À l’ère des applications de rencontre et des algorithmes censés trouver l’âme sœur, la bonne vieille petite annonce dans le journal n’a pas dit son dernier mot. Selon Ouest France, cette pratique, souvent associée aux générations plus âgées, séduit encore aujourd’hui des candidats de tous âges, motivés par des raisons aussi variées que l’isolement social ou les difficultés à maîtriser le numérique.
Ce qu'il faut retenir
- 3 profils de candidats à l’amour par petites annonces : Daniel, Jeanine et Fabrice*, tous motivés par des raisons différentes
- L’isolement social et la fracture numérique restent des facteurs clés pour expliquer ce choix
- La presse écrite conserve un rôle dans ce domaine, malgré la domination des plateformes en ligne
- Les attentes des annonceurs restent classiques : gentillesse, sérieux et authenticité
Daniel, Jeanine et Fabrice* ont en commun une même démarche : celle de s’être tournés vers les petites annonces du journal pour tenter de rencontrer l’amour. Trois parcours qui illustrent une réalité moins connue qu’il n’y paraît. Car si les applications comme Tinder ou Meetic trustent l’essentiel des recherches amoureuses, une frange non négligeable de la population continue de croire en la méthode traditionnelle. Un tiers des 60 ans et plus, selon une étude récente, déclarent avoir déjà utilisé ce canal, un chiffre qui surprend encore les observateurs.
Leur point commun ? Aucun ne maîtrise parfaitement les outils numériques. Jeanine, 78 ans, avoue sans détour :
« Les sites de rencontre, c’est trop compliqué pour moi. Entre les photos à uploader, les messages à envoyer et les filtres à comprendre, je m’y perds. »De son côté, Daniel, 65 ans, explique avoir voulu éviter les rencontres virtuelles, qu’il juge trop impersonnelles :
« Sur Internet, on ne sait jamais si la personne est sincère. Dans le journal, au moins, on voit qu’elle a pris le temps d’écrire, de se présenter. »
Fabrice*, 42 ans, représente une autre catégorie d’adeptes. Sans être totalement étranger aux nouvelles technologies, il a préféré cette option par lassitude des échanges superficiels en ligne.
« J’en avais assez des profils qui se ressemblent tous et des discussions qui s’arrêtent net après deux messages. Ici, on a au moins une chance de tomber sur quelqu’un qui a une vraie personnalité. »Son annonce, publiée dans un quotidien régional, a reçu une dizaine de réponses en deux semaines, un succès relatif mais encourageant.
Le phénomène n’est pas uniquement l’apanage des seniors. Les moins de 50 ans, bien que minoritaires, représentent désormais près de 15 % des utilisateurs de ce type de petites annonces, selon les données compilées par Ouest France. Un public souvent composé de personnes en situation de handicap, de parents célibataires ou de travailleurs dont les horaires ne leur permettent pas de multiplier les rencontres en ligne.
Les attentes, elles, restent intangibles depuis des décennies. « J’espère trouver quelqu’un de gentil, de sérieux », résume Jeanine. Une phrase qui résume à elle seule l’essentiel des motivations : chercher l’authenticité là où les algorithmes peinent à la garantir. Les critères de sélection mentionnés dans les annonces restent classiques : honnêteté, stabilité professionnelle, projets communs. Autant de valeurs qui tranchent avec l’immédiateté et le consumérisme des plateformes numériques.
Pour Daniel, Jeanine et Fabrice*, l’objectif reste le même : trouver une personne avec qui partager des moments simples, loin des écrans et des notifications. Une quête intemporelle, qui prouve que malgré l’évolution des technologies, certaines méthodes gardent toute leur pertinence.
Non, même si les seniors restent majoritaires, près de 15 % des utilisateurs ont moins de 50 ans. Ce public comprend notamment des parents célibataires, des personnes en situation de handicap ou des travailleurs dont les horaires limitent les rencontres en ligne.