Près de soixante-dix organisations non gouvernementales spécialisées dans la défense de l’environnement et des droits humains en République démocratique du Congo (RDC) s’opposent fermement à l’éventuelle levée du moratoire sur l’attribution de nouvelles concessions forestières industrielles. Selon RFI, ces associations craignent l’ouverture à l’exploitation de plusieurs dizaines de millions d’hectares de forêt, des territoires actuellement protégés par ce dispositif.

Ce qu'il faut retenir

  • Près de 70 ONG en RDC s’inquiètent d’une levée du moratoire sur les concessions forestières industrielles, selon RFI.
  • Ces organisations redoutent l’ouverture à l’exploitation de plusieurs dizaines de millions d’hectares de forêt.
  • Le gouvernement congolais dément tout projet en ce sens, évoquant des « supputations dans le vide ».
  • Le moratoire en vigueur depuis des années limite l’extension des concessions industrielles en zone forestière.

Un moratoire contesté mais considéré comme essentiel par les ONG

En place depuis plusieurs années, le moratoire sur les nouvelles concessions forestières industrielles en RDC a permis de freiner, en partie, la déforestation dans un pays où la couverture forestière reste l’une des plus étendues au monde. D’après RFI, les soixante-dix ONG signataires de la prise de position craignent que sa levée n’entraîne une accélération de l’exploitation commerciale des forêts, au détriment des écosystèmes et des communautés locales.

Ces organisations, qui regroupent des acteurs nationaux et internationaux, soulignent que la RDC abrite environ 1,8 million de kilomètres carrés de forêts, soit près de la moitié du bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète après l’Amazonie. Autant dire que toute extension massive des zones exploitées pourrait avoir des répercussions majeures sur la biodiversité et le climat.

Kinshasa rejette toute velléité de suppression du moratoire

Face à ces craintes, le gouvernement congolais apporte un démenti catégorique. Dans une réponse rapportée par RFI, les autorités affirment qu’il n’est « absolument pas question » de lever le moratoire, qualifiant les inquiétudes des ONG de « supputations dans le vide ». Un responsable du ministère de l’Environnement a précisé que le texte en vigueur « reste en application » et qu’aucun projet de décret ou d’arrêté en ce sens n’est à l’étude.

Cette position tranchée contraste avec les spéculations récurrentes sur un possible assouplissement des règles, portées notamment par certains acteurs économiques et politiques favorables à une exploitation accrue des ressources forestières pour relancer la croissance. Reste que, pour les ONG, le simple fait que ces rumeurs circulent illustre la nécessité de renforcer, et non d’affaiblir, les protections en place.

« Lever ce moratoire reviendrait à ouvrir la porte à une exploitation incontrôlée de nos forêts, avec des conséquences dramatiques pour les populations et l’environnement. »
— Déclaration conjointe de 70 ONG, rapportée par RFI

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes. Plusieurs réunions entre le gouvernement, les ONG et les partenaires internationaux sont attendues pour clarifier la position de Kinshasa et évaluer les risques réels d’un assouplissement des règles. Une échéance à suivre de près, alors que la pression pour exploiter les ressources naturelles reste forte dans un contexte économique difficile.

En attendant, les ONG appellent à une mobilisation accrue pour garantir la préservation des forêts congolaises, tout en reconnaissant que le débat dépasse le cadre national, compte tenu du rôle clé de la RDC dans la régulation climatique mondiale.

Le moratoire limite l’extension des concessions industrielles dans les zones forestières, réduisant ainsi la déforestation. La RDC abrite une part majeure du bassin du Congo, essentiel pour la biodiversité et la lutte contre le changement climatique. Sa levée pourrait donc avoir des impacts écologiques et sociaux majeurs.