La littérature contemporaine s’interroge depuis quelques semaines sur les limites entre création humaine et assistance artificielle. Jamir Nazir, un retraité britannique, vient d’être définitivement lavé de tout soupçon après avoir remporté un prestigieux concours littéraire pour sa nouvelle « The Serpent in the Grove », comme le rapporte Ouest France. Une affaire qui a mis en lumière les tensions autour de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les concours d’écriture, avant de conclure sans ambiguïté : l’œuvre primée est bien l’œuvre d’un humain.
Ce qu'il faut retenir
- Jamir Nazir, retraité de 72 ans, a remporté le Prix littéraire britannique du Southern Counties Writing Award en juin 2026.
- Son texte « The Serpent in the Grove » a été rapidement suspecté d’avoir été généré ou fortement assisté par l’intelligence artificielle.
- Une enquête interne du jury a finalement conclu à l’absence de preuve d’utilisation de l’IA, confirmant l’authenticité de l’œuvre.
- L’affaire soulève des questions sur les critères de sélection des concours littéraires face à l’essor des outils d’IA générative.
- Le jury a salué le style unique et les thèmes profondément humains de la nouvelle, incompatibles avec une génération automatique.
Un prix littéraire prestigieux remis en question
Le Southern Counties Writing Award, organisé chaque année par l’association Literary Voices UK, récompense depuis 2010 les meilleurs textes courts en langue anglaise. Pour l’édition 2026, le jury avait reçu près de 1 200 candidatures issues de 47 pays différents, selon les chiffres communiqués par l’organisateur. C’est dans ce cadre que « The Serpent in the Grove », une nouvelle de 12 000 mots explorant les thèmes de la trahison et de la rédemption dans un cadre rural, a été distinguée par le premier prix, doté de 10 000 livres sterling.
Mais dès l’annonce du lauréat, des voix se sont élevées sur les réseaux sociaux, évoquant la possibilité que le texte ait été généré ou fortement retravaillé par une intelligence artificielle. Certains internautes ont pointé du doigt le style « trop parfait » et la structure narrative « trop fluide » pour un texte écrit par un retraité sans expérience littéraire récente. Une polémique qui a rapidement pris de l’ampleur, contraignant le jury à réagir publiquement.
Une enquête approfondie pour trancher le débat
Face aux doutes exprimés, le président du jury, Martin Whitmore, a annoncé le lancement d’une enquête interne pour vérifier l’authenticité du texte primé. L’examen a porté sur plusieurs critères : l’analyse stylistique, la cohérence thématique, mais aussi la vérification des métadonnées du fichier soumis, ainsi que des entretiens avec Jamir Nazir pour comprendre son processus de création. « Nous avons appliqué une méthodologie rigoureuse, inspirée des protocoles utilisés dans les concours universitaires », a précisé Whitmore dans un communiqué publié le 3 juillet 2026.
Parmi les éléments examinés figuraient notamment les versions manuscrites préliminaires fournies par l’auteur, ainsi que des enregistrements audio de ses séances d’écriture. Le jury a également sollicité l’avis d’un expert en linguistique computationnelle, le Dr. Eleanor Shaw de l’université de Cambridge, pour analyser d’éventuels marqueurs d’IA. « Aucune trace d’utilisation d’outils génératifs n’a été détectée dans le texte final, et les éléments fournis par l’auteur correspondent à un processus de création classique », a conclu le Dr. Shaw dans son rapport rendu public.
L’auteur innocenté : « Je n’ai jamais utilisé l’IA »
Contacté par Ouest France, Jamir Nazir a exprimé son soulagement après des semaines de doute. « Je comprends les questions légitimes que se posent les gens, mais je n’ai jamais utilisé l’IA pour écrire, même pas une fois », a-t-il déclaré. « J’écris depuis l’âge de 15 ans, et cette nouvelle est le fruit de quatre années de travail acharné. » L’auteur, ancien enseignant en littérature médiévale, a expliqué avoir commencé à rédiger « The Serpent in the Grove » en 2022, après avoir pris sa retraite en 2018.
« Les accusations m’ont blessé, car elles remettent en cause toute ma carrière et ma passion. Mais je suis heureux que la vérité éclate, même si cela a pris du temps. »
— Jamir Nazir
L’auteur a également tenu à remercier ses proches et ses anciens élèves pour leur soutien inconditionnel. « Sans eux, je n’aurais pas persisté », a-t-il ajouté. Le jury, de son côté, a réitéré son admiration pour le texte, saluant notamment sa « profondeur psychologique » et son « réalisme saisissant », deux qualités rarement attribuées aux œuvres générées par IA.
L’affaire soulève une question plus large : dans un monde où les outils d’IA deviennent omniprésents, comment distinguer une œuvre authentiquement humaine d’une création assistée ? Une réflexion qui dépasse le cadre littéraire et interroge l’avenir même de la création artistique.
Le jury a notamment analysé la présence de variations stylistiques naturelles, d’erreurs typographiques involontaires et de repentirs manuscrits. L’examen des fichiers soumis a révélé des métadonnées cohérentes avec une rédaction manuelle, et les entretiens avec l’auteur ont confirmé un processus créatif progressif, incluant des phases de réécriture et de correction.