Les fortes chaleurs qui touchent actuellement la France obligent la SNCF à annuler préventivement une partie de ses trains, principalement des Intercités, selon BFM Business. Jusqu’à ce jeudi 8 juillet 2026, un tiers des circulations sont supprimées sur les lignes Paris-Clermont, Paris-Limoges-Toulouse et Bordeaux-Marseille. Au total, cela représente près d’un quart des trains Intercités en circulation.

Ce qu'il faut retenir

  • 33 % des Intercités supprimés sur les lignes Paris-Clermont, Paris-Limoges-Toulouse et Bordeaux-Marseille jusqu’au 8 juillet 2026.
  • Un quart des circulations Intercités annulées** à l’échelle nationale en raison des températures élevées.
  • Quelques adaptations mineures** pour les TGV Inoui et Ouigo, sans suppression massive.
  • Renforcement de la maintenance des TGV avec des « trois huit » dans les technicentres et des équipes dédiées.
  • Les trains Corail, construits dans les années 1980, sont particulièrement vulnérables aux températures supérieures à 33 °C.
  • Nouveaux trains climatisés prévus pour 2027 sur les lignes Paris-Limoges-Toulouse et Paris-Clermont Ferrand.

Ces annulations concernent principalement les Intercités, dont le parc vieillissant rend les rames plus sensibles aux pics de chaleur. Selon l’opérateur, leurs systèmes de climatisation, conçus pour des températures bien inférieures aux actuelles, peinent à fonctionner lorsque le thermomètre dépasse les 33 degrés. La SNCF craint aussi des risques de rupture de caténaires, un équipement sensible aux fortes chaleurs, qui pourrait immobiliser des trains en pleine voie.

Côté TGV, les perturbations restent limitées à « quelques adaptations à la marge », comme ce fut le cas lors des précédents épisodes caniculaires. L’entreprise a renforcé ses équipes de maintenance, avec des technicentres fonctionnant en « trois huit » et des « task forces » dédiées sur chaque axe. Cependant, interrogée par l’AFP sur le nombre exact de trains supprimés ou les lignes concernées, la SNCF n’a pas communiqué de détails supplémentaires. « Nous avons vendu près de 12 millions de billets TGV et Intercités à ce jour, pour un total de 44 000 circulations prévues sur les deux mois d’été », rappelle l’opérateur, qui souligne avoir anticipé au maximum ces ajustements.

Des lignes Intercités régulièrement critiquées

Les suppressions répétées sur ces lignes – déjà fragilisées par des difficultés structurelles – alimentent les critiques. Les associations d’usagers et les collectivités locales dénoncent depuis des années le manque d’investissement dans ces liaisons, pourtant essentielles pour de nombreuses régions. En 2027, de nouveaux trains climatisés doivent entrer en service sur les lignes Paris-Limoges-Toulouse et Paris-Clermont Ferrand, une amélioration attendue depuis longtemps.

La semaine dernière, Jean Castex, président de la SNCF, avait tenté de rassurer les voyageurs en insistant sur la mobilisation des ateliers de maintenance et des agents. « Nous faisons tout pour maintenir un service le plus normal possible, mais dans une situation exceptionnelle, on ne peut pas garantir un fonctionnement à 100 % », avait-il déclaré. Le 3 juillet, il avait salué la vente de « près de 12 millions de billets » pour les TGV et Intercités, un chiffre qui illustre l’ampleur des déplacements estivaux malgré les aléas climatiques.

Des mesures préventives pour éviter les pannes en plein été

Pour limiter les risques, la SNCF a mis en place des dispositifs spécifiques. Les équipes surveillent en continu l’état des voies et des caténaires, tandis que des « cellules de crise » sont activées dans les régions les plus touchées. « Tout le parc de voitures Corail fait l’objet d’un entretien régulier, mais leur conception ancienne ne leur permet pas de supporter des températures aussi élevées sans risque », avait expliqué l’opérateur lors des précédents épisodes caniculaires. Ces mesures visent à éviter des scénarios catastrophes, comme des trains bloqués en rase campagne avec des voyageurs et des agents exposés à des températures extrêmes.

Les TGV, bien que moins affectés, ne sont pas totalement épargnés. Leur maintenance est intensifiée, avec une attention particulière portée aux systèmes de refroidissement et aux composants électroniques sensibles à la chaleur. « Nous adaptons les circulations en fonction des prévisions météo pour préserver nos matériels », précise la SNCF, sans pour autant communiquer sur l’ampleur exacte de ces ajustements.

Et maintenant ?

Les prochains jours devraient voir les températures rester élevées dans plusieurs régions, notamment dans le sud et le centre de la France. La SNCF a indiqué qu’elle maintiendrait ses dispositifs de surveillance et de maintenance renforcée tant que le mercure restera au-dessus des seuils critiques. Quant aux nouveaux trains Intercités promis pour 2027, leur mise en service dépendra des délais de livraison et des tests de fiabilité. En attendant, les voyageurs sont invités à consulter les annonces en temps réel sur les applications et sites de l’opérateur.

Face à ces perturbations, les usagers devront composer avec des horaires modifiés et des correspondances parfois compliquées. Certains pourraient être tentés de reporter leurs déplacements ou d’opter pour d’autres modes de transport, bien que le rail reste le moyen de locomotion privilégié pendant les vacances. La SNCF, de son côté, mise sur ses efforts de communication pour limiter l’impact de ces annulations sur la qualité de service.

Des solutions à plus long terme encore attendues

Ces suppressions répétées soulèvent une fois de plus la question de la modernisation du réseau Intercités. Les associations de voyageurs et les élus locaux réclament depuis des années un plan d’investissement ambitieux pour remplacer les rames obsolètes. « Les annulations de trains en pleine canicule illustrent l’urgence d’agir », souligne un représentant d’une fédération d’usagers. La SNCF, de son côté, rappelle que les nouveaux trains prévus pour 2027 devraient apporter une amélioration significative, mais leur arrivée tarde à se concrétiser.

En attendant, les voyageurs devront s’adapter à ces aléas, tout en espérant que les prochaines vagues de chaleur – de plus en plus fréquentes – ne viennent pas aggraver la situation. La question reste entière : ces mesures temporaires suffiront-elles à garantir un service acceptable pendant les mois les plus chauds de l’année ?

Les Intercités, dont une partie du parc date des années 1980, disposent de systèmes de climatisation moins performants que ceux des TGV. Leur conception ancienne les rend également plus vulnérables aux risques de panne en cas de températures élevées, notamment au-delà de 33 °C. La SNCF craint aussi des problèmes de caténaires, un équipement sensible à la chaleur.