« Les conditions météorologiques défavorables complexifient encore nos manœuvres et confirment nos inquiétudes », a déclaré mercredi 8 juillet le lieutenant-colonel des pompiers Nicolas Héritier, alors que plus de 430 sapeurs-pompiers tentent de contenir un incendie qui ravage depuis six jours une zone forestière inhabitée du sud de la Drôme. Selon Le Figaro, le feu progresse peu mais reste très actif, couvrant une superficie d’environ 2 500 hectares, malgré les efforts des secours.

Ce qu'il faut retenir

  • 430 pompiers mobilisés pour lutter contre un incendie démarré le 2 juillet dans la Drôme, toujours actif après six jours.
  • Le feu couvre 2 500 hectares, mais les secours parviennent à limiter sa progression malgré des conditions difficiles : chaleur, sécheresse et vents forts.
  • 450 enfants évacués mardi de deux colonies de vacances, tandis que les habitants de deux villages, Barsac et Montmaur-en-Diois, avaient été évacués dès lundi par précaution.
  • Les moyens aériens se limitent à un hélicoptère lourd bombardier d’eau et un appareil de reconnaissance en raison de priorités ailleurs dans le sud de la France.
  • Le feu, d’origine naturelle (foudre le 24 juin), s’est réactivé une semaine plus tard en raison de vents violents et de températures élevées.

Un incendie toujours actif malgré des moyens renforcés

Près de six jours après son déclenchement, l’incendie qui frappe une zone montagneuse inhabitée du sud de la Drôme n’est « toujours pas fixé », selon le lieutenant-colonel Héritier. Les flammes restent éloignées des zones habitées, mais la situation reste sous haute surveillance. En début de semaine, les autorités avaient évacué 250 habitants de Barsac et Montmaur-en-Diois, puis 450 enfants de deux colonies de vacances mardi. Mercredi en fin d’après-midi, la préfecture a indiqué qu’aucune évacuation supplémentaire n’était nécessaire dans le secteur.

Pour tenter de maîtriser le sinistre, les effectifs des pompiers vont être portés à 430 personnels en soirée, avec des renforts provenant du Gard et du Vaucluse. À partir de jeudi, 120 militaires de l’armée de terre spécialisés dans la lutte contre les feux de forêt viendront renforcer les équipes au sol. Cependant, les moyens aériens restent limités : seul un hélicoptère lourd bombardier d’eau et un appareil de reconnaissance opèrent sur place, les deux Canadair initialement attendus ayant été redirigés vers d’autres incendies dans le sud du pays où des habitations sont menacées.

Des conditions météo défavorables et un terrain difficile

L’incendie, attisé par une chaleur persistante (jusqu’à 35 °C) et des vents du Nord atteignant 20 km/h avec des rafales à 45 km/h, se propage dans un secteur très escarpé et difficile d’accès. « Les températures élevées, la sécheresse et le vent rendent les manœuvres particulièrement complexes », a souligné le lieutenant-colonel Héritier. Le feu, né d’un premier départ de feu provoqué par la foudre le 24 juin puis éteint le lendemain, s’est réveillé une semaine plus tard en raison des conditions météorologiques extrêmes.

Les habitants de Die, comme Yvan Bringard, 56 ans, voient les flammes depuis leur domicile sans pour autant se sentir directement menacés. « Les pompiers sont sereins, rassurés, et ça nous rassure aussi », a-t-il témoigné. Plusieurs soldats du feu ont même été accueillis pour la nuit chez ce retraité. Malgré l’absence de danger immédiat pour les habitations, la vigilance reste de mise, d’autant que la sécheresse persistante et le relief accidenté compliquent l’intervention des secours.

Un autre incendie mobilise 276 pompiers en Ardèche

Dans le département voisin de l’Ardèche, 276 sapeurs-pompiers sont également mobilisés pour lutter contre un autre feu de végétation. Ce sinistre, qui a parcouru 90 hectares, a déjà provoqué quatre malaises parmi les intervenants, dont un transporté à l’hôpital. Bien que moins médiatisé, ce feu illustre la pression exercée sur les moyens de secours cet été, alors que plusieurs régions françaises font face à des risques accrus d’incendies.

Ces deux incendies surviennent dans un contexte de canicule et de sécheresse marquée, avec des températures élevées et un taux d’humidité très bas, favorisant la propagation des feux. Les autorités appellent à la prudence, notamment à l’approche des fêtes du 14 juillet, traditionnellement marquées par des feux d’artifice et des rassemblements en extérieur.

Et maintenant ?

Les prévisions météorologiques indiquent que les conditions resteront défavorables dans les prochains jours, avec des températures élevées et des vents soutenus. Les autorités pourraient maintenir les évacuations préventives si la situation venait à se dégrader. Une évaluation de la situation est prévue pour jeudi, après l’arrivée des renforts militaires. Par ailleurs, des restrictions d’accès pourraient être renforcées dans les zones forestières pour limiter les risques de nouveaux départs de feu.

Si la progression du feu semble contenue, son extinction totale pourrait prendre plusieurs jours supplémentaires, en fonction des conditions météorologiques et des moyens déployés. Les autorités rappellent que l’origine naturelle du sinistre dans la Drôme – un éclair ayant provoqué un premier feu le 24 juin – rappelle l’importance de la prévention, notamment en période de forte chaleur.

Dans l’attente, les habitants des zones proches restent sous surveillance, tandis que les pompiers continuent de travailler sans relâche pour limiter l’impact de cet incendie, l’un des plus importants de l’été dans le sud-est de la France.

Les deux Canadair initialement prévus pour la Drôme ont été redirigés vers d’autres incendies dans le sud de la France, où des habitations étaient directement menacées. Cette priorisation s’explique par l’urgence à protéger les populations et les biens, selon les explications fournies par le lieutenant-colonel des pompiers Nicolas Héritier.