Cinq ans après son lancement à Saint-Éloy-les-Mines, dans le Puy-de-Dôme, le projet photographique « La Diagonale du plein » s’invite cette année dans le cadre des Rencontres d’Arles. Porté par l’agence Signatures, ce travail collectif rassemble quinze photographes autour d’un même constat : celui des bouleversements qui touchent les petites villes françaises, confrontées à la désertification, à la désindustrialisation et au recul des services publics. Selon Libération, cette exposition gratuite est à découvrir à la bourse du travail d’Arles jusqu’au 12 juillet 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Quinze photographes exposent leurs travaux à Arles jusqu’au 12 juillet, dans le cadre des Rencontres d’Arles.
- Le projet « La Diagonale du plein » est né à Saint-Éloy-les-Mines (Puy-de-Dôme) et s’articule autour des mutations des petites villes.
- Thématiques centrales : désertification, désindustrialisation et recul des services publics.
- L’exposition, gratuite, se tient à la bourse du travail d’Arles.
- L’agence Signatures est à l’origine de ce projet au long cours.
Un projet né dans une ville symbole des défis ruraux
Saint-Éloy-les-Mines, petite commune du Puy-de-Dôme, incarne à elle seule les difficultés rencontrées par de nombreuses villes de taille similaire en France. Entre fermeture d’usines, départ des jeunes actifs et réduction des services publics, son paysage économique et social s’est profondément transformé ces dernières décennies. C’est dans ce contexte que l’agence Signatures a initié, en 2021, ce projet photographique visant à documenter ces changements. Comme le rapporte Libération, les quinze photographes impliqués ont sillonné les routes de la « diagonale du plein » — cette bande de territoire qui court des Ardennes aux Pyrénées en passant par le Massif central — pour en capturer les réalités.
Le choix de Saint-Éloy-les-Mines comme point de départ n’est pas anodin. La ville, autrefois marquée par l’industrie minière, subit aujourd’hui les effets d’une désertification accélérée. Les photographes ont ainsi pu immortaliser des scènes de friches industrielles, des centres-villes désaffectés ou encore des services publics en voie de disparition, autant de témoignages visuels d’une France périphérique en mutation.
Des mutations documentées à travers un regard collectif
L’exposition « La Diagonale du plein » se distingue par son approche collaborative. Chaque photographe apporte un regard unique, mais tous partagent une même préoccupation : rendre compte, sans fard, des transformations qui redessinent le visage des petites villes. Certains clichés mettent en lumière des friches industrielles reconverties en espaces culturels, d’autres montrent des commerces de proximité fermés ou des écoles rurales en manque d’effectifs. « Ce projet n’est pas une nostalgie du passé, mais une tentative de comprendre où va la France des petites villes », a expliqué l’un des photographes à Libération.
Les images exposées à Arles sont le fruit de plusieurs années de travail sur le terrain. Elles s’accompagnent parfois de textes ou de données socio-économiques pour contextualiser les transformations observées. L’objectif ? Offrir aux visiteurs une vision à la fois immersive et documentée des défis auxquels font face ces territoires.
Une exposition gratuite ouverte jusqu’au 12 juillet
Installée à la bourse du travail d’Arles, l’exposition « La Diagonale du plein » est accessible gratuitement au public jusqu’au 12 juillet 2026. Elle s’inscrit dans la programmation des Rencontres d’Arles, qui proposent chaque année une sélection d’événements dédiés à la photographie contemporaine. Pour les organisateurs, il s’agit de donner une visibilité à des travaux qui interrogent directement l’avenir des territoires ruraux et périurbains.
D’après les organisateurs, cette exposition pourrait également servir de catalyseur pour des débats autour des politiques publiques locales. « On espère que ces images susciteront des discussions sur les solutions à apporter », a précisé un porte-parole de l’agence Signatures. Une initiative qui tombe à point nommé, alors que les questions de revitalisation des territoires ruraux figurent parmi les priorités du gouvernement.
L’exposition « La Diagonale du plein » rappelle, si besoin était, que la photographie peut être un outil puissant pour éclairer les transformations silencieuses qui traversent le pays. À travers les objectifs des quinze photographes, c’est toute une partie de la France qui se donne à voir — et à comprendre.
Selon Libération, les quinze photographes ont été choisis pour leur capacité à documenter les mutations des territoires ruraux et périurbains. Leur sélection s’est faite en fonction de leur expérience sur le terrain et de leur sensibilité aux enjeux de désertification et de désindustrialisation.