Une semaine après les deux séismes qui ont frappé le Venezuela le 24 juin 2026, la capitale Caracas reste paralysée par le deuil et l’incertitude, selon Courrier International. Entre l’impossible retour à la normale et la terreur des répliques incessantes, la ville s’organise malgré tout pour tenter de surmonter cette crise historique.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 600 répliques enregistrées depuis le 24 juin, selon la Funvisis (Fondation vénézuélienne de recherches en sismologie).
  • Les écoles ont rouvert le 6 juillet, mais uniquement dans les zones non touchées par les tremblements de terre.
  • Des dizaines de volontaires creusent encore les décombres à la recherche de victimes dans des quartiers comme Palos Grandes.
  • Le quotidien El Nacional, en exil depuis 2015, reste un média de référence malgré son blocage au Venezuela.

Une capitale sous le choc, entre deuil et peur des répliques

Une semaine après les deux séismes qui ont frappé le Venezuela le 24 juin, Caracas porte encore les stigmates de la catastrophe. Dans les rues de la capitale, la circulation est ralentie par la douleur et l’appréhension, note Courrier International. Les écoles, fermées depuis le drame, ont repris leurs activités le 6 juillet, mais uniquement dans les zones épargnées par les secousses. Les bureaux fonctionnent au ralenti, tandis que les piétons scrutent les façades des bâtiments, craignant de nouvelles fissures.

Le traumatisme est d’autant plus profond que les répliques ne cessent de se multiplier. Selon la Funvisis, plus de 600 secousses ont été enregistrées depuis le premier tremblement de terre. « On ne peut pas s’éloigner de ses proches, ni des lieux où nos proches ont disparu », confie un habitant à Courrier International.

Des quartiers en quête de réponses, des familles en attente

Dans des quartiers comme Palos Grandes, en banlieue est de Caracas, l’espoir persiste malgré l’urgence. « Certains refusent encore d’abandonner l’idée de retrouver leurs proches sous les décombres », explique Courrier International. À trente minutes de là, des dizaines de volontaires, armés de pioches et de pelles, se relaient sans relâche pour extraire les victimes des décombres. Leur tâche est colossale : soulever des blocs de béton et des poutres métalliques sous une chaleur étouffante.

Parmi eux, Eddie Tirado, 41 ans, travaille sans relâche depuis le 25 juin. Comme lui, des centaines de personnes participent aux opérations de secours, souvent dans des conditions précaires. « Chaque minute compte », a-t-il déclaré à Courrier International.

El Nacional, un média en exil qui résiste

Le quotidien El Nacional, autrefois le plus lu et le plus indépendant du Venezuela, incarne aujourd’hui la résistance face à l’autoritarisme. Fondé en 1943, le journal a été ciblé par la répression judiciaire sous les régimes de Hugo Chávez puis de Nicolás Maduro. En 2018, il a dû cesser sa publication papier et se tourne désormais vers le web, avec des serveurs à l’étranger. « Aucune frontière, aucune censure ne nous arrêtera », avait-il alors affirmé.

Depuis 2022, son site Internet est bloqué au Venezuela, mais le titre reste une référence pour l’opposition au chavisme. Son directeur, Miguel Henrique Otero, vit en exil en Espagne depuis 2015. En décembre 2025, il revendiquait 12 millions de visiteurs uniques par mois, un chiffre qui témoigne de son influence persistante malgré les obstacles.

Un pays à reconstruire, entre urgence et incertitude

La priorité immédiate reste la recherche des disparus et la sécurisation des zones sinistrées. Les autorités vénézuéliennes n’ont pas encore communiqué de bilan définitif, mais les dégâts sont visibles à l’œil nu. Les bâtiments fissurés, les rues endommagées et l’atmosphère lourde rappellent l’ampleur de la catastrophe. « On ne sait pas quand tout cela va s’arrêter », confie un résident de Junquito, une zone touristique proche de Caracas.

Pourtant, malgré l’angoisse, la solidarité s’organise. Les habitants partagent les vivres, s’entraident pour nettoyer les décombres, et tentent de maintenir un semblant de vie quotidienne. Les autorités ont annoncé des mesures d’urgence, mais leur mise en œuvre reste à confirmer sur le terrain.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront en grande partie de l’évolution des répliques et de l’efficacité des secours. Les autorités devraient prochainement dévoiler un plan de reconstruction, mais aucune date précise n’a été avancée. D’ici là, la population reste en alerte, prête à réagir à la moindre secousse. Les médias comme El Nacional continueront de jouer un rôle clé dans l’information, malgré les restrictions.

Pour l’heure, Caracas reste suspendue entre deuil et espoir. La ville tente de panser ses plaies, mais l’ombre des séismes plane toujours. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si le Venezuela pourra enfin tourner cette page tragique.

Les séismes du 24 juin 2026 ont provoqué des dégâts majeurs à Caracas et ses environs. Bien que le bilan officiel ne soit pas encore connu, les images montrent des bâtiments fissurés, des infrastructures endommagées et des opérations de secours en cours. La Funvisis a enregistré plus de 600 répliques depuis la catastrophe, selon Courrier International.

El Nacional publie ses articles via des serveurs situés à l’étranger et utilise des réseaux privés virtuels (VPN) pour contourner le blocage de son site au Venezuela. Malgré l’exil de son directeur, Miguel Henrique Otero, le journal reste accessible aux Vénézuéliens grâce à ces solutions techniques, avec plus de 12 millions de visiteurs uniques par mois en décembre 2025, selon ses propres chiffres.