À quelques mois de l’ouverture officielle de la campagne pour l’élection présidentielle de 2027, l’association Trait d’union — qui regroupe plus de 2 500 collaborateurs et anciens collaborateurs de la majorité présidentielle — publie, ce mercredi 8 juillet, un livret de huit pages intitulé « La France de Macron ». L’objectif affiché est de dresser un bilan des dix années de mandat d’Emmanuel Macron à travers cinquante mesures phares, comme le rapporte Franceinfo - Politique.

Dans ce document, les auteurs entendent répondre aux critiques des oppositions, qu’ils qualifient de « mensonges » envers les Français. « On veut se mettre en travers de la route des oppositions qui mentent aux Français en disant que rien n’a été fait ou pire encore, que la France va dans le mur », a déclaré Sacha Halphen, président de l’association créée en 2021. Pour lui, ces cinquante mesures « viennent remettre l’église au milieu du village », comme il l’a expliqué à Franceinfo - Politique.

Ce qu'il faut retenir

  • Un livret de huit pages publié le 8 juillet par l’association Trait d’union, regroupant 2 500 collaborateurs et ex-collaborateurs macronistes
  • Cinquante mesures sont mises en avant pour défendre le bilan d’Emmanuel Macron après dix ans de mandat
  • Parmi les mesures phares : doublement du budget de la formation professionnelle, niveau d’emploi « jamais atteint », versement automatique des pensions alimentaires
  • Des avancées sur le plan régalien sont également soulignées, comme le doublement du budget des armées et le recrutement de 10 000 postes dans la justice
  • Plusieurs membres de l’association ont rejoint les équipes de campagne d’Édouard Philippe ou de Gabriel Attal, sans soutenir officiellement aucun candidat pour l’instant

Un document qui s’inscrit dans le contexte de la campagne présidentielle

Ce livret arrive à un moment charnière, alors que la campagne pour la présidentielle de 2027 s’annonce déjà sous haute tension. Si Emmanuel Macron a choisi de rester en retrait du débat politique — refusant même de réagir à la candidature de Marine Le Pen, annoncée mardi 7 juillet — ses anciens collaborateurs, eux, ne comptent pas laisser le champ libre aux détracteurs. « Ces 50 mesures viennent rappeler ce qui a été accompli », a insisté Sacha Halphen. Le ton est donné : il s’agit moins d’un exercice académique que d’un outil de communication politique.

Le livret se structure autour de thématiques variées, mêlant réformes économiques, sociales et régaliennes. On y retrouve notamment la réforme de la formation professionnelle, souvent présentée comme l’une des réussites majeures du quinquennat. « Le niveau d’emploi n’a jamais été aussi élevé », peut-on lire dans le document, sans que le taux exact ne soit précisé. Autre mesure phare : le versement automatique des pensions alimentaires, mis en place pour simplifier la vie des familles monoparentales. Côté justice, l’accent est mis sur le recrutement de 10 000 postes, tandis que les armées voient leur budget doubler sur la période.

Des mesures régaliennes et sociales mises en avant

Parmi les mesures les plus médiatisées figure le congé de naissance supplémentaire, présenté comme une avancée sociale majeure. Le livret évoque également la création de nouveaux droits pour les parents, sans en détailler le contenu. Sur le plan économique, le doublement du budget de la formation professionnelle est présenté comme un levier pour lutter contre le chômage et adapter les compétences aux besoins des entreprises.

Côté régalien, le doublement du budget des armées est justifié par la nécessité de renforcer la souveraineté française dans un contexte international instable. « Ces investissements s’inscrivent dans une logique de protection des Français », peut-on lire dans le document. Enfin, la création de postes dans la justice est présentée comme une réponse aux retards accumulés dans le traitement des dossiers, un problème récurrent ces dernières années.

« On veut se mettre en travers de la route des oppositions qui mentent aux Français en disant que rien n’a été fait ou pire encore, que la France va dans le mur. »
Sacha Halphen, président de l’association Trait d’union

Une association qui pourrait jouer un rôle clé dans la campagne

Si l’association Trait d’union ne soutient officiellement aucun candidat pour l’instant, plusieurs de ses membres ont d’ores et déjà rejoint les équipes de campagne d’Édouard Philippe ou de Gabriel Attal. Une situation qui pourrait évoluer d’ici à la présidentielle, alors que le bloc central cherche à se structurer pour affronter une droite et une gauche divisées. « À terme, l’ambition est de rallier le candidat du bloc central », a indiqué un porte-parole de l’association, sans préciser si ce soutien serait conditionnel à un engagement sur le bilan d’Emmanuel Macron.

Cette initiative intervient alors que les tensions montent au sein de la majorité présidentielle, où les ambitions personnelles commencent à s’exprimer ouvertement. Certains y voient une tentative de peser sur les choix du futur candidat, d’autres une simple opération de communication pour préserver l’héritage macroniste. Une chose est sûre : avec ce livret, l’association Trait d’union entend bien occuper le terrain médiatique avant même le début officiel de la campagne.

Et maintenant ?

La publication de ce livret pourrait servir de base à une contre-offensive médiatique du camp présidentiel, alors que les sondages laissent entrevoir une compétition serrée pour 2027. Reste à savoir si ce document parviendra à convaincre au-delà des cercles macronistes. D’ici là, l’association Trait d’union pourrait multiplier les interventions publiques pour promouvoir son travail, à l’approche des premières échéances électorales locales. Une chose est certaine : la bataille des narratives a déjà commencé.

La prochaine étape ? Le dépôt officiel des candidatures, attendu pour l’automne 2026, pourrait rebattre les cartes et donner un nouvel écho au travail de Trait d’union. En attendant, le livret « La France de Macron » servira de référence aux partisans du président sortant, comme un rappel des dix années écoulées — et un argument en faveur de la continuité.