Le cabinet de conseil en ressources humaines Silkhom a publié, en ce début d’année 2026, la première édition de son baromètre des salaires entièrement dédié aux métiers de l’intelligence artificielle. Cette étude, qui s’appuie sur des données collectées auprès de centaines d’entreprises françaises et européennes, dresse un état des lieux précis des rémunérations pratiquées dans ce secteur en pleine expansion. Selon Silkhom, ces chiffres reflètent à la fois la rareté des profils qualifiés et la demande croissante des acteurs industriels et technologiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Le salaire moyen d’un ingénieur en machine learning atteint 75 000 € brut annuel en 2026, contre 68 000 € en 2024.
  • Un data scientist senior perçoit entre 80 000 € et 100 000 € brut par an, selon l’expérience et la localisation.
  • Les profils spécialisés en traitement automatique du langage (NLP) bénéficient des salaires les plus élevés, avec des rémunérations pouvant dépasser 110 000 € pour les experts confirmés.
  • Dans les start-up technologiques, les packages incluent souvent des bonus annuels représentant jusqu’à 15 % du salaire fixe.

Des écarts de rémunération marqués selon les spécialisations

L’enquête de Silkhom révèle une hiérarchie claire entre les différents métiers de l’IA. Les ingénieurs en apprentissage automatique (machine learning) figurent parmi les mieux lotis, avec un salaire moyen de 75 000 € brut annuel. Ce montant place ce profil au-dessus de la moyenne des métiers du numérique, mais reste inférieur à celui des experts en NLP (Natural Language Processing), dont les rémunérations peuvent dépasser 110 000 € brut par an pour les profils seniors. « Les compétences en traitement automatique du langage sont particulièrement recherchées, notamment depuis l’essor des grands modèles de langage comme ceux développés par Mistral AI ou Hugging Face », a précisé un porte-parole de Silkhom.

Côté data science, les écarts sont également notables. Un data scientist junior peut espérer un salaire annuel brut compris entre 50 000 € et 60 000 €, tandis qu’un senior, avec plus de cinq ans d’expérience, touche en moyenne 80 000 € à 100 000 €. Les différences s’expliquent par la localisation géographique — les salaires étant plus élevés en Île-de-France qu’en région — et par la taille de l’entreprise. Les grands groupes industriels, comme Thales ou Safran, proposent des packages souvent supérieurs à ceux des start-up, où les actions ou les bonus peuvent compenser des salaires fixes moins élevés.

Des rémunérations boostées par les bonus et les avantages en nature

Au-delà du salaire fixe, les professionnels de l’IA bénéficient d’avantages significatifs, notamment dans les entreprises innovantes. Selon Silkhom, 42 % des profils interrogés déclarent recevoir un bonus annuel représentant entre 5 % et 15 % de leur rémunération fixe. Ces primes sont souvent liées à la performance individuelle ou collective, et peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros pour les postes les plus stratégiques. « Dans les licornes françaises comme Doctolib ou Back Market, les packages incluent parfois des stocks options ou des participations aux bénéfices, ce qui augmente mécaniquement le revenu global », a expliqué une analyste de Silkhom.

Les avantages en nature complètent ces dispositifs. Télétravail illimité, abonnements à des plateformes de formation, ou encore prise en charge des frais de déplacement pour assister à des conférences internationales sont monnaie courante. Ces éléments, bien que difficiles à quantifier, contribuent à rendre les postes dans l’IA particulièrement attractifs. « Pour attirer les talents, les entreprises misent autant sur la rémunération que sur la qualité de vie au travail », a souligné l’experte.

Et maintenant ?

D’ici à la fin de l’année 2026, Silkhom prévoit une nouvelle édition de son baromètre, qui intégrera des données actualisées sur l’impact de l’automatisation et des nouvelles régulations européennes sur les salaires. Une attention particulière sera portée aux effets du règlement AI Act, entré en vigueur en juin 2026, qui pourrait modifier les besoins en compétences et, par ricochet, les rémunérations. Par ailleurs, les observateurs s’attendent à une hausse des salaires dans les métiers liés à la cybersécurité de l’IA, un domaine où les pénuries de talents restent criantes.

En conclusion, ce baromètre confirme que le secteur de l’IA reste un vivier d’opportunités pour les professionnels qualifiés, avec des rémunérations souvent bien supérieures à la moyenne du marché. Les entreprises, confrontées à une concurrence accrue pour attirer les meilleurs profils, n’hésitent plus à revoir leurs grilles salariales à la hausse.