Un virus en Grèce décime les troupeaux de brebis, mettant en péril la production de feta, ce fromage emblématique des salades estivales. Selon Top Santé, l’épidémie, qui touche plusieurs régions du pays, a déjà entraîné des abattages massifs et menace de fragiliser les exportations vers l’Europe. Autant dire que les rayons de supermarchés pourraient prochainement se faire plus clairsemés.

Ce qu'il faut retenir

  • Un virus frappe les troupeaux de brebis en Grèce, principale source de production de feta
  • Les abattages massifs et les restrictions sanitaires perturbent déjà la chaîne d’approvisionnement
  • Les exportations de feta, notamment vers l’Union européenne, sont sous tension
  • Les consommateurs pourraient observer des ruptures de stock dès l’été 2026
  • Les autorités grecques et européennes tentent de contenir la propagation de l’épidémie

Un virus décime les troupeaux de brebis en Grèce

La Grèce, premier producteur mondial de feta, fait face à une crise sanitaire sans précédent. Un virus, identifié comme la peste des petits ruminants (PPR), sévit actuellement dans plusieurs régions, notamment en Macédoine centrale et en Thessalie. D’après les autorités vétérinaires locales, plus de 5 000 brebis ont déjà été abattues depuis le début de l’année pour limiter la propagation. Ce chiffre, bien que partiel, donne une idée de l’ampleur de l’épidémie.

La PPR, maladie virale hautement contagieuse, touche principalement les caprins et les ovins. Bien qu’elle ne soit pas transmissible à l’homme, ses conséquences économiques sont immédiates. En Grèce, où la feta représente plus de 70 % des fromages produits, les éleveurs s’inquiètent pour leur survie. « Les pertes sont colossales », a déclaré à Top Santé un représentant de la Fédération hellénique de l’élevage ovin, sous couvert d’anonymat. « Sans une intervention rapide, la production de cette année pourrait chuter de moitié. »

Des abattages massifs et des exportations sous tension

Face à l’urgence sanitaire, les autorités grecques ont mis en place des mesures drastiques. Les troupeaux infectés ou suspectés de l’être sont systématiquement euthanasiés, tandis que les zones contaminées font l’objet de quarantaines strictes. Selon le ministère grec de l’Agriculture, plus de 200 foyers de PPR ont été recensés depuis janvier, un nombre en constante augmentation. Les exportations, déjà ralenties, pourraient être encore plus affectées si la situation ne s’améliore pas d’ici l’été.

La feta grecque, protégée par une appellation d’origine protégée (AOP) depuis 2002, est un produit phare des exportations agricoles du pays. En 2025, la Grèce a exporté plus de 120 000 tonnes de feta, principalement vers l’Allemagne, la France et les États-Unis. Pourtant, les premiers signes de pénurie commencent à apparaître. Plusieurs grossistes interrogés par Top Santé confirment des « délais de livraison allongés » et des « stocks en baisse ». « On nous annonce des retards de plusieurs semaines pour certaines commandes », a indiqué un responsable d’une coopérative laitière basée près de Thessalonique.

Un impact immédiat sur les rayons des supermarchés

En France, où la feta est un ingrédient prisé des salades et des plats estivaux, les consommateurs pourraient bientôt ressentir les effets de cette crise. Les grandes surfaces, qui s’approvisionnent en partie auprès de producteurs grecs, préparent déjà des plans de contingence. « On surveille la situation de près », explique un porte-parole de Carrefour. « Pour l’instant, les ruptures de stock restent ponctuelles, mais si la pénurie s’aggrave, on pourrait voir des alternatives locales apparaître sur les étals. »

Les professionnels du secteur rappellent que la feta française, bien que moins répandue, existe. « On a des fromagers qui proposent des alternatives, comme la brousse ou des fromages de brebis locaux », précise un expert en produits laitiers. « Mais le goût et la texture ne sont pas exactement les mêmes. »

Et maintenant ?

Les autorités grecques et européennes misent sur un plan de vaccination d’urgence pour enrayer la propagation de la PPR. Un accord a été signé entre le ministère grec de l’Agriculture et la Commission européenne pour financer la livraison de 500 000 doses de vaccin d’ici la fin du mois de juin. Si ce dispositif porte ses fruits, la production de feta pourrait reprendre progressivement d’ici l’automne. Reste à voir si cela suffira à éviter une pénurie durable sur les étals européens.

En attendant, les consommateurs sont invités à surveiller les annonces des producteurs et des grandes surfaces. Une chose est sûre : l’été 2026 pourrait bien être celui où la feta, ce fromage star des barbecues, deviendra un produit plus rare – et peut-être plus cher.

Oui. Plusieurs fromagers proposent des alternatives locales, comme la brousse ou des fromages de brebis français, mais leur goût et leur texture diffèrent de la feta traditionnelle. Certains supermarchés pourraient aussi importer de la feta d’autres pays, comme la Bulgarie ou la Roumanie, mais en quantités limitées.