), la Turquie (+6,4 %), la Lettonie (+5,7 %) et la Hongrie (+5,3 %). « Ces écarts s’expliquent par des dynamiques démographiques et économiques spécifiques », explique un économiste interrogé par BFM Business.

Un patrimoine médian supérieur à celui des États-Unis et de l’Allemagne

Parmi les enseignements marquants du rapport, la France se distingue par un patrimoine médian de 121 898 dollars par adulte, un niveau trois fois supérieur à celui des États-Unis (68 998 dollars) et plus du double de celui de l’Allemagne (53 485 dollars). Ce patrimoine médian, qui sépare la population en deux parts égales, reflète une répartition de la richesse moins inégalitaire qu’ailleurs. « La France bénéficie d’un système de protection sociale et de retraite qui favorise l’accumulation patrimoniale des ménages », souligne UBS.

En revanche, le patrimoine moyen par adulte en France s’élève à 341 359 dollars, un chiffre qui la place au 14e rang mondial. Elle devance ainsi le Royaume-Uni (292 808 dollars), l’Espagne (306 412 dollars) et l’Italie (279 439 dollars), mais reste légèrement en retrait par rapport à l’Allemagne (346 613 dollars). Les écarts avec les pays les plus fortunés restent nonetheless considérables : la Suisse domine le classement avec un patrimoine moyen de 910 382 dollars, devant les États-Unis (696 277 dollars) et le Luxembourg (654 732 dollars).

Moins de concentration de la richesse, une spécificité française

L’un des principaux enseignements du rapport UBS réside dans la moindre concentration de la richesse en France comparée à d’autres grandes économies. « Le patrimoine médian élevé et la croissance soutenue du nombre de millionnaires montrent que la richesse est davantage diffusée dans la population », indique un expert cité par BFM Business. Plusieurs facteurs expliquent cette particularité : un taux de propriété immobilière élevé, un système de retraite performant et des incitations fiscales à l’investissement.

Cette meilleure répartition de la richesse se traduit également par un écart moins marqué entre patrimoine moyen et médian. En France, le patrimoine moyen (341 359 dollars) est 2,8 fois supérieur au patrimoine médian (121 898 dollars), contre un ratio de 10,1 aux États-Unis (patrimoine moyen de 696 277 dollars pour un médian de 68 998 dollars) et de 6,5 en Allemagne (346 613 dollars de moyenne contre 53 485 dollars de médian). « Cette donnée illustre une société où la richesse est moins concentrée entre les mains d’une minorité », commente un économiste interrogé par BFM Business.

L’Europe, un continent où la richesse se diffuse, mais reste inégale

À l’échelle mondiale, près d’un million de nouveaux millionnaires en dollars ont émergé en 2025, selon UBS, soit plus de 2 680 par jour. Les États-Unis concentrent à eux seuls 441 078 nouveaux millionnaires, soit près de la moitié du total mondial. Avec 23,6 millions de millionnaires, les États-Unis représentent plus de 40 % des 57,5 millions de millionnaires recensés dans les 56 marchés étudiés par UBS.

L’Europe occidentale, de son côté, rassemble près de 15 millions de millionnaires, soit un quart du total mondial. La France, avec ses 2,388 millions de millionnaires, représente à elle seule un sixième de cette population fortunée européenne. « Cette concentration s’explique par la maturité économique de l’Europe de l’Ouest, mais aussi par des systèmes de protection sociale et de retraite qui favorisent l’accumulation patrimoniale », explique un analyste d’UBS.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient révéler si cette dynamique se poursuit. Plusieurs facteurs pourraient influencer l’évolution du nombre de millionnaires en France : la politique monétaire de la Banque centrale européenne, les réformes fiscales en discussion, ou encore l’évolution du marché immobilier. UBS souligne que la France pourrait continuer à tirer son épingle du jeu grâce à sa capacité à diffuser la richesse et à maintenir un patrimoine médian élevé. Pour l’heure, les économistes s’attendent à une croissance modérée, mais régulière, du nombre de millionnaires dans l’Hexagone.

En conclusion, la France confirme sa place parmi les principaux foyers de richesse en Europe. Son modèle, caractérisé par une richesse moins concentrée et un patrimoine médian élevé, la distingue des autres grandes économies développées. « Ces données montrent que la France reste un pays où l’accumulation patrimoniale est solide et bien répartie », résume UBS dans son rapport.

Plusieurs facteurs expliquent cette particularité : un taux de propriété immobilière élevé, un système de retraite performant et des incitations fiscales à l’investissement. En France, la richesse est davantage diffusée dans la population, contrairement aux États-Unis ou à l’Allemagne, où elle est plus concentrée entre les mains d’une minorité.

Les réformes fiscales pourraient influencer l’accumulation patrimoniale. Par exemple, des mesures incitant à l’investissement ou réduisant la fiscalité sur le capital pourraient accélérer la création de nouveaux millionnaires. À l’inverse, une hausse des impôts sur la fortune ou sur les plus-values pourrait freiner cette dynamique. L’évolution dépendra donc des choix politiques des prochains mois.