Alors que la France et l’Allemagne réduisent leurs prévisions de croissance pour 2026, l’Espagne fait figure d’exception en relevant la sienne de 2,2 % à 2,6 %, selon BFM Business. Cette décision intervient dans un contexte économique marqué par un retour de l’inflation, notamment en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le gouvernement espagnol a annoncé cette révision ce lundi, à quelques heures d’une intervention du ministre de l’Économie, Carlos Cuerpo, devant le Conseil des ministres pour expliquer cette orientation.

Ce qu'il faut retenir

  • Le gouvernement espagnol relève sa prévision de croissance pour 2026 de 2,2 % à 2,6 %, l’une des plus fortes parmi les grandes économies européennes.
  • L’inflation en Espagne atteint 3,2 % en juin 2026, un niveau lié aux répercussions du conflit au Moyen-Orient sur les prix de l’énergie.
  • Un plan d’aides de cinq milliards d’euros, adopté en mars, a permis de stabiliser l’inflation depuis avril en limitant la hausse des prix des carburants.
  • Le FMI table sur une croissance de 2,1 % pour l’Espagne en 2026, tandis que la Banque d’Espagne est encore plus optimiste avec 2,3 %.
  • En 2025, l’Espagne avait enregistré une croissance de 2,8 %, et de 0,6 % au premier trimestre 2026.
  • Madrid mise sur un plan de régularisation massive de sans-papiers pour dynamiser son marché du travail, face au vieillissement de la population active.

Cette révision à la hausse s’inscrit dans un environnement où les principales économies européennes font marche arrière. En France, la Banque de France a réduit ses prévisions de croissance pour 2026 à 0,5 %, contre 0,9 % initialement envisagé. De son côté, l’Allemagne a également revu ses anticipations à la baisse, tablant désormais sur une croissance de 0,6 % en 2026, contre 1,3 % attendu à l’automne 2025. Autant dire que l’Espagne se distingue par sa résilience économique dans un contexte continental dégradé.

La situation inflationniste en Espagne reste un défi, avec un taux de 3,2 % en juin 2026. Cette hausse s’explique en grande partie par les conséquences du conflit au Moyen-Orient, qui a provoqué une flambée des prix du pétrole à l’échelle mondiale. Les tensions géopolitiques ont ainsi alimenté une inflation importée, affectant les coûts de production et le pouvoir d’achat des ménages. Pourtant, depuis avril, l’inflation semble s’être stabilisée, grâce notamment à un plan d’urgence de cinq milliards d’euros adopté par le Parlement espagnol en mars. Ce dispositif a permis de limiter l’impact de la hausse des prix à la pompe pour les particuliers et les entreprises.

Les données macroéconomiques récentes confirment cette tendance. Après une croissance soutenue de 2,8 % en 2025, l’Espagne a enregistré une progression de 0,6 % au premier trimestre 2026, selon l’Institut national de la statistique (INE). Ces chiffres contrastent avec les prévisions revues à la baisse de ses voisins européens, où la croissance reste atone. Le gouvernement espagnol mise sur cette dynamique pour poursuivre ses réformes structurelles, malgré un contexte international incertain.

Un plan de régularisation pour soutenir l’économie

Pour pallier les effets du vieillissement de sa population active, l’Espagne a lancé en avril un plan de régularisation massive de sans-papiers, principalement originaires d’Amérique latine. Cette mesure vise à élargir l’assiette des cotisants et à renforcer la compétitivité de l’économie espagnole. Carlos Cuerpo, le ministre de l’Économie, doit détailler aujourd’hui les contours de cette politique lors de son intervention au Conseil des ministres. Ce plan s’ajoute aux autres leviers mobilisés pour soutenir la croissance, alors que le pays affiche l’un des taux de chômage les plus élevés d’Europe.

Les institutions internationales, bien que moins optimistes que Madrid, reconnaissent la solidité de la reprise espagnole. Le Fonds monétaire international (FMI) table sur une croissance de 2,1 % pour 2026, tandis que la Banque d’Espagne, plus optimiste, anticipe une progression de 2,3 %. Ces prévisions restent cependant en deçà de celles du gouvernement, qui mise sur une croissance de 2,6 %. Malgré les craintes exprimées en mars d’un « ralentissement significatif » de l’activité en raison des hostilités au Moyen-Orient, l’économie espagnole semble mieux résister que prévu.

Un contexte international qui pèse sur les prévisions

Le premier semestre 2026 a été marqué par les répercussions du conflit au Moyen-Orient, qui a entraîné une hausse des prix de l’énergie à l’échelle mondiale. Cette inflation importée a pesé sur la compétitivité des économies européennes, notamment en France et en Allemagne, où les prévisions de croissance ont été revues en baisse. En Espagne, les autorités ont tenté de limiter l’impact de cette hausse en mettant en place des aides ciblées, comme le plan de cinq milliards d’euros adopté en mars. Ce dispositif a permis de stabiliser les prix des carburants et de soutenir le pouvoir d’achat des ménages.

Les données disponibles montrent que l’inflation est restée stable depuis avril, malgré la persistance des tensions géopolitiques. Cette stabilisation relative s’explique en partie par les mesures de soutien mises en place par le gouvernement espagnol, ainsi que par une légère amélioration de la conjoncture internationale. Cependant, les risques de nouvelles tensions sur les prix de l’énergie restent élevés, ce qui pourrait impacter la croissance à moyen terme.

Et maintenant ?

Le gouvernement espagnol devrait préciser aujourd’hui les mesures concrètes permettant d’atteindre sa nouvelle prévision de croissance. Carlos Cuerpo interviendra ce lundi après-midi pour détailler les leviers mobilisés, notamment le plan de régularisation des sans-papiers et les aides ciblées destinées à soutenir l’inflation. Reste à voir si ces politiques suffiront à compenser les risques liés à la conjoncture internationale, alors que les tensions au Moyen-Orient pourraient s’aggraver. Les prochaines révisions des prévisions par les institutions internationales, attendues d’ici la fin de l’été, permettront de mesurer la solidité réelle de cette reprise.

Cette performance espagnole contraste avec les difficultés rencontrées par la France et l’Allemagne, où les prévisions de croissance ont été revues à la baisse. Alors que Paris et Berlin peinent à relancer leur économie, Madrid mise sur une croissance robuste pour 2026, malgré un contexte international toujours aussi incertain. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer si cette dynamique est durable ou si elle reste tributaire des aléas géopolitiques.

L’Espagne mise sur une croissance plus robuste grâce à des réformes structurelles, comme le plan de régularisation des sans-papiers, et à des aides ciblées pour limiter l’inflation. Contrairement à la France et l’Allemagne, où les tensions géopolitiques pèsent davantage sur l’activité économique, Madrid semble mieux résister aux chocs externes.