Selon BFM Business, Bernard Arnault, PDG de LVMH et homme le plus riche de France, s’est confié longuement dans le podcast Legend de Guillaume Pley, publié le 8 juillet 2026 sur YouTube. L’entretien de plus de deux heures a couvert des thèmes variés : sa relation avec Donald Trump, les critiques dont il fait l’objet, son rapport au luxe ou encore son engagement dans le football avec le Paris FC. L’homme d’affaires y a abordé sans détour sa philosophie du succès, son pragmatisme face aux polémiques et ses choix stratégiques.
Ce qu'il faut retenir
- Arnault assume sans complexe les critiques : « Ce qu’on écrit sur moi, je m’en fous complètement », déclare-t-il, refusant de se laisser influencer par les attaques médiatiques.
- Une anecdote révélatrice de son dîner avec Trump : après une tentative d’assassinat contre l’ex-président américain, Arnault raconte que ce dernier lui a lancé « 2-0 ! » pour relativiser l’incident.
- Son influence sur Trump serait limitée mais réelle : il reconnaît que l’ex-président, « quelqu’un de très intelligent », est sensible à ses arguments économiques, notamment sur les droits de douane pour les vins français.
- Il a vendu son jet privé il y a quelques années et privilégie désormais la location d’avions ou le train pour ses déplacements.
- Le Paris FC, un investissement familial : racheté en 2024, le club a atteint la Ligue 1 en 2026, mais affiche un déficit de 33,5 millions d’euros en 2025.
- Arnault exclut catégoriquement une carrière politique : « Je n’ai pas les qualités suffisantes », souligne-t-il, préférant la gestion de LVMH à la compromission politique.
Une philosophie de l’indifférence face aux critiques
Bernard Arnault assume publiquement son détachement vis-à-vis des critiques qui le visent. « Ça me laisse complètement froid. Et dans la plupart des cas, je ne regarde même pas », confie-t-il à Guillaume Pley lors de l’entretien diffusé sur YouTube. Selon lui, la réussite économique en France s’accompagne systématiquement de jugements hâtifs de la part de ceux qui « ne comprennent pas ce qu’on fait ». « Pas la peine de se polluer l’esprit avec ça », ajoute-t-il, soulignant une stratégie de longue date pour préserver sa concentration sur ses activités professionnelles.
Cette posture tranche avec l’image d’un homme public souvent scruté, voire contesté, pour ses choix de vie ou ses prises de position. Arnault, qui n’hésite pas à braver les conventions médiatiques, précise qu’il ne lit même plus les articles le concernant. Une position qui reflète une forme d’autonomie décisionnelle, chère à son parcours.
Donald Trump, un partenaire inattendu et un homme « très intelligent »
Parmi les révélations de l’entretien, l’échange entre Bernard Arnault et Donald Trump occupe une place centrale. L’homme d’affaires revient sur un dîner organisé dans la résidence de l’ex-président à Miami, peu après une tentative d’assassinat contre ce dernier. « J’entends à la radio qu’il est encore menacé parce qu’il jouait au golf. Je dis à Alexandre (son fils) : « C’est foutu, le dîner ne va pas avoir lieu » », raconte-t-il. À leur arrivée, Trump les accueille avec une remarque surprenante : « 2-0 ! », une référence à la fois à son état d’esprit combatif et à l’incident qu’il vient de vivre.
Arnault ne cache pas son admiration pour le sens de la formule et le sang-froid de l’ex-président américain. « C’est quelqu’un de très intelligent », estime-t-il, tout en reconnaissant que Trump est aussi « l’homme le plus puissant du monde ». Cette analyse éclaire les discussions économiques qu’ils ont pu avoir, notamment sur les droits de douane. Pendant son premier mandat, Arnault avait obtenu une exemption pour les vins et spiritueux français, une victoire qu’il attribue à son dialogue avec l’administration Trump.
Une influence limitée, mais une relation de confiance
Si Bernard Arnault considère que son influence sur Trump est réelle, il reste prudent. « Oui… Oui, mais il faut considérer d’abord que c’est l’homme le plus puissant du monde », tempère-t-il. Il explique que Trump réagit mal aux critiques ou aux propos désagréables tenus à son encontre. « C’est comme moi : si on dit des choses désagréables à mon sujet, je n’ai pas trop envie d’être sympa avec eux. C’est aussi simple que ça », illustre-t-il. Cette franchise illustre la nature pragmatique de leur relation, où les échanges économiques priment sur les considérations politiques.
