Le maire de Vichy, Frédéric Aguilera, a interpellé par courrier le ministre de l’Éducation nationale pour dénoncer l’usage de l’expression « régime de Vichy » dans les sujets de brevet des collèges. Dans une lettre ouverte publiée le 29 juin 2026 sur les réseaux sociaux, il juge cette formulation « jamais très agréable pour les Vichyssois », comme il l’a expliqué à ICI Pays d’Auvergne. Selon Franceinfo - Culture, l’élu souhaite que les programmes scolaires privilégient désormais les termes « État français » ou, à défaut, « régime de Pétain », tout en reconnaissant que l’expression « régime de Vichy » reste utilisée par les historiens.

Ce qu'il faut retenir

  • Le maire de Vichy, Frédéric Aguilera, a adressé une lettre au ministre de l’Éducation nationale pour critiquer l’usage de l’expression « régime de Vichy » dans les sujets du brevet des collèges.
  • Il propose de remplacer cette formulation par « État français » ou « régime de Pétain » dans les programmes scolaires.
  • L’épreuve d’histoire-géographie du brevet, passée le 29 juin 2026, incluait un sujet portant sur « les caractéristiques du régime de Vichy ».
  • Plus de 850 000 élèves étaient concernés par cette épreuve.

Une demande motivée par l’histoire locale

Frédéric Aguilera a justifié sa démarche en soulignant que l’association du nom de sa ville à ce régime historique reste un sujet sensible. « Ce n’est jamais très agréable pour les Vichyssois d’être associés et que leur nom soit associé effectivement à ce régime qui a été un régime antisémite et collaborationniste », a-t-il déclaré à ICI Pays d’Auvergne. Pour autant, il a précisé qu’il ne s’agit pas d’une question de « mauvaise publicité », mais bien d’une volonté de réhabiliter la terminologie historique officielle.

Dans sa lettre, le maire demande au gouvernement un « engagement clair » : modifier les programmes afin que les élèves apprennent d’abord que ce régime s’appelait officiellement « État français ». Il insiste sur le fait que cette expression, bien que moins courante dans l’historiographie, correspond à la réalité administrative de l’époque.

Un sujet d’épreuve révélateur des tensions mémorielles

Le sujet proposé aux candidats au brevet des collèges, passé le 29 juin 2026, illustre les débats autour de la terminologie historique. Les élèves devaient « présenter les caractéristiques du régime de Vichy et expliquer comment la Résistance a lutté pour rétablir la République ». Une formulation qui, selon Frédéric Aguilera, contribue à ancrer durablement l’association entre Vichy et ce régime dans l’esprit des jeunes générations.

Cette épreuve concernait plus de 850 000 élèves en France, selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Éducation nationale. Le choix des termes utilisés dans les sujets d’examen suscite régulièrement des discussions, notamment sur leur impact symbolique et pédagogique.

Une historiographie en question

Frédéric Aguilera reconnaît que l’expression « régime de Vichy » est largement employée par les historiens pour désigner la période 1940-1944. Cependant, il estime que les programmes scolaires devraient accorder une place plus importante à la terminologie officielle de l’époque, à savoir « État français ». Cette demande s’inscrit dans un débat plus large sur la manière dont l’histoire est enseignée et transmise aux élèves.

Pour l’élu, il ne s’agit pas de nier les responsabilités de ce régime dans la collaboration avec l’occupant nazi et la mise en place de politiques antisémites, mais plutôt de restituer une vérité historique plus nuancée. « Pour autant, ce n’est pas une question de mauvaise publicité », a-t-il tenu à préciser.

Et maintenant ?

La lettre du maire de Vichy sera-t-elle suivie d’effets ? Le ministère de l’Éducation nationale n’a pas encore réagi officiellement à cette demande. Une réponse est attendue dans les prochaines semaines, d’autant que les programmes scolaires sont régulièrement révisés. Si la proposition est acceptée, les prochains sujets d’examen pourraient intégrer la terminologie « État français » dès la rentrée 2026 ou 2027.

Cette affaire rappelle les débats récurrents sur l’enseignement de l’histoire, notamment lorsqu’il touche à des périodes sensibles. Les prochaines étapes dépendront de la position du gouvernement et des arbitrages rendus par les instances pédagogiques.

Frédéric Aguilera estime que cette formulation associe indûment la ville de Vichy au régime collaborationniste et antisémite de 1940-1944. Il souhaite que les programmes scolaires utilisent davantage le terme officiel de l’époque, « État français », ou à défaut « régime de Pétain », afin de mieux distinguer la ville de son rôle historique.