À Libreville, la capitale gabonaise, l'accès à l'eau potable est devenu plus rare que le franc CFA de 10 000, selon les habitants. Depuis le 1er juillet 2026, le gouvernement gabonais a décrété l'état d'urgence hydrique sur l'ensemble du territoire national, en raison d'une pénurie d'eau aggravée par une faible pluviométrie et des infrastructures vétustes. L'armée a été mobilisée pour organiser la distribution de l'eau dans les quartiers les plus touchés, tandis que la population tente de s'adapter à cette situation exceptionnelle.

Ce qu'il faut retenir

  • Déclaration de l'état d'urgence hydrique au Gabon le 1er juillet 2026, couvrant tout le territoire.
  • Mobilisation de l'armée pour la distribution d'eau dans les quartiers de Libreville et ses environs.
  • Faible pluviométrie et vétusté des installations à l'origine de la pénurie.
  • Les habitants décrivent une situation où l'eau est « plus rare qu'un billet de 10 000 francs CFA ».

Une crise aux origines multiples

La pénurie d'eau qui frappe Libreville et sa périphérie s'explique par plusieurs facteurs, comme le précise RFI. D'une part, les précipitations insuffisantes enregistrées ces derniers mois ont réduit les réserves des principaux points de captage. D'autre part, le réseau de distribution, vieillissant et mal entretenu, peine à acheminer l'eau disponible vers les ménages. « Les infrastructures, certaines datant de l'époque coloniale, n'ont pas été modernisées depuis des décennies », explique un expert cité par la radio. Cette combinaison de facteurs a plongé la capitale gabonaise dans une crise sans précédent.

L'armée en première ligne pour pallier l'urgence

Face à l'ampleur de la crise, le gouvernement a choisi de mobiliser l'armée pour organiser la distribution de l'eau. Des camions-citernes militaires quadrillent désormais les quartiers les plus touchés, où les habitants doivent parfois patienter des heures pour remplir des bidons. « Les forces armées sont chargées de sécuriser et d'optimiser la distribution, mais aussi de sensibiliser la population à l'économie de la ressource », indique un communiqué officiel. Malgré ces mesures, de nombreux Librevillois dénoncent des inégalités dans l'accès à l'eau, certains quartiers bénéficiant de distributions plus régulières que d'autres.

— Selon des témoignages recueillis par RFI, la situation est particulièrement tendue dans les zones périphériques, où les infrastructures de distribution sont quasi inexistantes. « On se bat pour quelques seaux d'eau par jour, alors qu'avant, on avait des robinets qui coulaient en permanence », confie une habitante du quartier de Nombakélé. —

Quelles perspectives pour les prochains mois ?

L'état d'urgence hydrique est déclaré pour une durée initiale de trois mois, renouvelable si nécessaire. Le gouvernement a annoncé un plan d'urgence de 15 milliards de francs CFA pour réhabiliter les infrastructures et creuser de nouveaux forages. « Ces fonds serviront aussi à former des techniciens locaux et à moderniser le réseau », précise le ministre de l'Eau. Cependant, les experts soulignent que les travaux prendront plusieurs mois avant de porter leurs fruits. En attendant, les autorités appellent à une utilisation rationnelle de l'eau et à la limitation des gaspillages.

Et maintenant ?

D'après les prévisions météorologiques, la saison des pluies pourrait apporter un répit à partir de septembre 2026. Cependant, les autorités gabonaises restent prudentes : « Même avec un retour des précipitations, la remise en état du réseau prendra du temps. Nous devons nous préparer à une crise prolongée », a souligné un responsable gouvernemental. Pour l'heure, l'accent est mis sur la gestion immédiate de la pénurie, tandis que des discussions sont en cours pour définir une stratégie à long terme, incluant la diversification des sources d'approvisionnement en eau.

Cette crise hydrique illustre plus largement les défis que doit relever le Gabon en matière d'adaptation au changement climatique et de modernisation de ses infrastructures. Avec une population urbaine en forte croissance et des ressources naturelles de plus en plus sollicitées, les autorités devront concilier urgence immédiate et investissements durables pour éviter que de telles situations ne se reproduisent.

Selon RFI, les zones périphériques comme Nombakélé, Glass et Lalala sont particulièrement affectées en raison de l'absence d'infrastructures de distribution adaptées. Ces quartiers dépendent presque exclusivement des distributions militaires.

Initialement déclaré pour trois mois, le dispositif pourrait être prolongé si la situation ne s'améliore pas d'ici octobre 2026, comme l'a indiqué le gouvernement gabonais.