Alors que l’Ukraine fait face à une vague de chaleur intense, avec des températures comprises entre 35 °C et 38 °C prévues en ce début de semaine, le réseau électrique du pays, déjà fragilisé par plus de quatre ans de guerre, subit une pression accrue. Selon Euronews FR, cette situation critique s’ajoute aux dégâts colossaux causés par les frappes russes, qui ont ravagé les infrastructures énergétiques depuis l’invasion de février 2022.
Ce qu'il faut retenir
- Des températures comprises entre 35 °C et 38 °C sont attendues en Ukraine cette semaine, selon le Centre hydrométéorologique national.
- Les frappes russes ont causé des dégâts se chiffrant en dizaines de milliards d’euros sur le réseau énergétique ukrainien.
- Des restrictions temporaires de consommation d’électricité sont prévues dans au moins cinq régions, dont Ivano-Frankivsk et Zaporijjia.
- Plus de 1 300 décès supplémentaires ont été recensés en Europe depuis le 21 juin en raison de la chaleur extrême.
- Cette vague de chaleur est considérée comme la plus intense jamais enregistrée en Europe, rendue « practically impossible » sans le changement climatique, selon le groupe World Weather Attribution.
L’Ukraine se prépare à une semaine marquée par une « chaleur intense », comme l’a indiqué le Centre hydrométéorologique national. Cette vague de chaleur, qui s’étend vers l’est du pays, risque d’accentuer la pression sur un réseau électrique déjà fortement endommagé par les années de conflit. Selon Sergii Kovalenko, directeur général du fournisseur d’énergie Yasno, ces températures élevées constituent une épreuve supplémentaire pour des équipements mis à rude épreuve depuis le début de la guerre.
« La chaleur constitue aussi une épreuve sérieuse pour des équipements qui fonctionnent dans des conditions de guerre depuis plus de quatre ans et ont résisté à de nombreuses attaques. »
— Sergii Kovalenko, directeur général de Yasno
Le système électrique ukrainien, déjà fragilisé par les frappes répétées de drones et de missiles russes, peine à suivre. Les dégâts causés depuis 2022 se comptent en dizaines de milliards d’euros, et les coupures de courant restent fréquentes, aussi bien en hiver qu’en été. Sergii Kovalenko a souligné que l’été est une période critique pour les réparations, mais que le réseau fonctionne déjà « à la limite de ses capacités ». « Dans les prochains jours, le système électrique va fonctionner dans un mode extrêmement tendu », a-t-il prévenu.
Les gestionnaires du réseau de cinq régions, d’Ivano-Frankivsk à l’ouest à Zaporijjia au sud, ont annoncé des restrictions temporaires de consommation d’électricité pour mardi. Ces mesures visent à éviter une surcharge du réseau, alors que la demande en climatisation risque d’exploser avec l’arrivée des températures caniculaires.
Une chaleur extrême qui s’étend à toute l’Europe
Cette vague de chaleur ne se limite pas à l’Ukraine. Elle a d’abord frappé l’Europe de l’Ouest la semaine dernière, où des records de température ont été battus en Allemagne, en Pologne, en République tchèque, au Royaume-Uni et en Suisse. Selon l’agence onusienne de santé, plus de 1 300 décès supplémentaires ont été recensés en Europe depuis le 21 juin, dont plusieurs jeunes enfants morts enfermés dans des voitures et des adolescents noyés en quête de fraîcheur.
En France, au moins 74 décès par noyade ont été enregistrés depuis le 18 juin, tandis que la Pologne a rapporté 17 noyés pour la seule journée de dimanche. Des incendies ont également éclaté dans les Balkans, où la Bosnie lutte contre des feux déclenchés par la sécheresse et les températures dépassant les 40 °C.
Selon une analyse de l’AFP, au moins 130 millions de personnes en Europe devaient suffoquer sous des températures supérieures à 35 °C en ce lundi 7 juillet, contre 190 millions la veille. Les experts du groupe World Weather Attribution estiment que cette vague de chaleur est la plus intense jamais enregistrée en Europe et aurait été « pratiquement impossible » si tôt dans l’été sans le changement climatique.
Un continent mal préparé aux températures extrêmes
Contrairement à d’autres régions du monde, l’Europe n’est pas équipée pour faire face à des températures aussi élevées. Les infrastructures, notamment les réseaux électriques et de transport, n’ont pas été conçues pour résister à de telles conditions. La climatisation, encore peu répandue, ne suffit pas à compenser l’impact de ces vagues de chaleur sur la santé publique et les économies.
Cette situation met en lumière les défis posés par le changement climatique, qui aggrave l’intensité et la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes. Les scientifiques soulignent que, sans une action urgente pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, de telles vagues de chaleur pourraient devenir la norme plutôt que l’exception en Europe.
En Ukraine, la combinaison de la chaleur extrême et d’un réseau électrique fragilisé par la guerre illustre les vulnérabilités croisées entre conflits et crises environnementales. Les autorités locales tentent de limiter les dégâts, mais la situation reste précaire, avec un risque accru de coupures prolongées et d’impacts sur la santé des populations.
Cette crise rappelle que les conflits armés et les catastrophes naturelles peuvent se combiner pour aggraver les vulnérabilités des populations et des systèmes. Elle souligne aussi l’urgence d’investir dans des infrastructures résilientes et dans des politiques climatiques ambitieuses pour limiter l’impact du réchauffement planétaire.
Les restrictions temporaires de consommation d’électricité concernent au moins cinq régions, dont Ivano-Frankivsk à l’ouest et Zaporijjia au sud, selon les gestionnaires du réseau.
Selon le groupe World Weather Attribution, cette vague de chaleur est la plus intense jamais enregistrée en Europe et aurait été « practically impossible » si tôt dans l’été sans le changement climatique.