Interrogé sur des sujets plus sensibles comme la guerre commerciale ou les tensions géopolitiques, Arnault se refuse à tout commentaire. « Il ne m’appartient pas de juger ce que fait le président des États-Unis », précise-t-il, confirmant une ligne de neutralité affichée dans ses prises de parole publiques.
Jet privé, train et écologie : les choix de mobilité d’un milliardaire
Bernard Arnault a tranché : il n’utilise plus de jet privé. « Le jet privé, j’ai réglé le problème. Il y a quelques années, je l’ai vendu », annonce-t-il sans détour. Cette décision, souvent commentée dans les médias, s’explique par la logistique de ses déplacements internationaux. « Quand on fait le tour du monde, qu’on va dans trois ou quatre villes de Chine, puis à Macao, Séoul, au Japon ou à Los Angeles… On fait ça en une semaine, impossible à faire en avion de ligne », justifie-t-il.
Aujourd’hui, il loue un avion pour ses voyages à haut rythme ou privilégie le train. Preuve de cette flexibilité, il confirme avoir voyagé en seconde classe dans un TGV à destination de Bruxelles. « Oui, parce qu’il n’y avait plus de place, mais ça ne me dérange pas », explique-t-il. Une anecdote qui a pris une tournure amusante : son fils lui a suggéré de signaler sa présence à Edwy Plenel, alors à bord, pour répondre aux articles critiques de Mediapart sur son usage du jet. Finalement, aucun article n’a été publié sur ce voyage.
Le Paris FC : un projet familial entre passion et réalisme
Bernard Arnault évoque aussi le rachat du Paris FC en 2024 par sa famille, un investissement porté par ses enfants, tous passionnés de football. « J’ai été poussé par mes enfants qui m’ont dit : « C’est un investissement pas très élevé, mais qui a beaucoup de potentiel parce que c’est le deuxième club de Paris » », raconte-t-il. Son objectif est clair : faire monter le club en Ligue 1 et, à terme, le qualifier pour des compétitions européennes, « sans que ça coûte trop d’argent ».
Les résultats sont au rendez-vous : le Paris FC a terminé à la 11e place en Ligue 1 en 2026, assurant son maintien. Cependant, le club affiche un déficit de 33,5 millions d’euros en 2025, selon la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG). Une situation qui illustre les défis financiers du football professionnel, même pour un groupe comme LVMH.
L’argent, le pouvoir et la politique : un équilibre impossible
Malgré son influence économique colossale, Bernard Arnault exclut catégoriquement une carrière politique. « Je n’aurais pas les qualités suffisantes pour le faire », déclare-t-il. Il évoque les compromis constants et la nécessité d’une « abnégation » qu’il ne possède pas, préférant de loin son rôle chez LVMH. « C’est très, très difficile. En politique, il faut faire des compromis dans tous les sens », résume-t-il, ajoutant avec humour : « Je m’amuse tous les jours quand j’arrive au bureau. »
Cette déclaration sonne comme un rappel : pour Arnault, le pouvoir économique offre une liberté que la politique ne peut égaler. Un positionnement qui contraste avec les attentes de certains observateurs, habitués à voir des dirigeants d’entreprise s’engager en politique.
Bernard Arnault a choisi de s’exprimer sans filtre, confirmant son statut de figure médiatique incontournable. Reste à savoir si ses propos, mêlant pragmatisme et franc-parler, trouveront un écho durable dans le débat public.
Bernard Arnault a vendu son jet privé pour des raisons à la fois pratiques et stratégiques. Il a expliqué que ce mode de transport était devenu indispensable pour ses déplacements internationaux, notamment ses tournées en Asie ou aux États-Unis, où il enchaîne plusieurs villes en une semaine. Aujourd’hui, il loue occasionnellement un avion ou utilise le train, comme en témoigne son voyage en seconde classe dans un TGV à destination de Bruxelles.
Le Paris FC, racheté par la famille Arnault en 2024, a connu une montée rapide en Ligue 1, terminant 11e en 2026. Cependant, le club affiche un déficit de 33,5 millions d’euros en 2025, selon la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG). L’objectif reste d’assurer la stabilité financière tout en visant une qualification pour les compétitions européennes.