Une attaque menée par des groupes armés a visé un lycée de la région d’Askira Uba, dans l’État de Borno, au Nigeria. L’assaut, survenu lundi 6 juillet 2026 au matin, a provoqué la mort de trois personnes, dont un soldat, et l’enlèvement de 37 élèves alors qu’ils passaient leurs examens de fin d’année. Selon Le Figaro, cette attaque est revendiquée par des éléments présumés de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP).
Ce qu'il faut retenir
- 37 élèves portés disparus après l’assaut contre un lycée de Lassa, dans la zone administrative d’Askira Uba.
- Trois personnes ont été tuées, dont un soldat, selon les autorités locales.
- L’armée nigériane a d’abord annoncé l’enlèvement de 11 élèves, avant que ce chiffre ne soit révisé à la hausse.
- L’attaque s’est produite alors que les élèves étaient en pleine session d’examens.
- Les assaillants présumés appartiendraient à l’ISWAP, une faction liée à l’État islamique.
Un lycée ciblé en pleine session d’examens
L’établissement visé, situé à Lassa, dans la zone administrative d’Askira Uba, était le théâtre de la session d’examens de fin d’année pour des centaines d’élèves. Les assaillants, qui ont ouvert le feu avant de prendre la fuite avec des otages, ont semé la panique parmi les élèves et le personnel éducatif. Selon les premiers éléments rapportés par l’armée nigériane, 11 élèves avaient été enlevés avant que dix d’entre eux ne soient secourus dans la journée.
Cependant, une liste plus détaillée, diffusée mardi 7 juillet par un responsable local et consultée par l’AFP, a fait état de 37 disparus. Cette disparité dans les chiffres souligne la difficulté à obtenir des informations fiables dans une région régulièrement secouée par des violences. « Les opérations de ratissage se poursuivent pour localiser les autres élèves portés disparus », a indiqué un porte-parole militaire sous couvert d’anonymat.
Un groupe djihadiste toujours actif dans la région
L’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) est régulièrement pointé du doigt pour des attaques similaires dans le nord-est du Nigeria. Ce groupe, issu d’une scission de Boko Haram en 2016, mène des actions ciblées contre les forces de sécurité, les civils et les infrastructures éducatives. En 2020, une attaque contre une école à Kankara, dans l’État de Katsina, avait déjà provoqué l’enlèvement de plus de 300 élèves, avant leur libération quelques semaines plus tard.
Le nord-est du Nigeria reste une zone sous haute tension, où les groupes armés profitent des faiblesses des forces de l’ordre pour organiser des raids. « Ces attaques visent à semer la terreur et à perturber le système éducatif, déjà fragilisé par des années de conflit », a expliqué un analyste nigérian basé à Abuja. Les écoles, souvent dépourvues de mesures de sécurité suffisantes, deviennent des cibles privilégiées pour ces groupes.
Réactions et mobilisation des autorités
Les autorités nigérianes ont immédiatement réagi à l’attaque. Le gouverneur de l’État de Borno, Babagana Zulum, a condamné l’assaut et promis une « réponse immédiate ». « Nous ne laisserons pas ces groupes semer la peur et entraver l’avenir de nos enfants », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. L’armée a également déployé des renforts dans la zone pour traquer les assaillants et tenter de localiser les élèves encore portés disparus.
Au niveau international, la France a réagi par la voix de son ministre des Affaires étrangères, qui a exprimé sa solidarité avec le Nigeria. « La France condamne avec la plus grande fermeté cette attaque contre des civils, en particulier des élèves. Nous soutenons les efforts des autorités nigérianes pour mettre fin à ces violences », a indiqué le Quai d’Orsay dans un communiqué.
Cette nouvelle attaque rappelle l’urgence d’une réponse coordonnée entre les forces nigérianes et les partenaires internationaux pour lutter contre l’insécurité dans la région. Pour l’heure, les familles des élèves disparus attendent des nouvelles, dans un climat d’inquiétude qui s’ajoute à celui déjà pesant dans le nord-est du pays.
À ce stade, les autorités nigérianes n’ont pas fourni de détails précis sur l’état ou la localisation des 37 élèves portés disparus. Les opérations de recherche et de ratissage se poursuivent dans la région d’Askira Uba, où des renforts militaires ont été déployés pour tenter de localiser les otages.
Les groupes armés, comme l’ISWAP, ciblent les écoles pour plusieurs raisons : perturber le système éducatif, semer la terreur dans la population et affaiblir l’autorité de l’État. Les écoles, souvent isolées et peu protégées, représentent des cibles faciles dans une région où les infrastructures de sécurité restent limitées.