Alors que le Mondial de football 2026 bat son plein, plusieurs pays et organisations non gouvernementales ont lancé des campagnes de prévention ciblant les violences conjugales. Selon RFI, les grandes compétitions sportives, et plus particulièrement les soirs de match, sont régulièrement associés à une augmentation des violences intrafamiliales, un phénomène documenté par de nombreuses études.

Ce qu'il faut retenir

  • Les matchs de football sont corrélés à une hausse des violences conjugales dans plusieurs pays, d'après des données compilées par des ONG et des autorités locales.
  • Des campagnes de sensibilisation ont été déployées en amont et pendant le tournoi pour informer le public et orienter les victimes vers des structures d'aide.
  • Les soirs de match sont identifiés comme des moments à haut risque, notamment en raison de l'augmentation de la consommation d'alcool et des tensions liées aux résultats sportifs.

Un phénomène récurrent lors des grandes compétitions

Les études menées lors des précédentes éditions de la Coupe du monde ou de l'Euro ont systématiquement mis en évidence une corrélation entre les matchs et les violences conjugales. Selon RFI, cette tendance s'explique par plusieurs facteurs : l'émotion collective, la consommation d'alcool accrue dans les bars et les domiciles, ainsi que les frustrations liées aux performances des équipes. Les forces de l'ordre et les associations locales adaptent leurs dispositifs en conséquence.

En France, par exemple, une campagne nationale intitulée « Ne laissez pas le match gâcher votre soirée » a été diffusée sur les réseaux sociaux et dans les stades. L'objectif ? Sensibiliser les supporters et leurs proches aux risques encourus et rappeler que les violences conjugales ne sont jamais une fatalité. Les associations comme le Collectif féministe contre les violences sexuelles ont salué cette initiative, tout en soulignant l'importance de maintenir une vigilance accrue pendant toute la durée du tournoi.

Des mesures concrètes dans plusieurs pays hôtes

Outre la France, d'autres nations accueillant des matchs du Mondial 2026 ont mis en place des dispositifs spécifiques. Au Brésil, où le football est une religion, les autorités ont renforcé les patrouilles policières dans les quartiers populaires et les zones où l'alcool est traditionnellement consommé en masse lors des rencontres. Des affiches et des spots radio ont été diffusés pour rappeler que « la victoire ne justifie pas la violence ».

En Allemagne, les centres d'appel d'urgence pour les victimes de violences conjugales ont enregistré une hausse des appels les soirs de match. Les associations féministes ont demandé aux autorités locales d'allouer des fonds supplémentaires pour répondre à cette demande. « Nous savons que ces pics de violence sont prévisibles, a indiqué une porte-parole de l'association Terre des femmes. Il est crucial d'anticiper ces périodes en informant le public et en renforçant les moyens des services d'urgence. »

Les chiffres qui alertent

Selon une étude publiée par l'ONU Femmes en 2023, les violences conjugales augmentent de 30 % en moyenne dans les 48 heures suivant un match de football important. En Espagne, les statistiques de la police nationale montrent une hausse de 22 % des plaintes pour violences conjugales lors des matchs de la Liga et de la Coupe du monde. Ces données, compilées par RFI, confirment une tendance internationale difficile à ignorer.

Les experts soulignent que ces violences ne sont pas uniquement physiques. Les insultes, les menaces et les intimidations psychologiques connaissent également une augmentation significative. « Il ne s'agit pas seulement de coups, mais d'une forme de domination qui s'exerce dans le cadre familial, a expliqué une sociologue interrogée par RFI. Les matchs de football agissent comme un détonateur, révélant des tensions déjà présentes. »

Et maintenant ?

Alors que le Mondial 2026 se poursuit jusqu'au 19 juillet, les organisateurs et les associations appellent à une vigilance accrue. Les prochains matchs décisifs, notamment les quarts de finale prévus à partir du 11 juillet, pourraient voir une nouvelle hausse des violences. Les autorités locales et les ONG devraient maintenir leurs campagnes de prévention jusqu'à la fin du tournoi, tout en évaluant l'efficacité de leurs dispositifs pour les éditions futures.

Si vous ou l'un de vos proches êtes victime de violences conjugales, des numéros d'urgence sont disponibles 24h/24 dans chaque pays hôte. En France, le 3919 reste le numéro gratuit et anonyme pour obtenir une aide immédiate. Selon RFI, ces dispositifs pourraient sauver des vies en cette période à haut risque.