Selon RFI, les autorités zimbabwéennes ont annoncé ce lundi 6 juillet 2026 avoir facilité le retour de plus de 21 300 de leurs ressortissants depuis l’Afrique du Sud, et ce en un peu plus de cinq semaines. Cette vague de départs s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes dans le pays voisin, marqué par une montée des violences xénophobes visant les migrants en situation irrégulière.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 78 000 Zimbabwéens ont quitté l’Afrique du Sud en cinq semaines, dont 21 300 avec l’aide des autorités de Harare.
  • Plus de 56 800 autres ont regagné le Zimbabwe par leurs propres moyens.
  • Ces départs font suite à une recrudescence des violences xénophobes en Afrique du Sud.
  • Le ministre zimbabwéen de l’Information a confirmé ces chiffres lors d’une déclaration officielle.

D’après les chiffres communiqués par le gouvernement zimbabwéen, 56 800 Zimbabwéens supplémentaires ont choisi de rentrer dans leur pays sans assistance. Au total, ce sont donc près de 78 000 personnes qui ont quitté l’Afrique du Sud entre fin mai et début juillet 2026. Ces mouvements de population interviennent alors que les tensions liées à la présence de migrants en situation irrégulière s’exacerbent dans plusieurs grandes villes sud-africaines.

Le ministre zimbabwéen de l’Information, Christopher Mushohwe, a précisé que ces retours s’organisaient dans un cadre sécurisé et coordonné. « Nous avons travaillé en étroite collaboration avec les autorités sud-africaines pour garantir un retour ordonné et sûr de nos compatriotes », a-t-il déclaré. Ces déclarations interviennent alors que des rapports locaux et internationaux documentent une augmentation des attaques contre les étrangers, notamment les ressortissants zimbabwéens, accusés de concurrence déloyale sur le marché du travail.

« Nous avons travaillé en étroite collaboration avec les autorités sud-africaines pour garantir un retour ordonné et sûr de nos compatriotes. »
— Christopher Mushohwe, ministre zimbabwéen de l’Information

L’Afrique du Sud, qui abrite l’une des plus grandes communautés de migrants en Afrique, fait face depuis plusieurs années à des poussées de xénophobie. Les violences, parfois meurtrières, ont régulièrement ciblé des ressortissants zimbabwéens, mais aussi ceux d’autres pays voisins comme le Mozambique ou la Somalie. En 2025 déjà, des vagues de violences avaient provoqué le départ de milliers de migrants, rappelant une situation récurrente dans le pays.

Côté zimbabwéen, les autorités semblent avoir anticipé ce mouvement de retour. Des centres de réception ont été mis en place aux points d’entrée frontaliers pour accueillir les rapatriés, tandis que des campagnes d’information ont été menées pour encourager les départs volontaires. « Nous appelons nos concitoyens à rester prudents et à privilégier les retours organisés plutôt que les traversées clandestines », a ajouté Mushohwe.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une intensification des contrôles aux frontières et une possible augmentation des départs spontanés, si la situation sécuritaire en Afrique du Sud ne s’améliore pas. Une réunion entre les autorités zimbabwéennes et sud-africaines est attendue d’ici la fin du mois de juillet pour discuter des modalités de gestion des flux migratoires et des mesures de protection des migrants. Par ailleurs, des organisations de défense des droits de l’homme ont déjà appelé à une réponse régionale coordonnée pour éviter une escalade des violences.

Dans l’immédiat, Harare a indiqué qu’elle continuerait à soutenir le retour de ses ressortissants, tout en appelant à une résolution pacifique de la crise. Les observateurs s’interrogent désormais sur l’impact économique et social de ce mouvement de population, tant pour le Zimbabwe, qui devra absorber ce retour massif, que pour l’Afrique du Sud, confrontée à une pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs.

Ces départs s’inscrivent dans un contexte de violences xénophobes accrues en Afrique du Sud, où des migrants en situation irrégulière, notamment zimbabwéens, sont régulièrement pris pour cible. Les tensions autour de l’emploi et des conditions de vie expliquent en partie cette exode.