La Suisse pourrait bientôt généraliser une solution technologique inédite pour contrôler l’âge des acheteurs dans les supermarchés. Selon Journal du Geek, une entreprise helvétique propose désormais un système de vérification instantanée de la majorité via un simple selfie. Cette innovation s’inscrit dans la continuité des dispositifs similaires déjà déployés sur les sites pornographiques et les plateformes de vente d’alcool en ligne.

Ce qu'il faut retenir

  • Une entreprise suisse, non nommée, a développé un outil de vérification d’âge par reconnaissance faciale en 10 secondes.
  • Le processus repose sur un selfie comparé aux données d’une pièce d’identité.
  • Cette solution vise à remplacer les contrôles manuels actuels, souvent longs et peu fiables.
  • Les supermarchés pourraient adopter ce système dès 2027, selon les projections.

Une technologie inspirée des contrôles en ligne

L’entreprise suisse mise sur une solution déjà éprouvée dans d’autres secteurs. Comme l’explique Journal du Geek, les sites pornographiques utilisent depuis plusieurs années des outils similaires pour restreindre l’accès à leur contenu. Désormais, cette technologie pourrait s’étendre aux points de vente physiques. Le principe reste le même : comparer un selfie en temps réel avec une pièce d’identité numérique ou un document officiel. La durée annoncée pour la vérification est de dix secondes, un délai compatible avec les contraintes des commerces.

Ce dispositif s’inscrit dans un contexte réglementaire de plus en plus strict. Les États européens renforcent leurs contrôles sur la vente de produits réservés aux majeurs, comme l’alcool ou le tabac. En France, par exemple, la loi prévoit des sanctions pour les commerçants ne respectant pas les règles. La Suisse, souvent à l’avant-garde en matière d’innovation technologique, pourrait devenir un terrain d’expérimentation pour cette solution.

Comment fonctionne ce système ?

D’après les informations rapportées par Journal du Geek, le processus repose sur trois étapes clés. D’abord, le client doit présenter une pièce d’identité valide, comme un passeport ou un permis de conduire. Celle-ci est scannée pour extraire les données biométriques, dont le visage. Ensuite, l’utilisateur prend un selfie via l’application ou un terminal dédié. Enfin, un algorithme compare les deux images pour confirmer l’identité et la majorité de la personne. L’absence de stockage des données personnelles est présentée comme un gage de confidentialité par l’entreprise.

Cette méthode élimine les risques d’erreurs liés aux contrôles visuels, souvent subjectifs. Elle pourrait aussi réduire les tensions entre clients et vendeurs lors des achats de produits réglementés. Cependant, des questions subsistent sur la fiabilité des algorithmes de reconnaissance faciale, notamment en cas de variations d’éclairage ou de changements physiques mineurs (barbe, lunettes, etc.).

Quels sont les enjeux pour les supermarchés ?

Les enseignes suisses pourraient adopter ce système pour se conformer à la loi et éviter des amendes. En effet, les contrôles aléatoires ou systématiques restent coûteux et chronophages. Avec cette solution automatisée, les commerces gagneraient en efficacité tout en limitant les risques juridiques. Selon les projections de l’entreprise, le coût d’installation d’un terminal serait inférieur à 2 000 francs suisses (environ 2 000 euros).

Pour les consommateurs, l’avantage est double : un processus simplifié et une meilleure protection contre l’achat de produits illégalement. Certains pourraient toutefois s’inquiéter de l’utilisation de leurs données biométriques, malgré les garanties annoncées. La transparence sur les modalités de traitement des images sera donc cruciale pour rassurer le public.

Et maintenant ?

L’entreprise suisse envisage de lancer une phase pilote dans plusieurs supermarchés dès fin 2026, avant une éventuelle généralisation en 2027. Les retours des clients et des commerçants seront déterminants pour ajuster le dispositif. Si les tests sont concluants, cette technologie pourrait s’exporter vers d’autres pays européens, où les réglementations sur la vente de produits réservés aux majeurs se durcissent.

Reste à savoir si les autorités helvétiques valideront ce système, notamment au regard du respect du RGPD suisse. Les associations de défense des droits numériques pourraient également émettre des réserves sur l’usage de la reconnaissance faciale en dehors des applications sécuritaires. Journal du Geek souligne que les prochains mois seront décisifs pour l’avenir de cette innovation.

Pour l’instant, l’adoption reste facultative. L’entreprise suisse propose une solution clé en main, mais les supermarchés sont libres de l’utiliser ou non. Une généralisation pourrait intervenir si les autorités encouragent cette pratique ou si les enseignes y voient un avantage commercial.