Le Fonds monétaire international (FMI) a publié ce mercredi son dernier rapport World Economic Outlook, confirmant une croissance modeste pour les grandes économies européennes en 2026. Selon Euronews FR, qui relaie ces prévisions, l’Italie affiche une résilience relative avec une progression du PIB de +0,5 % pour cette année comme pour 2027. À l’inverse, la France et l’Allemagne voient leurs perspectives révisées à la baisse, reflétant un contexte économique marqué par la hausse des coûts énergétiques et une inflation persistante.
Ce qu'il faut retenir
- Italie : croissance stable à +0,5 % en 2026 et 2027, soutenue par le plan national de relance (PNRR), malgré un environnement défavorable.
- France : croissance revue à la baisse à +0,6 % en 2026 (contre +0,9 % prévu en avril), puis +0,9 % en 2027.
- Allemagne : estimation à +0,7 % en 2026 et +1,0 % en 2027, en net recul par rapport aux attentes initiales.
- Inflation mondiale : révisée à 4,7 % en 2026, avec un retour progressif vers 3,9 % en 2027, mettant fin à la tendance désinflationniste observée depuis début 2024.
- Risques géopolitiques : le Moyen-Orient reste le principal facteur de vulnérabilité, avec un scénario d’escalade susceptible d’aggraver les pressions inflationnistes.
- Engrais et denrées alimentaires : leurs prix pourraient augmenter respectivement de 26 % et 8 % en 2026, sous l’effet de la hausse des coûts énergétiques.
L’Italie, seule économie européenne en croissance stable
L’Italie se distingue dans ce tableau économique européen par sa capacité à maintenir une croissance modérée, mais constante. Selon Petya Koeva Brooks, directrice adjointe du département de la recherche du FMI, cette performance s’explique en partie par les investissements prévus dans le plan national de relance et de résilience (PNRR), qui continue de soutenir l’activité. « Les niveaux restent modestes, mais ils sont attendus », a-t-elle précisé. Cependant, la consommation des ménages reste pénalisée par la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, ainsi que par un climat économique marqué par une forte incertitude.
L’inflation italienne, elle aussi révisée à la hausse, devrait rester supérieure à l’objectif fixé par la Banque centrale européenne jusqu’en 2028. Cette dépendance accrue aux importations d’énergie expose l’économie transalpine à des risques supplémentaires, notamment en cas de tensions géopolitiques persistantes.
France et Allemagne : un ralentissement confirmé
Côté français, la croissance a été révisée à la baisse, passant de +0,9 % à +0,6 % pour 2026, selon les dernières estimations du FMI. Cette décélération reflète un contexte économique moins favorable que prévu au printemps, avec une inflation qui pèse sur le pouvoir d’achat des ménages. Pour 2027, les prévisions restent plus optimistes, avec une croissance attendue à +0,9 %, mais sans rattraper le retard accumulé.
L’Allemagne, locomotive économique de la zone euro, n’échappe pas à ce mouvement de ralentissement. Le FMI table désormais sur une progression du PIB de +0,7 % en 2026, contre des anticipations plus ambitieuses lors des précédentes révisions. En 2027, la croissance allemande devrait atteindre +1,0 %, soit un rythme légèrement supérieur à celui de la France, mais bien en deçà des performances d’avant-crise.
L’Espagne, meilleure élève de la zone euro
À l’inverse de ses voisins du nord, l’Espagne confirme sa bonne santé économique avec une croissance du PIB de +2,1 % en 2026 et +1,8 % en 2027. Ce dynamisme relatif s’inscrit dans un contexte où les économies du sud de l’Europe résistent mieux aux chocs énergétiques que les pays industrialisés du nord. Les réformes structurelles engagées ces dernières années semblent porter leurs fruits, même si les risques liés à l’inflation et aux tensions géopolitiques pèsent toujours sur les perspectives à moyen terme.
Des risques globaux qui s’accumulent
Le rapport du FMI souligne que l’inflation mondiale a été révisée à la hausse, atteignant 4,7 % en 2026, contre 4,1 % en 2025. Cette hausse, attribuée en grande partie à la dépendance aux importations d’énergie, marque un coup d’arrêt à la tendance désinflationniste observée depuis début 2024. Les prix des engrais pourraient bondir de 26 % cette année, tandis que ceux des denrées alimentaires augmenteraient de 8 %, en raison de la flambée des coûts de l’énergie et des transports. Autant dire que le retour à une stabilité des prix reste incertain.
Les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, constituent le principal risque à court terme. Une escalade des conflits pourrait non seulement pénaliser la croissance mondiale, mais aussi accentuer les pressions inflationnistes. À l’inverse, une réouverture plus rapide que prévu du détroit d’Ormuz, couplée à une baisse des prix des matières premières, pourrait améliorer les perspectives économiques et réduire l’inflation. Un scénario qui, pour l’instant, reste hypothétique.
« Une escalade des tensions géopolitiques pénaliserait la croissance et accentuerait les pressions inflationnistes. Cela étant, si la réouverture du détroit d’Ormuz se déroulait plus facilement que prévu et si les prix des matières premières s’avéraient inférieurs au scénario de référence, la croissance pourrait être plus forte et l’inflation plus faible. »
— Extrait du World Economic Outlook, FMI
Hors Europe : la Chine ralentit, l’Afrique reste contrastée
À l’échelle mondiale, la Chine continue de ralentir, avec une croissance prévue de 4,6 % en 2026 et 4,1 % en 2027. Ces chiffres, bien qu’inférieurs aux 5 % enregistrés l’an dernier, restent un seuil critique pour la stabilité du système politico-économique de Pékin. Le Brésil, lui, devrait afficher une croissance de 2,4 % en 2026, avant un léger repli l’année suivante, en phase avec la moyenne latino-américaine.
Pour l’Afrique, les prévisions restent globalement stables, avec une croissance moyenne comprise entre 4,3 % et 5,2 % en 2026. Cependant, les disparités internes sont marquées : le Nigeria pourrait atteindre 4,3 % de croissance en 2027, tandis que l’Afrique du Sud ne progresserait que de 1,3 %.
Pour les ménages et les entreprises, la prudence reste de mise. La consommation, déjà affectée par l’inflation, pourrait continuer de pâtir d’un pouvoir d’achat en berne. Les États, de leur côté, devront trouver un équilibre entre soutien à l’activité et maîtrise des déficits publics, dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires restent limitées.
L’inflation persiste principalement en raison de la dépendance aux importations d’énergie et de la hausse des coûts des denrées alimentaires. Selon le FMI, relayé par Euronews FR, ces facteurs maintiennent les prix au-dessus des objectifs fixés par les banques centrales, au moins jusqu’en 2028. Les tensions géopolitiques, comme celles observées au Moyen-Orient, aggravent cette situation en perturbant les approvisionnements et en faisant flamber les prix des matières premières.