Une confusion diplomatique oppose depuis plusieurs jours le Ghana et l’Afrique du Sud après des déclarations contradictoires concernant l’annulation d’une visite officielle du président sud-africain, Cyril Ramaphosa. Selon Courrier International, tout a commencé le 30 juin 2026 au Cap, où des migrants zimbabwéens patientaient devant le consulat du Zimbabwe dans un contexte de violences xénophobes croissantes en Afrique du Sud.
Ce qu'il faut retenir
- Un porte-parole du gouvernement ghanéen a affirmé à la BBC le 7 juillet 2026 que la visite de Cyril Ramaphosa avait été annulée en raison des tensions xénophobes en Afrique du Sud.
- La présidence sud-africaine a démenti toute annulation, évoquant simplement un report d’un forum bilatéral entre les deux pays.
- Les échanges diplomatiques entre Accra et Pretoria s’inscrivent dans un contexte de montée des violences anti-immigrés en Afrique du Sud, poussant des milliers d’étrangers à quitter le pays début juillet 2026.
- Le 2 juillet 2026, la ministre sud-africaine de la Justice avait déjà exprimé son inquiétude face à cette vague de xénophobie.
Le débat a pris de l’ampleur mardi 7 juillet 2026, lorsque la BBC a relayé les propos d’un porte-parole du gouvernement ghanéen, affirmant que la visite d’État de Cyril Ramaphosa avait été « annulée » en réaction aux violences xénophobes qui secouent l’Afrique du Sud. Une déclaration qui a immédiatement suscité des réactions enflammées.
Quelques heures plus tard, l’hebdomadaire sud-africain Mail & Guardian a publié un démenti cinglant. Selon ses informations, aucune demande de visite d’État n’a été formulée par Pretoria. Le porte-parole de Cyril Ramaphosa, Vincent Magwenya, a précisé à News24 qu’il s’agissait simplement d’un report d’un forum de discussions bilatérales, sans que les tensions xénophobes n’aient été mentionnées dans les échanges entre les deux pays.
« Il n’y a eu aucune demande de visite d’État [de notre part] », a déclaré Vincent Magwenya au média sud-africain. « Nous avons simplement proposé de reporter un forum de discussions bilatérales. »
Pourtant, le gouvernement ghanéen avait maintenu sa position quelques heures plus tôt. Un porte-parole cité par la BBC avait expliqué que « les deux pays ont envoyé une communication indiquant qu’il serait préférable de reporter la visite en raison du climat actuel autour de la xénophobie ». Une version que Pretoria conteste fermement, s’appuyant sur des notes diplomatiques pour appuyer ses dires.
Cette passe d’armes s’inscrit dans un contexte régional tendu. Depuis le début du mois de juillet 2026, l’Afrique du Sud fait face à une recrudescence de violences xénophobes visant les migrants africains. Les autorités sud-africaines ont reconnu une crise majeure, avec des milliers d’étrangers contraints de quitter le pays. Dès le 2 juillet, la ministre sud-africaine de la Justice avait tiré la sonnette d’alarme, qualifiant la situation d’« alarmante ».
Les tensions entre Accra et Pretoria ne sont pas isolées. Elles s’ajoutent à une série de frictions diplomatiques qui illustrent la fragilité des relations régionales en Afrique. Les autorités ghanéennes, qui abritent une importante diaspora sud-africaine, ont toujours adopté une position ferme contre la xénophobie, multipliant les condamnations publiques ces dernières semaines.
Pour comprendre l’ampleur du phénomène, il faut rappeler que l’Afrique du Sud accueille des millions de migrants en provenance de pays voisins, notamment du Zimbabwe, du Mozambique ou encore du Nigeria. Les violences xénophobes, récurrentes depuis les années 2000, ont connu une résurgence en 2019, puis à nouveau en 2026, poussant des milliers de personnes à fuir le pays.
Cette polémique rappelle que, malgré les déclarations d’intention, les crises migratoires et les tensions xénophobes continuent de fragiliser la cohésion régionale. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si l’Afrique du Sud parviendra à endiguer cette vague de violence et si les pays voisins, comme le Ghana, maintiendront leur soutien diplomatique.
En attendant, les migrants africains restent les premières victimes de cette instabilité, contraints de choisir entre la sécurité et la précarité, entre le départ et l’enracinement.
Selon les déclarations d’un porte-parole du gouvernement ghanéen rapportées par la BBC, la visite aurait été annulée en raison du climat de tensions xénophobes qui prévaut actuellement en Afrique du Sud. Accra aurait estimé que le contexte ne permettait pas d’organiser une visite officielle dans de bonnes conditions.
La présidence sud-africaine s’appuie sur des notes diplomatiques pour affirmer qu’aucune demande de visite d’État n’a été formulée. Selon Vincent Magwenya, porte-parole de Cyril Ramaphosa, il s’agissait simplement d’un report technique d’un forum bilatéral, sans lien avec les violences xénophobes.