Comme le rapporte Le Monde, le président chinois Xi Jinping a entamé cette semaine un périple diplomatique marqué par une opposition affirmée à l’influence américaine, à quelques semaines de sa venue à Washington pour s’entretenir avec son homologue états-unien Donald Trump. Ce marathon de rencontres s’est ouvert lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS), qui s’est tenu lundi et mardi derniers au Kirghizistan.

Ce qu'il faut retenir

  • Xi Jinping a réaffirmé son opposition à « l’impérialisme américain » lors du sommet de l’OCS au Kirghizistan
  • Cette déclaration intervient à quelques semaines d’une rencontre prévue avec Donald Trump à la Maison Blanche
  • Le sommet de l’OCS, organisé les 1er et 2 septembre 2026, a réuni plusieurs régimes hostiles à l’Occident
  • La Chine renforce ainsi son positionnement géopolitique avant un échange bilatéral de haut niveau

Un sommet sous le signe de la résistance à l’hégémonie américaine

Lors de cette réunion à Bichkek, capitale du Kirghizistan, Xi Jinping a pris la parole pour dénoncer ce qu’il qualifie de « menace impérialiste » émanant des États-Unis. Selon les comptes-rendus du Monde, le chef de l’État chinois a souligné que « la communauté internationale doit rejeter toute forme de domination unilatérale » et défendre la souveraineté des nations. Ces propos s’inscrivent dans une stratégie de longue haleine visant à promouvoir un ordre mondial multipolaire, où Pékin jouerait un rôle central.

Le choix du Kirghizistan comme cadre de ce sommet n’est pas anodin. Ce pays d’Asie centrale, membre de l’OCS, est un partenaire économique et politique de la Chine dans le cadre de son projet des « Nouvelles routes de la soie ». L’organisation, créée en 2001, rassemble désormais huit États membres, dont la Russie, l’Inde et le Pakistan, tous critiques envers les politiques occidentales.

Une rencontre Trump-Xi sous haute tension

La séquence diplomatique prend une nouvelle dimension avec l’annonce d’un sommet entre Xi Jinping et Donald Trump, prévu d’ici la fin du mois à Washington. Selon Le Monde, cette réunion intervient dans un contexte de tensions commerciales et géopolitiques exacerbées entre les deux superpuissances. Les observateurs soulignent que les déclarations de Xi Jinping à Bichkek visent aussi à préparer le terrain pour ces discussions, où les sujets du commerce, de la sécurité en mer de Chine méridionale et de la rivalité technologique seront probablement au cœur des échanges.

Les analystes s’interrogent cependant sur la capacité des deux dirigeants à trouver un terrain d’entente. « Les attentes sont modestes », confie un diplomate cité par nos confrères du Monde. « Les divergences structurelles entre Pékin et Washington rendent tout accord ambitieux peu probable à court terme. » Les deux camps ont d’ailleurs multiplié les gestes hostiles ces derniers mois, des restrictions à l’exportation de semi-conducteurs américains vers la Chine aux mesures chinoises de contrôle des investissements étrangers.

L’OCS, un outil de contrebalancement à l’influence occidentale

Créée en réponse à l’élargissement de l’OTAN et à la domination américaine dans les institutions internationales, l’OCS s’affirme comme un contrepoids géopolitique. Lors de ce sommet, les dirigeants présents ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération sécuritaire et économique entre leurs membres. Xi Jinping a notamment mis en avant la nécessité de « construire une communauté de destin partagé pour l’humanité », une formule récurrente dans le discours chinois pour promouvoir son modèle de gouvernance.

Les observateurs notent que cette réunion intervient alors que plusieurs membres de l’OCS, comme l’Inde et le Pakistan, entretiennent des relations complexes avec les États-Unis. New Delhi, par exemple, reste un partenaire stratégique de Washington tout en développant ses liens avec Moscou et Pékin. Autant dire que l’équilibre des forces au sein de l’organisation reste fragile, malgré l’affichage d’unité.

Et maintenant ?

La prochaine étape de ce marathon diplomatique sera donc la rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump, dont la date exacte n’a pas encore été officiellement confirmée. Les observateurs s’attendent à des discussions tendues, avec des annonces limitées à des engagements symboliques. Dans l’immédiat, la Chine pourrait tenter de consolider son influence en Asie centrale et au Moyen-Orient, tandis que les États-Unis devraient maintenir leur pression sur les questions commerciales et technologiques. Reste à voir si ce sommet parviendra à désamorcer, ne serait-ce que partiellement, les tensions entre les deux puissances.

Pour l’heure, le déplacement de Xi Jinping à Washington constituera un test de taille pour les relations sino-américaines, dans un contexte où les deux pays naviguent entre rivalité et interdépendance.

Selon Le Monde, les discussions devraient porter sur les tensions commerciales, notamment les restrictions à l’exportation de semi-conducteurs américains vers la Chine, ainsi que sur les enjeux de sécurité en mer de Chine méridionale. La rivalité technologique, avec des questions comme le développement de l’intelligence artificielle ou des infrastructures 5G, sera également un point central. Enfin, les deux dirigeants pourraient évoquer la question des investissements chinois aux États-Unis et les mesures de contrôle réciproques.