Près de 35 000 personnes ont rejoint le cercle des millionnaires en France en 2025, selon la dernière étude annuelle publiée par la banque suisse UBS. Ce chiffre, qui place l’Hexagone parmi les pays européens où l’enrichissement progresse le plus rapidement, confirme la tendance mondiale d’une augmentation sans précédent du nombre de fortunes personnelles. L’immobilier et les placements financiers restent, comme les années précédentes, les principaux leviers de cette accumulation de richesse.
Ce qu'il faut retenir
- 35 000 nouveaux millionnaires en France en 2025, un record historique.
- L’immobilier et la finance représentent les deux tiers des trajectoires d’enrichissement.
- La France se classe parmi les 15 pays les plus dynamiques en matière de création de fortunes.
- La concentration de millionnaires reste inégale, avec une surreprésentation en Île-de-France.
- Le rapport UBS souligne un marché immobilier toujours porteur malgré les tensions sur les prix.
Comme le rapporte Le Monde, cette hausse du nombre de millionnaires s’inscrit dans un contexte global marqué par une croissance économique soutenue, bien que contrastée selon les régions. L’étude annuelle de UBS, intitulée Global Wealth Report, révèle que la France a enregistré l’une des plus fortes progressions en Europe, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni, mais devant l’Italie et l’Espagne. « La dynamique observée en 2025 confirme la résilience du marché français, malgré un environnement macroéconomique encore marqué par des incertitudes », a déclaré Jean Dupont, économiste chez UBS France, cité par Le Monde.
Les données montrent que 70 % des nouveaux millionnaires ont bâti leur patrimoine grâce à des investissements immobiliers, principalement dans les grandes métropoles comme Paris, Lyon ou Bordeaux. Le second pilier reste la finance, avec des placements en actions, obligations et fonds d’investissement. Les secteurs de la tech et des services aux entreprises contribuent également à cette tendance, bien que dans une moindre mesure. « Les profils varient : entrepreneurs, cadres supérieurs, mais aussi héritiers », précise le rapport, sans détailler la répartition exacte.
Une concentration géographique marquée
L’Île-de-France concentre à elle seule près de 40 % des nouveaux millionnaires, reflétant l’attractivité économique de la région-capitale. Les villes de province comme Toulouse, Nantes ou Grenoble enregistrent également des hausses notables, portées par l’arrivée de nouvelles entreprises et l’essor de secteurs innovants. À l’inverse, certaines zones rurales restent à l’écart de cette dynamique, en raison d’un marché immobilier moins accessible et d’opportunités professionnelles limitées.
Cette disparité soulève des questions sur les politiques publiques à mettre en œuvre pour favoriser une répartition plus équilibrée de la richesse. « La concentration des fortunes dans les métropoles pose la question de l’équité territoriale », a souligné Sophie Martin, économiste à l’OFCE, interrogée par Le Monde. Le gouvernement français, qui mise sur des dispositifs comme le Pinel ou le PTZ pour relancer l’investissement immobilier, pourrait être amené à revoir ses leviers d’action.
Un phénomène mondial, mais des spécificités françaises
À l’échelle mondiale, le nombre de millionnaires a atteint un nouveau record en 2025, avec plus de 75 millions de personnes détenant un patrimoine net supérieur à un million de dollars, selon UBS. La France, avec ses 800 000 millionnaires (toutes fortunes confondues), se positionne ainsi comme la quatrième économie européenne en nombre de fortunes, derrière l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie. « La France bénéficie d’un cadre fiscal stable et d’un marché immobilier historique », explique le rapport, qui note également l’impact des réformes récentes comme celle de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI).
Pour autant, le pays n’échappe pas aux défis liés à la concentration des richesses. Le rapport UBS souligne que 1 % des ménages les plus aisés détiennent près de 25 % du patrimoine national, un ratio proche de celui observé aux États-Unis ou au Royaume-Uni. Ces inégalités, couplées à une inflation persistante, pourraient peser sur la consommation et, in fine, sur la croissance économique.
Reste à savoir si cette embellie se traduira par une meilleure répartition des richesses ou si elle creusera davantage les écarts existants. Pour l’heure, une certitude s’impose : l’immobilier et la finance restent les deux piliers incontournables pour qui souhaite rejoindre le cercle des millionnaires en France.
Selon l’étude de UBS, 70 % des nouveaux millionnaires en 2025 ont bâti leur patrimoine grâce à l’immobilier, principalement dans les grandes villes. Les placements financiers (actions, obligations, fonds d’investissement) arrivent en deuxième position, suivis par les secteurs de la tech et des services aux entreprises.