Au Nicaragua, l’Assemblée nationale, contrôlée par le président Daniel Ortega, a adopté à l’unanimité une réforme électorale excluant de fait les opposants des prochains scrutins. Selon nos confrères du Monde, le texte, voté le 1er septembre 2026, durcit les conditions d’éligibilité en interdisant aux candidats ayant participé à des « actes putschistes », des « trahisons de la patrie » ou ayant sollicité une « intervention militaire » étrangère de se présenter. Autant dire que cette mesure vise directement les figures de l’opposition, déjà largement marginalisées depuis plusieurs années.

Ce qu'il faut retenir

  • Une réforme électorale adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nicaraguayenne, dominée par le parti sandiniste.
  • Exclusion des candidats ayant commis des « actes putschistes » ou des « trahisons de la patrie », ou ayant demandé une intervention militaire étrangère.
  • Prolongation du mandat présidentiel de six à sept ans, renforçant la concentration du pouvoir entre les mains du président Ortega.
  • Une mesure qui s’inscrit dans un contexte de restrictions croissantes des libertés démocratiques au Nicaragua.

Le texte, voté à l’unanimité par les députés de l’Assemblée nationale nicaraguayenne, marque une nouvelle étape dans le durcissement du régime en place. D’après Le Monde, cette réforme s’accompagne d’une modification constitutionnelle portant la durée du mandat présidentiel de six à sept ans. Une décision qui, selon les analystes, vise à consolider la position de Daniel Ortega, au pouvoir depuis 2007 et réélu en 2021 dans un scrutin marqué par des accusations de fraude et l’exclusion des principaux opposants.

Parmi les motifs d’exclusion listés dans le texte, on retrouve la participation à des « actes putschistes », une formulation suffisamment large pour cibler les opposants politiques. La notion de « trahison de la patrie » ou la sollicitation d’une « intervention militaire » étrangère pourraient également servir à écarter toute figure critique du gouvernement. Ces critères, critiqués par les défenseurs des droits humains, s’ajoutent à un arsenal législatif déjà utilisé pour réprimer les voix dissidentes.

Cette réforme intervient dans un contexte où le Nicaragua, dirigé par Daniel Ortega depuis près de deux décennies, est régulièrement pointé du doigt par les organisations internationales pour son recul démocratique. Les élections de 2021, boycottées par l’opposition, avaient déjà été largement contestées par la communauté internationale, qui dénonçait un manque de transparence et des entraves aux libertés fondamentales. Avec cette nouvelle loi, le régime semble s’engager davantage sur la voie d’un système politique verrouillé.

« Cette réforme électorale est une nouvelle illustration de la volonté du pouvoir en place de maintenir un contrôle absolu sur le processus politique, au mépris des normes démocratiques », a déclaré María José Ulloa, experte en droits humains et membre de l’ONG Cenidh.

Les observateurs s’interrogent désormais sur les prochaines étapes. Si le texte a été adopté à l’unanimité, il reste à voir comment il sera appliqué en pratique. Les prochaines élections, prévues en 2027, devraient se tenir dans un cadre électoral déjà très contesté. Plusieurs pays d’Amérique latine et l’Union européenne avaient déjà exprimé leur préoccupation après les scrutins précédents, évoquant des « irrégularités systématiques ».

Et maintenant ?

Pour les élections de 2027, la communauté internationale pourrait adopter une position plus ferme, notamment en renforçant les sanctions contre Managua. Les États-Unis et l’Union européenne pourraient réévaluer leur coopération avec le Nicaragua, tandis que les organisations de défense des droits humains pourraient intensifier leurs pressions pour un retour à des pratiques démocratiques. Reste à voir si ces mesures auront un impact sur la politique intérieure du pays.

Cette réforme électorale s’inscrit dans une dynamique plus large de restriction des libertés au Nicaragua. Depuis plusieurs années, le gouvernement Ortega multiplie les lois répressives, ciblant les médias indépendants, les ONG et les mouvements sociaux. En 2021, une loi sur la « souveraineté » avait déjà été utilisée pour justifier l’arrestation de plusieurs dirigeants de l’opposition, dont la candidate présidentielle Cristiana Chamorro.

Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la réaction de la communauté internationale. Une réunion du Conseil permanent de l’Organisation des États américains (OEA), prévue en octobre 2026, pourrait aborder la question de la situation politique au Nicaragua. Par ailleurs, plusieurs pays pourraient décider de suspendre leur aide au développement ou de rappeler leurs ambassadeurs en signe de protestation.

La réforme exclut les candidats ayant participé à des « actes putschistes », commis des « trahisons de la patrie » ou sollicité une « intervention militaire » étrangère. Ces termes, volontairement vagues, permettent au pouvoir en place d’écarter toute figure critique.