Chaque année, dès les premiers jours d’été, la petite cité médiévale d’Aigues-Mortes, en Camargue, devient le théâtre d’un spectacle naturel aussi rare que fragile : la récolte de la fleur de sel. Selon Franceinfo - Culture, cette tradition ancestrale, qui mêle savoir-faire artisanal et paysages grandioses, attire désormais près de 150 000 touristes par an, entre juillet et septembre. Une affluence qui illustre l’attrait croissant pour ce produit d’exception, tout autant que pour l’écosystème unique des salins d’Aigues-Mortes.

Ce qu'il faut retenir

  • La récolte de la fleur de sel à Aigues-Mortes mobilise 15 saisonniers pendant deux mois chaque été
  • Plus de 150 000 visiteurs ont découvert les salins en 2025, un chiffre en hausse constante
  • Le processus repose sur des conditions climatiques précises : chaleur, absence de pluie et vent modéré
  • La fleur de sel est récoltée à la main, une méthode artisanale qui en fait un produit d’exception
  • Les visites guidées, animées par d’anciens sauniers, permettent de découvrir ce patrimoine vivant

Un savoir-faire ancestral au cœur de la Camargue

Les tables salantes d’Aigues-Mortes s’étendent sur près de 1 000 hectares, où l’eau de mer, après des mois de concentration sous l’effet du soleil et du vent, se transforme en une fine couche de cristaux blancs. Cette « fleur de sel », qui se forme à la surface des bassins, est récoltée à la main par des saisonniers équipés de râteaux en bois. Leur travail, à la fois physique et minutieux, s’étale sur deux mois, de juin à août. « Ça représente un petit peu notre ville et notre région, donc on est très heureux et très contents de pouvoir le présenter un peu à tout le monde », a déclaré Kilyan Métais, saisonnier depuis sept ans, lors d’un reportage de France 2 diffusé ce mercredi.

Un produit d’exception, un paysage à couper le souffle

La fleur de sel d’Aigues-Mortes n’est pas qu’un simple condiment : c’est le symbole d’un terroir et d’une histoire. Selon Luc Vernhes, ancien saunier devenu guide touristique, sa formation dépend de facteurs climatiques précis. « Normalement, elle se forme en été. Il y a la climatologie qui peut faire, il ne faut pas qu’il pleuve », explique-t-il. Les visiteurs, eux, ne tarissent pas d’éloges sur le cadre. « Le paysage, il faut reconnaître effectivement que c’est un site naturel qui est fantastique », confie l’un d’eux, tandis qu’une autre touriste s’étonne : « Je ne pensais pas qu’il y avait autant de travail à faire pour récupérer cette richesse qu’on a dans l’eau. »

Une tradition qui séduit de plus en plus de monde

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2025, les salins d’Aigues-Mortes ont accueilli quelque 150 000 visiteurs, un record qui confirme l’engouement pour cette activité. Les visites guidées, organisées tout au long de l’été, permettent de découvrir les différentes étapes de la récolte, mais aussi l’histoire des sauniers et l’importance écologique des marais salants. Ces derniers jouent en effet un rôle clé dans la préservation de la biodiversité locale, en servant d’habitat à de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs.

Pour les habitants, cette affluence représente bien plus qu’un simple flux touristique. Elle incarne la fierté d’un patrimoine vivant, transmis de génération en génération. « C’est une richesse qui nous dépasse, une fierté pour notre ville et notre région », souligne un responsable local, cité par Franceinfo.

Et maintenant ?

Avec l’augmentation constante du nombre de visiteurs, les gestionnaires des salins pourraient être amenés à adapter leur offre pour préserver ce site fragile. Des discussions sont en cours pour renforcer les mesures de protection des tables salantes tout en maintenant un accès pédagogique pour le public. La saison 2026 s’annonce déjà sous le signe de l’optimisme, avec des prévisions de fréquentation stables, voire en légère hausse.

Alors que la fleur de sel d’Aigues-Mortes continue de séduire par son authenticité et son terroir, une question se pose : jusqu’où peut-on concilier préservation d’un écosystème unique et affluence touristique massive ? Pour l’heure, la tradition tient bon, portée par l’engagement des saisonniers et l’émerveillement des visiteurs.

La fleur de sel apparaît principalement en été car elle nécessite des températures élevées, un ensoleillement intense et une absence de précipitations. Ces conditions permettent à l’eau de mer de s’évaporer rapidement, laissant cristalliser le sel à la surface des bassins. Des épisodes pluvieux ou des vents trop forts peuvent, à l’inverse, perturber le processus.