La glorification des criminels de guerre « est contraire aux valeurs fondamentales européennes et n’a sa place ni dans l’Union européenne, ni dans les pays qui aspirent à en devenir membres », a rappelé lundi la commissaire européenne à l’Élargissement, Marta Kos, devant une poignée de journalistes. Son intervention, rapportée par Le Figaro, s’inscrivait dans le cadre du forum stratégique annuel de Bled, en Slovénie, et visait directement la situation en Serbie après la mort de Ratko Mladic, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie condamné pour génocide et crimes contre l’humanité.
Ce qu’il faut retenir
- Mladic, surnommé le « boucher des Balkans », a été condamné à la prison à perpétuité par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) en 2017.
- Le gouvernement serbe a annoncé des obsèques nationales après sa mort jeudi à La Haye, où il purgeait sa peine.
- La commissaire européenne Marta Kos a réaffirmé l’incompatibilité de tels hommages avec les valeurs de l’UE.
Une condamnation européenne ferme et publique
Lors de son intervention à Bled, Marta Kos a rappelé sans ambiguïté que la glorification de criminels de guerre comme Mladic heurtait de plein fouet les principes fondateurs de l’Union. « Ces actes sapent les efforts de réconciliation et de justice en Europe », a-t-elle souligné, selon nos confrères du Figaro. La commissaire a également rappelé que l’adhésion à l’UE impliquait un respect strict des valeurs démocratiques, y compris en matière de mémoire historique.
Les réactions en Serbie et les enjeux pour Belgrade
La mort de Mladic jeudi à La Haye, où il était incarcéré depuis 2011, a ravivé les tensions mémorielles en Serbie. Le gouvernement de Belgrade a rapidement annoncé des funérailles nationales, une décision qui a suscité des réactions contrastées en Europe. Si certains partis nationalistes serbes saluent un « héros national », les autorités européennes y voient au contraire une provocation. Le Figaro souligne que cette affaire intervient alors que les négociations d’adhésion de la Serbie à l’UE, officiellement engagées en 2014, piétinent depuis plusieurs années.
« La glorification des criminels de guerre est contraire aux valeurs fondamentales européennes et n’a sa place ni dans l’Union européenne, ni dans les pays qui aspirent à en devenir membres. »
— Marta Kos, commissaire européenne à l’Élargissement
Un contexte historique et politique tendu
Ratko Mladic, figure centrale du siège de Sarajevo (1992-1996) et du massacre de Srebrenica (1995), symbolise pour beaucoup les pires heures des guerres de Yougoslavie. Condamné pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, son héritage divise encore profondément la région. En Serbie, où une partie de la population continue de le considérer comme un défenseur, son décès a ravivé les clivages. « Autant dire que la question de la mémoire historique reste un sujet explosif dans les Balkans », confie un diplomate européen sous couvert d’anonymat.
Reste à voir si la Serbie, candidate officielle à l’UE depuis 2012, parviendra à concilier son héritage nationaliste avec les exigences bruxelloises. Une équation d’autant plus complexe que les élections législatives anticipées sont attendues en Serbie d’ici la fin de l’année.
L’UE exige de ses membres et candidats un respect strict des droits humains et de la justice internationale. La glorification d’un criminel de guerre condamné par un tribunal international, comme Mladic, est perçue comme une remise en cause de ces principes. La Commission européenne y voit un obstacle majeur à l’intégration de la Serbie.