À l'heure où les spéculations sur une éventuelle cession du Groenland à un État étranger resurgissent, la Première ministre danoise Mette Frederiksen a tenu à clarifier la position de son gouvernement. Dans une déclaration relayée ce 8 juillet 2026 par BMF - International, elle a rappelé avec fermeté que « le Groenland n'est bien évidemment pas à vendre ». Une affirmation qui intervient dans un contexte où les tensions géopolitiques et les convoitises sur les ressources stratégiques de l'île arctique s'intensifient.
Ce qu'il faut retenir
- Le Groenland reste sous souveraineté danoise et n'est pas un territoire négociable, selon les propos de Mette Frederiksen, Première ministre du Danemark.
- Les spéculations récentes ont été alimentées par des rumeurs de discussions informelles entre Copenhague et certains pays intéressés par les ressources naturelles du territoire.
- L'île, autonome depuis 2009, dispose d'importantes réserves de terres rares, de pétrole et de gaz, ce qui en fait un enjeu économique et stratégique majeur.
- Mette Frederiksen a souligné que le Groenland « fait partie intégrante du royaume danois » et que toute cession serait juridiquement impossible sans un référendum local.
Une souveraineté danoise incontestée, malgré les rumeurs
Les propos de Mette Frederiksen interviennent alors que des médias internationaux évoquaient, ces dernières semaines, des contacts entre le Danemark et plusieurs États étrangers au sujet d'éventuels accords économiques impliquant le Groenland. Selon BMF - International, ces spéculations avaient pris une telle ampleur que le gouvernement danois a jugé nécessaire de réagir publiquement. La Première ministre a précisé que le statut du Groenland était « non négociable » et que son autonomie, acquise en 2009, ne remettait pas en cause la souveraineté de Copenhague sur l'île.
Elle a également rappelé que toute modification du statut du Groenland devrait obtenir l'approbation des Groenlandais eux-mêmes, conformément à la loi sur l'autonomie locale. « Le peuple groenlandais décidera de son avenir », a-t-elle déclaré, ajoutant que les discussions actuelles relevaient de la « désinformation » et qu'aucune négociation n'était en cours.
Le Groenland, un territoire convoité pour ses ressources
L'intérêt accru pour le Groenland s'explique principalement par ses ressources naturelles. L'île abrite des gisements parmi les plus importants au monde en terres rares, des minerais essentiels à la fabrication des technologies vertes et des équipements électroniques. Selon les estimations de l'US Geological Survey, le sous-sol groenlandais contiendrait jusqu'à 1,5 million de tonnes de terres rares, soit près de 10 % des réserves mondiales connues. Ces ressources, couplées à d'importantes réserves de pétrole et de gaz, en font un territoire stratégique, notamment pour les grandes puissances comme les États-Unis, la Chine et l'Union européenne.
Copenhague, qui finance une partie du budget groenlandais à hauteur de 3,9 milliards de couronnes danoises par an (environ 520 millions d'euros), cherche à concilier développement économique local et préservation de la souveraineté. En 2023, le Danemark a d'ailleurs signé un accord avec Nuuk pour soutenir l'exploitation minière tout en renforçant les infrastructures locales.
Une autonomie qui limite les marges de manœuvre de Copenhague
Depuis 2009, le Groenland dispose d'une autonomie étendue, gérant ses propres affaires intérieures, son éducation et sa santé, mais la politique étrangère et la défense restent du ressort du Danemark. Cette situation crée une équation complexe pour Copenhague : comment préserver l'unité du royaume tout en répondant aux aspirations indépendantistes croissantes à Nuuk ? Le parti Siumut, au pouvoir au Groenland, défend une ligne autonomiste modérée, mais certains mouvements politiques locaux poussent pour une indépendance complète dans les décennies à venir.
Dans ce contexte, les propos de Mette Frederiksen s'inscrivent dans une stratégie de communication visant à rassurer les partenaires internationaux et à réaffirmer la ligne officielle. « Nous ne sommes pas en train de négocier la vente ou la cession du Groenland. C'est une question de principe », a-t-elle insisté, rappelant que le territoire était « indissociable » de l'identité danoise.
Si les tensions géopolitiques autour de l'Arctique persistent, la question de la souveraineté groenlandaise devrait rester au cœur des débats. Les prochaines déclarations des autorités locales et danoises seront déterminantes pour écarter définitivement les rumeurs de vente.
La possibilité d'une indépendance du Groenland n'est pas exclue à long terme, mais elle dépendrait d'un référendum local et de négociations complexes avec le Danemark. Aujourd'hui, les Groenlandais sont divisés : selon un sondage réalisé en 2025, 54 % des habitants se déclaraient favorables à l'indépendance, mais seulement 30 % pensaient que leur économie pourrait survivre sans l'aide danoise.
Les États-Unis, la Chine et plusieurs pays européens, dont l'Allemagne et la France, ont exprimé un intérêt marqué pour les terres rares et les hydrocarbures groenlandais. Les États-Unis, en particulier, ont renforcé leur présence militaire en Arctique ces dernières années, tandis que la Chine a multiplié les investissements dans les infrastructures portuaires locales.