Cinquante-trois ans après avoir enterré l’ère des vols supersoniques civils avec la fin du Concorde, les États-Unis viennent de prendre une décision historique. Selon Journal du Geek, Washington a annoncé l’assouplissement d’une réglementation datant de 1973, qui interdisait tout dépassement de Mach 1 au-dessus du territoire américain. Une règle longtemps pointée du doigt comme l’un des facteurs ayant précipité la fin du supersonique franco-britannique.
Ce qu'il faut retenir
- Depuis 1973, une règle américaine interdit tout vol civil supersonique (Mach 1) au-dessus des États-Unis, en raison des nuisances sonores causées par le bang supersonique.
- Cette interdiction a joué un rôle clé dans l’arrêt du Concorde, dont les survols des États-Unis étaient interdits après 1976.
- Le 7 juillet 2026, les États-Unis ont officiellement annoncé un assouplissement de cette réglementation, ouvrant la voie à de nouveaux projets d’avions supersoniques.
- La Federal Aviation Administration (FAA) a confirmé la révision de ses normes, sans préciser de date d’application, mais évoquant une « modernisation nécessaire » des règles.
- Plusieurs start-up américaines, dont Boom Supersonic et Exosonic, développent déjà des appareils capables de voler à Mach 1,5 ou plus.
Une règle née des protestations contre le bruit
Adoptée en 1973 sous l’administration Nixon, la réglementation américaine interdisant les vols supersoniques au-dessus du territoire national était motivée par des considérations environnementales et sociales. À l’époque, les bangs supersoniques générés par les avions comme le Concorde ou le Tupolev Tu-144 étaient jugés trop bruyants, provoquant des plaintes de la part des riverains. « Les États-Unis ont choisi une approche radicale en interdisant purement et simplement ces vols, au mépris des avancées technologiques de l’époque », explique un expert en aviation civile cité par Journal du Geek.
Cette décision a eu des conséquences directes sur le développement du transport aérien supersonique. Le Concorde, entré en service en 1976, n’a jamais pu survoler le territoire américain, limitant son réseau aux liaisons transatlantiques entre Paris, Londres et New York. Sans la possibilité d’étendre ses routes, le projet est devenu économiquement non viable, contribuant à son arrêt définitif en 2003.
Un virage réglementaire pour relancer l’innovation
C’est dans ce contexte que la Federal Aviation Administration (FAA) a annoncé, le 7 juillet 2026, une révision de ses normes. « Nous modernisons nos règles pour refléter les avancées technologiques et les nouvelles attentes en matière de mobilité aérienne », a déclaré un porte-parole de l’agence, cité par Journal du Geek. L’assouplissement de la règle de 1973 s’inscrit dans une stratégie plus large visant à encourager l’innovation dans le secteur aéronautique.
Plusieurs acteurs du marché se préparent déjà à profiter de ce changement. La start-up Boom Supersonic, qui développe l’avion Overture censé voler à Mach 1,7, a salué cette décision. « Cette évolution réglementaire est une excellente nouvelle pour l’industrie. Elle nous rapproche de la reprise des vols supersoniques commerciaux », a affirmé un représentant de l’entreprise. De son côté, Exosonic, qui collabore avec l’US Air Force, mise sur un appareil capable de transporter 70 passagers à Mach 1,8.
Des défis techniques et écologiques à relever
Si l’assouplissement de la réglementation ouvre des perspectives, il ne garantit pas pour autant un retour immédiat des vols supersoniques. Les constructeurs devront d’abord prouver que leurs appareils respectent les nouvelles normes de bruit, bien plus strictes que par le passé. « Le bang supersonique reste un défi acoustique majeur. Même avec des technologies avancées, il faudra des années de tests avant d’obtenir les certifications nécessaires », souligne un ingénieur aéronautique interrogé par Journal du Geek.
Autre enjeu de taille : la rentabilité économique. Les avions supersoniques consomment beaucoup plus de carburant que leurs homologues subsoniques, ce qui pose la question de leur impact environnemental. « À l’ère de la transition écologique, les compagnies aériennes devront justifier l’utilité de ces appareils face à la pression des régulations carbone », rappelle un analyste du secteur.
Pour les passagers, l’espoir d’un retour des voyages en moins de 4 heures entre l’Europe et les États-Unis se précise. Mais entre les défis techniques, les contraintes réglementaires et les impératifs écologiques, le chemin sera encore long avant de voir sillonner le ciel de nouveaux appareils supersoniques.