Selon Reporterre, les « polluants éternels » que sont les PFAS ne pourront pas être totalement éliminés malgré des investissements massifs. Une étude publiée le 6 juillet 2026 dans la revue Environmental Science : Processes & Impacts révèle que les techniques actuelles de traitement ne permettraient de traiter « moins de 2 % des émissions européennes » de ces substances persistantes.

Ce qu'il faut retenir

  • Les procédés de traitement des PFAS en Europe n’éliminent que moins de 2 % des émissions actuelles, malgré des investissements massifs.
  • Cette étude a été coordonnée dans le cadre du Forever Pollution Project, associant scientifiques et journalistes.
  • Les PFAS, dits « éternels » en raison de leur persistance dans l’environnement, posent un défi environnemental majeur.
  • La revue Environmental Science : Processes & Impacts a publié ces résultats le 6 juillet 2026.

Les limites des technologies actuelles face aux PFAS

D’après l’étude coordonnée par le Forever Pollution Project, les méthodes de dépollution disponibles aujourd’hui ne suffisent pas à endiguer la propagation des PFAS. Ces substances, utilisées dans de nombreux secteurs industriels pour leurs propriétés antiadhésives et résistantes à la chaleur, s’accumulent dans les sols et les nappes phréatiques. « Même avec des moyens financiers colossaux, les technologies actuelles ne permettent pas d’éliminer ces polluants de manière significative », explique un chercheur ayant participé à l’étude.

Les procédés testés, comme la filtration sur charbon actif ou les traitements chimiques, montrent des résultats décevants à grande échelle. Selon les auteurs, ces techniques restent coûteuses et peu efficaces pour traiter les volumes d’émissions actuels. « On est face à un problème structurel, où la pollution dépasse largement les capacités de dépollution disponibles », précise le rapport.

Un projet européen pour évaluer l’étendue de la contamination

Le Forever Pollution Project, à l’origine de cette étude, est une initiative transnationale réunissant des scientifiques et des journalistes. Son objectif ? Cartographier la présence des PFAS en Europe et évaluer les risques sanitaires et environnementaux associés. Les résultats, publiés dans une revue spécialisée, confirment l’ampleur du défi : les PFAS sont présents dans l’eau, l’air et les sols, avec des concentrations parfois alarmantes près des sites industriels.

« Les données recueillies montrent que la pollution par les PFAS est bien plus répandue qu’on ne le pensait il y a encore quelques années », souligne l’un des coordinateurs du projet. Ces résultats devraient alimenter les débats sur la régulation de ces substances, déjà interdites dans certains pays mais encore largement utilisées ailleurs en Europe.

Quelles perspectives pour réduire l’impact des PFAS ?

Face à l’échec partiel des technologies de traitement, les auteurs de l’étude appellent à une approche globale. Cela implique d’abord de limiter les rejets de PFAS à la source, en renforçant les réglementations industrielles. « La priorité doit être donnée à la prévention plutôt qu’à la dépollution », insiste un expert en pollution chimique. En parallèle, des recherches sont en cours pour développer de nouvelles méthodes, comme la dégradation par plasma ou les enzymes artificielles, mais celles-ci restent au stade expérimental.

Côté politique, l’Union européenne travaille sur un nouveau cadre réglementaire pour les PFAS. Une consultation publique est prévue d’ici la fin de l’année 2026, avec l’objectif de classer ces substances comme « substances extrêmement préoccupantes ». Si cette classification est adoptée, elle pourrait entraîner des restrictions supplémentaires sur leur utilisation.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des décisions politiques et des avancées scientifiques. Une réunion du Parlement européen est prévue en octobre 2026 pour discuter de l’interdiction partielle des PFAS. D’ici là, les associations environnementales devraient multiplier les actions en justice contre les industriels responsables de rejets polluants. Reste à voir si ces mesures suffiront à inverser la tendance, alors que les PFAS continueront de s’accumuler dans l’environnement pendant des décennies.

En attendant, les collectivités locales et les industriels sont appelés à renforcer leurs efforts de prévention, faute de quoi la situation pourrait continuer de se dégrader. Une chose est sûre : le problème des PFAS ne sera pas résolu par la seule technologie, mais par une volonté politique et industrielle sans précédent.

Les PFAS (per- et polyfluoroalkylées) sont surnommés ainsi en raison de leur extrême persistance dans l’environnement. Ces molécules ne se dégradent presque pas naturellement et peuvent rester présentes pendant des décennies, voire des siècles, dans les sols et les eaux. Leur structure chimique les rend résistantes à la chaleur, à l’eau et aux graisses, ce qui les rend difficiles à éliminer une fois rejetées.