Depuis plusieurs semaines, la ville d’El-Obeid, située dans la région du Kordofan du Nord, subit une escalade des violences. Selon RFI, les frappes de drones menées par les Forces de soutien rapide (FSR), dirigées par le général Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemedti, se sont intensifiées, aggravant une crise humanitaire déjà alarmante.

Ce qu'il faut retenir

  • Une réunion d’urgence du Conseil des droits de l’homme de l’ONU est prévue pour ce vendredi 3 juillet 2026 afin d’examiner la dégradation de la situation à El-Obeid.
  • La ville, encerclée depuis des mois par les FSR, est désormais sous la menace directe d’une offensive majeure.
  • Les frappes de drones ont pris une ampleur inédite ces dernières semaines, selon les observateurs.

La situation à El-Obeid illustre l’intensification du conflit opposant les FSR aux forces armées régulières soudanaises. « La ville est assiégée depuis des mois, mais les frappes récentes marquent une escalade dangereuse », a souligné un responsable onusien sous couvert d’anonymat. Les infrastructures civiles, déjà fragilisées par des mois de blocus, subissent désormais des destructions ciblées. Les organisations humanitaires sur place alertent sur l’impossibilité d’acheminer des secours en raison des combats et des restrictions imposées par les belligérants.

Les FSR, bien que disposant d’une supériorité militaire dans la région, font face à une résistance tenace des forces gouvernementales. « Nous assistons à une guerre d’usure où chaque camp tente de briser le moral de l’autre », a expliqué un analyste militaire basé à Khartoum. Les frappes de drones, attribuées aux FSR, visent des positions stratégiques, mais touchent aussi des zones résidentielles, aggravant le bilan humain. Selon des estimations locales, plus de 5 000 civils ont déjà fui la ville depuis le début de l’année, tandis que les services de santé locaux signalent une augmentation des cas de malnutrition aiguë chez les enfants.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU se réunira donc aujourd’hui pour discuter des mesures à prendre face à cette dégradation. « Nous devons agir avant qu’il ne soit trop tard », a déclaré une source diplomatique. La pression internationale s’accentue pour un cessez-le-feu immédiat, mais aucun signe tangible de désescalade n’a encore été observé. Les FSR ont d’ailleurs réaffirmé leur détermination à poursuivre les opérations militaires jusqu’à la « neutralisation totale des forces ennemies ».

Et maintenant ?

La réunion du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, prévue pour aujourd’hui, pourrait déboucher sur des sanctions ciblées ou un appel au cessez-le-feu. Les organisations humanitaires, de leur côté, craignent un effondrement complet des services essentiels si l’escalade se poursuit. Une résolution onusienne, si elle est adoptée, ne serait cependant contraignante que si le Conseil de sécurité de l’ONU parvient à un consensus, ce qui reste incertain.

Côté militaire, les analystes estiment que les FSR pourraient tenter une offensive terrestre sur El-Obeid d’ici la fin du mois de juillet si l’avantage stratégique leur est favorable. « Rien n’indique pour l’instant une pause dans les hostilités », a précisé un expert en sécurité régionale. La communauté internationale, divisée sur la question, reste en retrait, tandis que les civils paient le prix le plus lourd.

La situation à El-Obeid rappelle les pires heures du conflit au Soudan, où les combats entre factions rivales ont déjà fait plus de 15 000 morts depuis 2023. Les habitants, pris au piège, n’ont d’autre choix que de se terrer dans des abris de fortune ou de tenter des évasions risquées vers des zones moins exposées. Les agences humanitaires, comme le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), appellent à un accès sans entrave pour les convois de secours, mais les parties en conflit maintiennent leurs restrictions.