Le candidat Renaissance à la présidentielle de 2027, Gabriel Attal, a réaffirmé lundi sur LCI sa volonté de dépasser les clivages traditionnels entre gauche et droite. Selon Le Figaro, il estime que l’union de la droite et du centre « ce n’est pas suffisant » pour remporter l’élection, et défend une alliance plus large autour d’un projet « libéral » et « intransigeant » sur les questions régaliennes. Cette stratégie s’inscrit en opposition directe avec celle de son rival du bloc central, Édouard Philippe, qui mise davantage sur une union plus restreinte des forces modérées.
Ce qu'il faut retenir
- Attal veut fédérer au-delà de la droite et du centre, en intégrant des personnalités issues de la gauche et de la droite autour d’un projet commun.
- Il défend un programme « libéral » sur l’économie et « intransigeant » sur les valeurs républicaines, la sécurité et l’immigration.
- L’ancien Premier ministre, issu du Parti socialiste, assume son parcours transpartisan et son attachement à la liberté, tant économique que sociétale.
- Il rejette les centres de rétention pour migrants hors UE, qualifiant ces dispositifs de « camps » inefficaces et coûteux.
- Attal réaffirme son engagement pro-européen et progressiste, tout en prônant une ligne ferme sur les questions de sécurité.
Un projet politique transpartisan pour dépasser les clivages
Gabriel Attal a martelé sa conviction que les défis de la France exigent une alliance bien plus large que le simple rapprochement entre la droite et le centre. « J’entends beaucoup de gens dire “il faut l’union de la droite et du centre”, mais ce n’est pas suffisant », a-t-il déclaré lors de son intervention sur LCI. Il s’est présenté comme le seul candidat capable de « faire travailler ensemble des personnes qui viennent de la gauche et de la droite ». Pour lui, cette union doit reposer sur un projet « libéral » pour la compétitivité des entreprises et « intransigeant » sur la défense des valeurs républicaines, de la sécurité et de l’autorité.
Cette approche tranche avec celle d’Édouard Philippe, dont la stratégie repose davantage sur une coalition des forces modérées et centristes. Attal, qui se positionne comme un héritier de la tradition macroniste, mise ainsi sur une recomposition politique plus ambitieuse, intégrant des figures issues de traditions politiques variées.
Un parcours politique marqué par le dépassement des clivages
Gabriel Attal a rappelé son parcours atypique, ayant débuté au Parti socialiste avant de rejoindre le camp macroniste. « Moi, je viens de la gauche (...). J’ai commencé au Parti socialiste », a-t-il expliqué, soulignant que « la valeur qui est pour moi la plus importante de toutes » reste « la liberté ». Il a détaillé son analyse des clivages traditionnels : selon lui, la droite incarnait bien les libertés économiques, mais mal les libertés individuelles et sociétales, tandis que la gauche défendait ces dernières, mais échouait sur le plan économique en prônant une fiscalité excessive. « Donc j’étais quelque part un peu sur ma faim », a-t-il résumé, justifiant ainsi sa recherche d’une troisième voie.
Ancien conseiller de Marisol Touraine sous François Hollande, Attal a été élu député sous l’étiquette La République en Marche en 2017. Son parcours reflète cette volonté de dépasser les clivages traditionnels, même si cette stratégie reste encore à concrétiser dans les urnes.
Un engagement pro-européen et progressiste, mais une ligne ferme sur les questions régaliennes
Attal a réaffirmé avec force son attachement à l’Union européenne et ses valeurs progressistes. « Je suis très clair dans mon engagement pro-européen » et « très clair sur un côté progressiste, pour le progrès social et pour le progrès climatique », a-t-il indiqué. Il a également défendu plusieurs mesures portées durant la décennie Macron, tout en reconnaissant que certaines réformes devaient être approfondies.
Sur les questions régaliennes, en revanche, il a adopté une posture sans ambiguïté. « En matière de sécurité, de justice, d’immigration, il ne peut pas y avoir de “en même temps” », a-t-il affirmé, prônant une ligne « beaucoup plus claire et beaucoup plus ferme ». Cette position tranche avec celle d’Emmanuel Macron, dont il fut l’un des plus proches collaborateurs, et marque une volonté de se différencier sur ces sujets sensibles.
Une opposition ferme aux centres de rétention pour migrants hors UE
Le candidat Renaissance a également pris position contre la création de centres de rétention pour migrants en dehors de l’Union européenne, un projet actuellement en discussion au niveau européen. Attal a qualifié ces dispositifs de « manière un peu chic de dire des camps ». Il s’est appuyé sur des exemples concrets pour critiquer leur efficacité : « Qui a testé ces camps déjà ? Le Royaume-Uni avec le Rwanda et l’Italie avec l’Albanie. Est-ce que ça a fonctionné ? (...) Ce qu’on a plutôt vu, c’est que ça coûtait un demi-million d’euros par personne migrante (...) et que ça ne fonctionnait pas », a-t-il argumenté.
Cette prise de position illustre sa volonté de proposer une alternative à la fois ferme et pragmatique sur la question migratoire, tout en rejetant les solutions perçues comme coûteuses et inefficaces. Une position qui pourrait séduire une partie de l’électorat soucieux de réalisme sur ce dossier.
La capacité d’Attal à fédérer au-delà des clivages traditionnels sera scrutée de près, alors que le paysage politique français reste profondément fragmenté. Son positionnement, à la fois libéral et progressiste, pourrait-il séduire un électorat en quête d’alternatives face à la montée des extrêmes ? La réponse dépendra en grande partie de la crédibilité qu’il parviendra à donner à son projet transpartisan dans les mois à venir.
Gabriel Attal mise sur une alliance élargie intégrant des personnalités issues de la gauche et de la droite, autour d’un projet libéral sur l’économie et intransigeant sur les questions régaliennes. Édouard Philippe, en revanche, privilégie une union plus restreinte entre la droite et le centre, sans élargissement vers la gauche. Pour Attal, cette union élargie est indispensable pour remporter la présidentielle, tandis que Philippe mise sur une coalition plus traditionnelle des forces modérées.
Attal considère ces dispositifs comme des « camps » inefficaces et coûteux, s’appuyant sur des exemples comme le Royaume-Uni avec le Rwanda ou l’Italie avec l’Albanie, où ces mesures n’ont pas produit les résultats escomptés. Il critique leur coût élevé, estimé à un demi-million d’euros par personne migrante, et leur manque d’efficacité, justifiant ainsi son opposition à ces projets.