Najaf, Irak — Des milliers de fidèles chiites se sont rassemblés hier, mercredi 7 juillet 2026, pour saluer le passage du cortège funéraire du défunt guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans l’une des villes les plus saintes du chiisme irakien. Selon Euronews FR, la procession a traversé Najaf, où des foules en deuil ont entouré le camion transportant le cercueil, marquant la première étape des funérailles en Irak avant un retour en Iran.
Ce qu'il faut retenir
- Première étape irakienne : Le cortège funéraire d’Ali Khamenei a traversé Najaf, ville sainte chiite, avant de se diriger vers Karbala.
- Hommages spontanés : Des milliers de personnes ont touché le camion funéraire, une pratique courante dans le chiisme, tandis que d’autres ont lancé des foulards et objets personnels aux accompagnateurs.
- Objet de bénédiction : Les effets mis au contact du cercueil sont considérés comme bénis par les fidèles chiites d’Iran et d’Irak.
- Destination finale : Le corps de Khamenei doit être rapatrié en Iran pour être inhumé jeudi au mausolée de l’imam Reza, à Machhad, sa ville natale.
- Rassemblement massif : Les images montrent des foules compactes autour du véhicule, illustrant l’importance symbolique de l’événement.
Les vidéos diffusées par Euronews FR révèlent une scène intense : la foule, en larmes et vêtue de noir, se pressait autour du camion funéraire. Certains fidèles ont tendu les mains pour toucher le véhicule, tandis que d’autres lançaient des foulards, des écharpes ou des pièces de tissu en direction des accompagnateurs. Ces derniers frottaient les objets contre le cercueil avant de les restituer à leurs propriétaires — une tradition chiite qui confère à ces objets une dimension sacrée. « Ces gestes s’inscrivent dans la piété populaire chiite, où le contact avec les cercueils des figures saintes ou des dirigeants est perçu comme une source de bénédiction », explique un spécialiste des religions interrogé par la rédaction.
Najaf, située à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad, est la première étape irakienne du cortège funéraire. La procession doit ensuite poursuivre vers Karbala, autre ville sainte du chiisme, avant que les restes d’Ali Khamenei ne soient rapatriés en Iran. Le guide suprême iranien, décédé mardi 6 juillet 2026 à l’âge de 87 ans, sera inhumé jeudi au mausolée de l’imam Reza, à Machhad, conformément à ses dernières volontés. Son décès marque la fin d’une ère pour la République islamique, où il occupait le poste de guide suprême depuis 1989.
Un cortège symbolique entre deux pays alliés
Le passage du convoi à Najaf n’est pas anodin : l’Iran et l’Irak, tous deux majoritairement chiites, entretiennent des liens étroits, tant sur le plan religieux que politique. « Ce déplacement en Irak souligne l’importance des relations entre les deux pays, renforcées depuis la levée des sanctions internationales contre Téhéran en 2015 », précise un analyste basé à Bagdad. Les images de milliers de fidèles irakiens rendant hommage au défunt guide iranien témoignent de cette proximité, même si des tensions persistent sur la scène régionale.
Les autorités irakiennes ont déployé des moyens importants pour sécuriser le trajet du convoi. Des barrages policiers et des contrôles stricts ont été mis en place le long de l’axe Najaf-Karbala, tandis que des haut-parleurs diffusaient des chants religieux pour guider la foule. Selon un porte-parole du gouvernement irakien, « la sécurité a été renforcée pour éviter tout incident, dans un contexte où les tensions entre communautés religieuses peuvent parfois dégénérer ».
Cette journée de deuil illustre aussi la dimension transnationale du chiisme, qui unit des millions de fidèles à travers le Moyen-Orient. « Les scènes observées à Najaf rappellent que, malgré les divisions politiques, la religion reste un ciment fort entre les communautés », note un chercheur en géopolitique. Les prochains jours diront si ce moment de communion populaire aura des répercussions durables sur la scène régionale.
Le passage par Najaf et Karbala s’inscrit dans une tradition chiite : ces villes sont considérées comme des lieux saints, et le trajet permet aux fidèles irakiens de rendre hommage au défunt guide. Selon les rites chiites, ces étapes symboliques renforcent la légitimité religieuse du défunt.