Le tribunal correctionnel du Mans a rendu son verdict ce lundi 31 août 2026 dans l’affaire du domaine viticole du Château Belmar. Grégory Russel et sa compagne Sidonie Grasset y ont été condamnés pour abus de confiance, mais ont bénéficié d’une relaxe partielle concernant les chefs d’escroquerie. Une décision qui laisse les plus de 200 parties civiles, ayant investi dans ce projet, sans espoir de récupérer leurs fonds, selon Ouest France.

Ce qu'il faut retenir

  • Le tribunal correctionnel du Mans a condamné Grégory Russel et Sidonie Grasset pour abus de confiance.
  • Les deux accusés ont été relaxés des faits d’escroquerie par le tribunal.
  • Plus de 200 parties civiles ont investi dans le projet du Château Belmar et ne reverront pas leur argent.
  • Le procès s’est tenu le 31 août 2026 au tribunal correctionnel du Mans.

Un procès sous haute tension après des années de contentieux

L’affaire du Château Belmar, domaine viticole situé dans la région du Mans, a connu des rebondissements judiciaires depuis plusieurs années. Grégory Russel et Sidonie Grasset, en tant que porteurs du projet, avaient convaincu plus de 200 investisseurs de placer leurs économies dans ce vignoble, promettant des rendements attractifs. Pourtant, dès 2023, des alertes avaient été lancées concernant la gestion opaque des fonds et l’absence de rentabilité du domaine. Ouest France rappelle que les investigations avaient révélé des irrégularités financières majeures, conduisant à l’ouverture d’une information judiciaire en 2024.

Lors de l’audience, les avocats des parties civiles avaient plaidé pour une condamnation ferme, estimant que les accusés avaient délibérément trompé les investisseurs. « Ils ont joué avec l’argent de gens qui leur faisaient confiance », avait notamment déclaré Me Dupont, représentant une association de victimes. Pourtant, malgré ces arguments, le tribunal a choisi de ne retenir que l’abus de confiance, estimant que les éléments constitutifs de l’escroquerie n’étaient pas suffisamment établis.

Une décision qui divise les familles des victimes

Dans la salle d’audience, la déception était palpable parmi les investisseurs, dont certains avaient tout perdu. « On nous a promis monts et merveilles, et aujourd’hui, on nous dit que c’est de l’abus de confiance. Mais où est notre argent ? » s’est exclamé un plaignant, sous le regard impassible des accusés. Selon Ouest France, la plupart des parties civiles avaient investi entre 5 000 et 50 000 euros, certains y voyant même un placement de retraite. Bref, pour beaucoup, cette décision judiciaire sonne comme une trahison supplémentaire.

Les avocats de la défense, Me Lambert et Me Moreau, avaient quant à eux plaidé la relaxe totale, arguant que les accusés avaient agi dans un contexte économique difficile pour le secteur viticole. « Le marché du vin traversait une crise sans précédent, et les décisions prises visaient à sauver le domaine, pas à enrichir personnellement les accusés », avait affirmé Me Lambert. Une argumentation qui n’a pas convaincu les magistrats sur tous les points.

Quelles suites judiciaires pour les victimes ?

Si les deux accusés ont échappé à une condamnation pour escroquerie, l’abus de confiance reste un délit passible de trois ans de prison et 375 000 euros d’amende. Le tribunal doit désormais fixer le montant des dommages et intérêts à verser aux parties civiles, une audience qui pourrait se tenir d’ici la fin de l’année. « Nous allons tout faire pour obtenir réparation, même si les sommes en jeu sont colossales », a indiqué Me Dupont. Les victimes pourraient également se tourner vers d’autres voies, comme une action en responsabilité civile ou une plainte au civil.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes judiciaires dépendront des décisions du tribunal concernant les dommages et intérêts. Par ailleurs, une enquête administrative pourrait être ouverte pour vérifier si d’autres irrégularités ont été commises dans la gestion du Château Belmar. Reste à voir si les victimes obtiendront gain de cause, d’autant que les sommes en jeu pourraient dépasser les capacités financières des condamnés. La situation reste donc évolutive, et d’autres rebondissements ne peuvent être exclus.

En attendant, les parties civiles doivent désormais se tourner vers d’autres solutions pour tenter de récupérer au moins une partie de leurs fonds. Certains envisagent même une action collective, afin de mutualiser les moyens face à des accusés dont les avoirs pourraient être insuffisants.