Le couturier britannique John Galliano a annoncé l’annulation de l’exposition qui devait lui être consacrée au Metropolitan Museum of Art (Met) de New York, initialement prévue pour lancer le Met Gala 2027. Cette décision fait suite à une vive polémique liée à ses anciens propos racistes et antisémites, remontant à 2011, qui avaient déjà marqué un tournant dans sa carrière. Selon nos confrères de Euronews FR, le musée et le créateur ont conjointement décidé de renoncer à ce projet, après des mois de discussions et de critiques publiques.

Ce qu'il faut retenir

  • John Galliano et le Metropolitan Museum of Art ont annulé l’exposition « John Galliano: Horizons », prévue pour lancer le Met Gala 2027.
  • Cette décision intervient après une polémique liée à ses propos racistes et antisémites de 2011, ayant entraîné son licenciement de chez Dior et une condamnation judiciaire.
  • Galliano, âgé de 65 ans, a présenté des excuses répétées pour ses dérapages passés, évoquant des problèmes d’addiction à l’alcool et aux drogues.
  • Le musée a confirmé que l’exposition serait remplacée par un autre projet, encore non dévoilé.
  • Dès 2013, son image avait commencé à se réhabiliter, notamment grâce à une collaboration avec Oscar de la Renta, soutenue par Anna Wintour.

Une exposition annulée dans un contexte tendu

L’exposition « John Galliano: Horizons » devait servir d’introduction au Met Gala 2027, l’événement annuel le plus médiatisé de la mode mondiale. Pourtant, dès son annonce fin juillet 2026, le projet a suscité une levée de boucliers, en raison des propos tenus par Galliano en 2011. Comme le rapporte Euronews FR, le couturier avait été filmé en train d’insulter un couple dans un café parisien, utilisant des termes racistes et antisémites, et déclarant notamment : « J’aime Hitler ».

Ces propos avaient entraîné son licenciement immédiat par la maison Dior, où il occupait alors le poste de directeur artistique. En 2011, il avait été condamné à une amende de 6 000 € pour injures publiques, le tribunal ayant rejeté son argument d’un état émotionnel fragile après le décès d’un proche. Cette affaire avait alors relégué Galliano aux marges de l’industrie de la mode pendant plusieurs années.

Des excuses répétées, une réhabilitation progressive

Depuis son dérapage, John Galliano a multiplié les excuses publiques, évoquant des problèmes d’addiction à l’alcool et aux drogues. Dans un communiqué publié sur Instagram ce 31 août 2026, il a réitéré ses regrets : « Je reste pleinement responsable de la douleur causée par mes paroles par le passé, en particulier du mal infligé aux communautés juive et asiatique, et je demeure profondément désolé. » Une déclaration qui a été saluée par plusieurs responsables communautaires, certains estimant que ses remords étaient sincères.

Bref, sa carrière avait commencé à se reconstruire dès 2013, lorsque la rédactrice en chef de Vogue US, Anna Wintour, lui avait offert une seconde chance en l’intégrant à l’atelier du créateur dominicain Oscar de la Renta. Cette collaboration avait été bien accueillie, les critiques soulignant la créativité et la théâtralité caractéristiques de son style dans la collection de prêt-à-porter qui en était issue.

Le Met et Galliano unissent leurs voix pour annuler le projet

Dans un communiqué rendu public lundi 31 août 2026, Max Hollein, directeur et PDG du Metropolitan Museum of Art, a confirmé la décision conjointe avec Galliano : « Après des discussions approfondies avec John Galliano, nous avons décidé ensemble de ne pas donner suite à l’exposition. » Il a ajouté que « John Galliano: Horizons » serait remplacée par un autre projet, dont les détails n’ont pas encore été dévoilés.

John Galliano, visiblement affecté par cette annulation, a partagé la même déclaration sur Instagram, exprimant sa « grande tristesse » : « Après mûre réflexion et de nombreuses discussions avec le Met et toutes les parties impliquées, j’ai décidé, avec une grande tristesse, qu’il était préférable que l’exposition n’ait pas lieu pour l’instant. » Une formulation qui illustre la complexité de sa situation, entre reconnaissance de ses erreurs et désir de retrouver une place dans l’industrie qu’il a marquée.

Une carrière marquée par des sommets et des chutes

John Galliano, aujourd’hui âgé de 65 ans, incarne une figure paradoxale de la mode : un génie créatif dont l’héritage est indissociable de ses dérapages publics. Dans les années 1990, il avait révolutionné la mode en prenant la direction artistique des maisons Givenchy puis Dior, imposant un style audacieux et avant-gardiste. Ses créations, portées par des célébrités comme Madonna ou Nicole Kidman, avaient fait de lui l’un des créateurs les plus influents de sa génération.

Ainsi, son ascension fulgurante dans l’univers du luxe et de la culture pop contraste avec sa chute médiatique en 2011. Si certains observateurs avaient estimé que ses excuses et sa réhabilitation progressive étaient méritées, cette annulation montre que les blessures du passé restent vives. Autant dire que la question de sa légitimité à occuper une place centrale dans la mode contemporaine reste ouverte.

Et maintenant ?

Il reste à savoir si John Galliano parviendra à tourner définitivement la page de ses dérapages, ou si cette annulation marquera un nouveau recul dans sa carrière. Pour le Met, la priorité semble désormais de trouver un nouveau projet pour lancer le Met Gala 2027, tout en évitant de nouveaux écueils liés à des polémiques passées. Une chose est sûre : la mode, comme le monde du luxe, n’a pas fini de débattre de la place à accorder aux figures dont le passé est entaché par des propos ou des actes inacceptables.

La question se pose également de savoir si d’autres institutions culturelles ou maisons de luxe suivront la voie du Met en réévaluant leur relation avec des créateurs dont les antécédents sont controversés. Dans un secteur où la réputation est aussi cruciale que la créativité, les décisions à venir pourraient redéfinir les critères d’inclusion et de rédemption dans l’industrie.

Lors de cet incident filmé dans un café parisien, John Galliano a proféré des insultes racistes et antisémites à l’encontre d’un couple. Il a notamment déclaré « J’aime Hitler », selon des enregistrements qui ont circulé dans les médias à l’époque. Ces propos lui ont valu un licenciement immédiat de chez Dior et une condamnation judiciaire pour injures publiques.

Après son licenciement en 2011, John Galliano a disparu des radars de la haute couture pendant près de deux ans. Ce n’est qu’en 2013 qu’il a pu reprendre une activité professionnelle, grâce à une collaboration avec Oscar de la Renta, facilitée par Anna Wintour. Cependant, cette annulation de l’exposition au Met montre que sa réputation reste fragile dans certains cercles.