Onze pharmacies de Creuse peuvent désormais délivrer des traitements contre certaines douleurs dentaires, d’après Franceinfo – Santé. Cette initiative, lancée le 29 juin 2026, vise à répondre à une pénurie criante de chirurgiens-dentistes dans ce département rural, où leur nombre est deux fois inférieur à la moyenne nationale.
Ce qu'il faut retenir
- Onze pharmacies en Creuse sont désormais habilitées à prescrire jusqu’à neuf types d’ordonnances pour des douleurs dentaires légères ou modérées, dont des antidouleurs et des antibiotiques.
- Ce dispositif concerne les adultes et les enfants de plus de dix ans, sans rendez-vous préalable, pour des situations urgentes comme un abcès ou une douleur nocturne.
- Les pharmaciens ont été formés par une dentiste du centre hospitalier de Guéret et suivent un protocole strict pour orienter les patients vers un chirurgien-dentiste en cas de besoin complexe.
- La Creuse ne compte qu’une trentaine de chirurgiens-dentistes, soit plus de deux fois moins que la moyenne nationale.
- L’objectif est de désengorger les cabinets dentaires et d’améliorer l’accès aux soins dans un département marqué par les déserts médicaux.
Un dispositif né d’une demande croissante de la population
Ce projet a été lancé à l’initiative d’un pharmacien confronté à une augmentation des demandes de prise en charge des douleurs dentaires, notamment en dehors des horaires d’ouverture des cabinets. « Tout est parti de la demande d’un pharmacien qui était confronté à de plus en plus de demandes de prise en charge pour la douleur dentaire », a expliqué Myriam Langlois-Rucheton, coordinatrice de la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) Centre Nord Creuse, lors d’un entretien avec ICI Creuse. Elle précise que le dispositif permet de répondre à des situations comme « une douleur dentaire à 22 heures », où le pharmacien devient un recours immédiat.
Les pharmaciens engagés dans ce protocole disposent désormais d’un matériel spécifique pour réaliser un examen ciblé. Ils peuvent ensuite délivrer des ordonnances selon un cadre prédéfini, incluant des antidouleurs ou des antibiotiques, mais uniquement dans des cas limités. « Le pharmacien a des limites, il n’est pas chirurgien-dentiste, donc c’est simplement pour répondre à une situation d’attente, en cas d’abcès par exemple », a souligné Myriam Langlois-Rucheton. En cas de complication ou d’urgence plus sérieuse, les patients sont systématiquement redirigés vers un professionnel de santé compétent.
Une réponse à la pénurie de chirurgiens-dentistes en milieu rural
Avec seulement une trentaine de chirurgiens-dentistes pour l’ensemble de la Creuse, le département souffre d’une carence structurelle en matière de soins dentaires. « On compte plus de deux fois moins de praticiens que la moyenne nationale », a rappelé la coordinatrice de la CPTS. Cette situation est d’autant plus critique que les déserts médicaux s’accentuent dans les zones rurales, où les délais pour obtenir un rendez-vous chez un dentiste peuvent s’étendre sur plusieurs mois. Le dispositif mis en place en juin 2026 vise précisément à pallier cette absence de praticiens en permettant aux pharmaciens d’intervenir en première ligne pour des cas bénins ou modérés.
Pour les professionnels de santé impliqués, cette mesure représente une avancée concrète pour améliorer l’accès aux soins. « Pour les pharmaciens engagés dans le dispositif, ce protocole doit permettre de désengorger les cabinets dentaires et de faire face aux déserts médicaux », a indiqué Myriam Langlois-Rucheton. L’initiative s’inscrit dans une logique de complémentarité entre les acteurs de santé, sans chercher à remplacer le rôle des chirurgiens-dentistes.
Un protocole strict et une formation encadrée
Les onze pharmacies sélectionnées ont bénéficié d’une formation dispensée par une dentiste du centre hospitalier de Guéret. Cette formation portait sur l’utilisation du matériel adapté pour examiner les patients, ainsi que sur les protocoles à suivre pour délivrer les ordonnances. « Les pharmaciens ont été formés pour réaliser un examen à l’aide de matériel spécifique, puis délivrer, selon un protocole établi, jusqu’à neuf types d’ordonnances », précise Franceinfo – Santé. Chaque ordonnance est délivrée dans le respect d’un cadre strict, afin d’éviter tout dépassement des compétences des pharmaciens.
Le protocole exclut d’emblée les cas complexes ou les urgences vitales. Les patients présentant des symptômes graves – comme une infection sévère ou une douleur insupportable – sont immédiatement orientés vers les services d’urgence ou les cabinets dentaires de l’hôpital. « En cas d’urgence ou de situation plus complexe, les patients sont orientés vers les chirurgiens-dentistes de l’hôpital », rappelle la coordinatrice de la CPTS. Ce dispositif permet ainsi de filtrer les demandes et de réserver les soins spécialisés aux cas nécessitant une expertise médicale.
Pour l’instant, le dispositif reste limité à la Creuse, mais il pourrait inspirer d’autres initiatives locales. La question de sa pérennité dépendra des retours des patients, des pharmaciens et des chirurgiens-dentistes impliqués. Une chose est sûre : dans un contexte où les déserts médicaux s’étendent, des solutions innovantes comme celle-ci pourraient devenir la norme plutôt que l’exception.
Les pharmaciens peuvent prescrire des traitements pour des douleurs dentaires légères ou modérées, comme des abcès ou des douleurs nocturnes, mais uniquement pour les adultes et les enfants de plus de dix ans. Ils ne peuvent pas intervenir en cas d’urgence vitale ou de complication sérieuse, où les patients sont systématiquement redirigés vers un chirurgien-dentiste.
Onze pharmacies en Creuse sont actuellement habilitées à participer à ce protocole, selon les informations rapportées par Franceinfo – Santé le 29 juin 2026.