Le projet d’euro numérique a franchi une étape décisive en juin 2026, comme le rapporte BFM Business. L’adoption de ce texte par l’ECON (Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen) marque une avancée majeure pour la monnaie digitale de banque centrale (MDBC) en Europe. Ce vote s’inscrit dans un calendrier déjà engagé depuis plusieurs années, visant à moderniser le système de paiement européen face à l’essor des cryptomonnaies et des solutions privées.

Ce qu’il faut retenir

  • Un vote historique : l’ECON a adopté le projet d’euro numérique en juin 2026, confirmant l’engagement des institutions européennes en faveur de cette innovation.
  • Un calendrier précis : cette adoption intervient après des années de travaux préparatoires, avec une phase de consultation publique ayant débuté en 2024.
  • Un cadre réglementaire renforcé : ce projet s’inscrit dans la continuité des discussions sur le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets), adopté en 2024 pour encadrer les actifs numériques en Europe.
  • Une réponse aux enjeux de souveraineté monétaire : l’euro numérique vise à offrir une alternative publique aux stablecoins privés et aux solutions de paiement transfrontalières dominées par des acteurs non européens.
  • Des prochaines étapes attendues : la mise en œuvre concrète pourrait s’échelonner sur plusieurs années, avec une possible phase de test grandeur nature prévue pour 2027.

Un projet porté par les institutions européennes

Selon BFM Business, l’adoption du projet par l’ECON représente une étape clé dans la stratégie de la Banque centrale européenne (BCE) pour promouvoir une monnaie digitale publique. Cette initiative, lancée officiellement en juillet 2021 avec la publication d’un rapport exploratoire, vise à répondre à plusieurs défis : la concurrence des cryptomonnaies comme le Bitcoin ou l’Ether, la domination des géants du paiement (Visa, Mastercard, Alipay) et la nécessité de moderniser les infrastructures financières européennes. « L’euro numérique permettrait de préserver la souveraineté monétaire de l’Union européenne face aux solutions privées », a souligné un porte-parole de la BCE cité par la source.

Un cadre réglementaire en construction : le rôle central du règlement MiCA

Ce projet s’inscrit dans un environnement réglementaire en pleine mutation, marqué par l’entrée en vigueur du règlement MiCA en 2024. Ce texte, premier du genre au monde, établit un cadre juridique pour les actifs numériques et les prestataires de services associés. Il impose notamment des obligations strictes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et de protection des investisseurs. « MiCA a transformé le paysage des cryptomonnaies en Europe, en offrant une légitimité aux acteurs sérieux et en excluant les plateformes non conformes », a expliqué un expert du secteur interrogé par BFM Business. En juin 2026, sur les 77 acteurs agréés en Europe, 18 sont français, dont Paymium et Meria, comme l’indiquait la source début juillet.

Quels impacts pour les citoyens et les entreprises ?

L’euro numérique, s’il est déployé, pourrait offrir plusieurs avantages concrets. Pour les particuliers, il permettrait des paiements instantanés, 24h/24 et 7j/7, sans frais élevés, tout en garantissant une sécurité renforcée contre la fraude. Côté entreprises, il pourrait faciliter les transactions transfrontalières et réduire la dépendance aux systèmes de paiement dominés par des acteurs américains ou chinois. « À terme, cela pourrait aussi réduire les coûts pour les commerçants, qui paient actuellement des commissions élevées aux intermédiaires », a précisé un représentant du secteur bancaire. Cependant, des questions persistent sur l’acceptation par le grand public et la coexistence avec les solutions privées existantes.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des négociations entre le Parlement européen, le Conseil de l’UE et la Commission. Une phase de test à grande échelle, prévue pour 2027, pourrait permettre d’évaluer la faisabilité technique et l’acceptation du projet. Par ailleurs, la BCE devra clarifier les modalités de distribution : sera-t-il accessible directement aux citoyens ou uniquement via des intermédiaires agréés ? Reste à voir si ce projet parviendra à convaincre les réticents, notamment parmi les défenseurs de la vie privée, qui s’interrogent sur les risques de traçabilité accrue des transactions.

Au-delà de l’Europe, ce projet pourrait inspirer d’autres régions du monde, notamment en Asie et en Amérique latine, où les monnaies digitales de banque centrale (MDBC) suscitent un intérêt croissant. L’enjeu sera de concilier innovation financière et respect des principes fondamentaux, comme la protection des données et la stabilité économique. Pour l’instant, l’adoption par l’ECON en juin 2026 ouvre une nouvelle phase, mais le chemin vers une généralisation de l’euro numérique reste long et semé d’incertitudes.

Non, l’euro numérique viendrait compléter les moyens de paiement existants, sans se substituer aux billets et pièces. Il s’agirait d’une forme digitale de la monnaie émise par la BCE, accessible sous forme dématérialisée.

Si le projet est validé, une phase de test à grande échelle est prévue pour 2027. Un déploiement généralisé n’interviendrait pas avant plusieurs années, selon les responsables de la BCE.