Alors que la Coupe du monde 2026 bat son plein en Amérique du Nord sous une chaleur parfois étouffante, les organisateurs et les joueurs doivent composer avec des conditions météorologiques extrêmes. Selon Futura Sciences, le football figure parmi les sports les plus exposés aux aléas climatiques, aux côtés du golf ou de la voile. Orages, canicules, inondations et tempêtes de neige ont, par le passé, provoqué des interruptions de matchs, voire des drames humains.

Ce qu'il faut retenir

  • En 1998 au Congo, 11 joueurs d’une même équipe ont été foudroyés lors d’un match, probablement en raison de leurs crampons métalliques.
  • En 2024 au Pérou, un joueur est mort et neuf autres ont été blessés après qu’un éclair ait frappé le terrain en direct à la télévision.
  • La Coupe du monde 1994 aux États-Unis avait été marquée par des températures dépassant 35 °C, entraînant des problèmes de déshydratation.
  • Des matchs ont été reportés ou annulés en raison de pluies diluviennes, comme en 2012 lors du match Pologne-Angleterre.
  • Les stades modernes intègrent désormais des toits fermés ou rétractables pour limiter ces risques.

La foudre, une menace récurrente sur les terrains

Parmi les phénomènes météo les plus redoutés sur un terrain de football figure la foudre. Selon Futura Sciences, les cas de foudroiement survenus lors de matchs sont rares mais souvent mortels. Le 27 octobre 1998, en République démocratique du Congo, un orage violent a frappé deux équipes s’affrontant dans le village de Bena Tshadi. Alors que le score était de 1-1, la foudre a touché le sol et décimé l’intégralité des 11 joueurs de l’équipe de Bena Tshadi, âgés de 20 à 35 ans. Trente autres personnes, dont des joueurs adverses et des spectateurs, ont été brûlées mais sans gravité.

Un détail pourrait expliquer cette tragédie : les joueurs de l’équipe adverse, Basangana, portaient des crampons moulés en plastique, tandis que ceux de Bena Tshadi arboraient des crampons métalliques, connus pour attirer la foudre. Cet événement, filmé et documenté, reste l’un des plus marquants de l’histoire du football.

Un drame en direct au Pérou en 2024

Plus récemment, le 3 novembre 2024, un autre cas de foudroiement a été capté en direct lors d’un match au Pérou. Alors que les joueurs s’apprêtaient à entrer sur le terrain, un éclair a frappé l’un d’eux, le tuant instantanément. Neuf autres footballeurs se sont effondrés, certains se relevant rapidement. Parmi eux, Jose Hugo de la Cruz Meza, 39 ans, n’a pas survécu à ses blessures. Cinq joueurs ont été hospitalisés, dont un avec des brûlures graves.

Ces incidents rappellent l’importance de respecter les consignes de sécurité en cas d’orage, comme l’arrêt immédiat des matchs et l’évacuation des joueurs et des spectateurs vers des abris.

Canicules et tempêtes de neige : d’autres défis pour le football

Les canicules figurent également parmi les principaux risques météo pour les footballeurs. Lors de la Coupe du monde 1994 aux États-Unis, les températures ont souvent dépassé les 35 °C, avec un taux d’humidité élevé. Plusieurs joueurs ont souffert de déshydratation et de crampes, certains décrivant même un sol « brûlant ». Ce n’est qu’en 2014 que la FIFA a instauré des pauses hydratation obligatoires lors des matchs disputés sous forte chaleur.

Les tempêtes de neige, quant à elles, ont également perturbé des rencontres. En décembre 2013, à Istanbul, un match entre Galatasaray et la Juventus a dû être interrompu après 32 minutes en raison d’une tempête de neige rendant les lignes du terrain invisibles. Plus récemment, en 2021 en Espagne, le match Osasuna-Real Madrid s’est joué sous une épaisse couche de neige, tandis qu’en 2024 aux États-Unis, des joueurs évoluaient dans des conditions de visibilité quasi nulle.

Des stades de plus en plus adaptés aux aléas climatiques

Face à ces risques, les infrastructures sportives évoluent. De nombreux stades modernes, notamment ceux construits pour la Coupe du monde 2026, sont désormais équipés de toits entièrement fermés ou rétractables. Cette innovation permet de protéger les joueurs et les spectateurs des intempéries, qu’il s’agisse de canicules, d’orages ou de neige.

« Les stades doivent désormais intégrer des normes de sécurité strictes pour faire face aux changements climatiques », explique Karine Durand, spécialiste météo et environnement interrogée par Futura Sciences. Les matériaux utilisés, les systèmes de drainage ou encore les équipements de refroidissement sont autant de solutions pour limiter les risques. »

Et maintenant ?

La Coupe du monde 2026 pourrait bien établir un record : celui de la compétition la plus exposée aux aléas météo, selon certains observateurs. D’ici la fin du tournoi, prévu le 19 juillet 2026, les organisateurs devront redoubler de vigilance face aux orages annoncés dans plusieurs villes hôtes. Des systèmes d’alerte en temps réel et des protocoles d’évacuation renforcés seront probablement testés lors de cette édition. Reste à savoir si ces mesures suffiront à éviter de nouveaux incidents.

Alors que le football continue de s’adapter aux défis climatiques, une chose est certaine : la météo restera, pour longtemps encore, un acteur à part entière des compétitions sportives.

Les crampons métalliques, contrairement à ceux en plastique, sont conducteurs d’électricité. En cas de foudre, ils augmentent le risque d’électrocution pour le joueur qui les porte, car ils favorisent la propagation du courant dans le corps. C’est ce qui expliquerait, en partie, la tragédie survenue au Congo en 1998.