Alors que les automobilistes profitent de la baisse du prix du carburant, les voyageurs aériens ont peu de chances de voir leurs billets devenir moins chers dans l’immédiat. Selon BFM Business, les compagnies aériennes n’achètent pas leur kérosène au jour le jour comme le font les conducteurs pour l’essence. Leur stratégie de couverture des coûts, combinée à la nécessité de reconstituer leurs marges, maintient les tarifs à un niveau élevé, malgré la chute récente du prix du pétrole.
Ce qu'il faut retenir
- Les compagnies aériennes achètent leur kérosène plusieurs mois à l’avance via des contrats de couverture, limitant l’impact immédiat des baisses de prix du carburant.
- Le trafic aérien reste soutenu en Europe, avec une croissance prévue de 2,8 % en 2026, ce qui réduit la pression pour baisser les tarifs.
- Les compagnies priorisent la reconstitution de leurs marges, notamment pour financer le renouvellement de leurs flottes, après des pertes enregistrées au premier semestre.
- Même si le prix du baril est redescendu autour de 75 dollars, une baisse des billets n’est pas attendue avant plusieurs mois, voire davantage.
Des achats anticipés qui atténuent l’effet de la baisse du kérosène
Contrairement aux automobilistes, les compagnies aériennes, en particulier les grandes, sécurisent une partie de leurs approvisionnements en kérosène plusieurs mois à l’avance. Cette pratique, appelée couverture carburant, leur permet de limiter l’impact des fluctuations brutales des prix. Comme l’explique Arnaud Aymé, spécialiste du transport aérien chez Sia Partners, « Aujourd’hui, les cours du kérosène ont baissé. Cela dit, les compagnies aériennes volent avec un kérosène qu’elles ont acheté parfois à l’avance... c’est le principe de la couverture carburant, des prix garantis à l’avance ».
Résultat : la baisse actuelle du prix du baril met du temps à se répercuter sur leurs coûts opérationnels. Si les compagnies bénéficient désormais d’un carburant moins cher, leurs contrats d’achat antérieurs les obligent à attendre leur échéance avant de pouvoir ajuster leurs tarifs. Autant dire que les voyageurs ne verront pas de baisse significative des billets avant plusieurs semaines, voire des mois.
Des marges à reconstituer après une année difficile
La crise géopolitique en Iran a fortement perturbé les résultats financiers des compagnies aériennes au premier semestre. Avec une demande volatile et des coûts carburant élevés, les opérateurs ont enregistré des pertes significatives. D’après Arnaud Aymé, « elles ont gagné beaucoup moins d’argent que prévu au premier semestre à cause de la crise en Iran. Or, elles ont besoin de gagner de l’argent, notamment pour renouveler leur flotte d’appareils. Donc elles ont besoin aujourd’hui de reconstituer leurs marges ».
Cette priorité financière explique en partie pourquoi les prix des billets ne devraient pas baisser dans l’immédiat. Les compagnies préfèrent maintenir des tarifs élevés pour restaurer leurs bilans, avant d’envisager des réductions de prix. Bref, les passagers paieront encore cher, même si le baril de pétrole a perdu un quart de sa valeur depuis le pic enregistré lors du conflit.
Un trafic soutenu qui limite la pression sur les prix
Malgré les tensions géopolitiques, le trafic aérien reste dynamique en Europe. Selon les prévisions, le nombre de passagers devrait progresser de 2,8 % en 2026, un rythme qui ne pousse pas les compagnies à baisser leurs tarifs. Richard Aboulafia, analyste aéronautique et directeur général d’AeroDynamic Advisory, souligne ce paradoxe : « La situation est plutôt bonne ; le trafic a peut-être légèrement baissé, mais pas les bénéfices, n'est-ce pas ? Alors, pourquoi changer ? ».
Par ailleurs, certaines compagnies ont réduit le nombre de routes non rentables, ce qui limite l’offre et maintient une pression à la hausse sur les prix. La demande soutenue, couplée à une capacité limitée, leur permet de maintenir des tarifs élevés sans craindre une perte de parts de marché. En clair, les passagers paient pour la stabilité du secteur, mais pas pour des billets moins chers.
Pourquoi une baisse des billets n’est pas attendue à court terme
Trois facteurs principaux expliquent l’absence de baisse des prix des billets d’avion malgré la chute du prix du kérosène. D’abord, les contrats de couverture carburant signés plusieurs mois à l’avance retardent l’impact des baisses de prix. Ensuite, les compagnies aériennes doivent reconstituer leurs marges après une période difficile, ce qui les incite à maintenir des tarifs élevés. Enfin, la demande reste forte et l’offre maîtrisée, réduisant la nécessité de baisser les prix pour attirer les clients.
Selon BFM Business, même si le prix du baril devait continuer à baisser, les compagnies ne devraient pas répercuter immédiatement cette baisse sur leurs tarifs. La reconstitution des marges et la stabilité du trafic passent avant toute réduction de prix. Les passagers devront donc patienter avant de voir une éventuelle baisse des coûts de transport aérien.
Dans l’attente, les voyageurs devront composer avec des tarifs élevés. Les analystes s’accordent à dire que la situation actuelle, bien que favorable à la stabilité financière des compagnies, ne se traduira pas par une baisse immédiate des prix des billets.
Plusieurs raisons expliquent cette situation. Les compagnies achètent leur kérosène à l’avance via des contrats de couverture, ce qui retarde l’impact des baisses de prix. Par ailleurs, elles doivent reconstituer leurs marges après une année difficile marquée par des pertes financières. Enfin, la demande reste forte et l’offre maîtrisée, ce qui limite la pression pour baisser les tarifs.
Les compagnies devraient attendre la fin des contrats de couverture carburant avant de répercuter une éventuelle baisse des prix du kérosène. Cela pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026, mais rien n’est garanti. Tout dépendra de l’évolution du prix du baril et de la stratégie financière des opérateurs.