Plus de 450 universitaires, responsables religieux, diplomates et chercheurs venus de plus de 50 pays participent depuis lundi au premier Forum international de la civilisation islamique. Organisé entre Tachkent, Samarcande et Termez jusqu’au 10 juillet, l’événement met en lumière la contribution historique et actuelle de l’islam à la science, à l’éducation et à la culture mondiale, selon Euronews FR.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 450 participants représentant plus de 50 pays réunis en Ouzbékistan pour un forum de cinq jours.
- 70 initiatives internationales seront présentées, impliquant universités, musées et instituts de recherche.
- Le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev a souligné l’importance de la science et de l’éducation face aux défis contemporains comme l’extrémisme et l’islamophobie.
- L’héritage des savants musulmans, notamment d’Asie centrale, est présenté comme un pilier de la civilisation mondiale.
- Près de 100 000 manuscrits issus de Transoxiane, aujourd’hui conservés dans le monde, illustrent cet héritage.
- La Déclaration de Tachkent sera adoptée, marquant une étape vers une coopération renforcée en matière de recherche et de technologies numériques.
Un forum pour rétablir le dialogue face aux préjugés
L’objectif central de ce rassemblement est de démonter les amalgames qui associent trop souvent l’islam à la violence ou à l’extrémisme. « L’objectif principal de ce forum est de montrer une fois encore la contribution des savants musulmans à la civilisation mondiale et de rappeler que l’islam a toujours appelé au savoir, à l’éducation et à l’humanisme », a expliqué à Euronews FR Rustam Jabborov, secrétaire scientifique du Centre de la civilisation islamique en Ouzbékistan. Pour lui, « associer l’islam à la violence ou à l’extrémisme va à l’encontre de sa véritable nature ».
Lors de l’ouverture, le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev a rappelé que le monde traverse une période de profonde transformation, marquée par les conflits, la défiance et l’islamophobie. « La science, l’éducation, la culture et des valeurs morales partagées demeurent des fondements essentiels de la paix, du dialogue et du développement durable », a-t-il déclaré. Un message qui résonne comme une réponse aux tensions actuelles, où l’héritage culturel et intellectuel de l’islam est parfois éclipsé par des débats politiques.
L’héritage scientifique de l’Asie centrale mis en avant
Les débats accordent une place centrale aux contributions des savants d’Asie centrale, dont les travaux ont révolutionné les mathématiques, l’astronomie, la médecine et la philosophie. Pour le Dr Salem bin Mohammed Al-Malik, directeur général de l’Organisation du monde islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ICESCO), cet héritage reste d’une actualité frappante. « L’intelligence artificielle ne pourrait pas exister sans les principes établis par Al-Khwarizmi. L’astronomie n’en serait pas là sans Ulugh Beg et Al-Biruni. Nous devons être fiers de nos savants musulmans », a-t-il affirmé.
Abdul-Ati Al-Sharqawi, président du conseil de la Science Foundation for the Revival of Heritage and Digital Services, a souligné l’ampleur de cet héritage : « Ce pays exportait autrefois une grande science, une littérature et une créativité extraordinaires vers le reste du monde ». Les chercheurs ont recensé près de 100 000 manuscrits rédigés par des savants de Transoxiane, aujourd’hui dispersés dans des bibliothèques à travers le monde. Ces documents, dont certaines découvertes restent à exploiter, témoignent de l’importance de l’Ouzbékistan dans l’histoire intellectuelle mondiale.
L’Ouzbékistan, nouveau pôle de la civilisation islamique
Le vice-président du Parti de la justice et du développement (AKP) en Türkiye, Kürşad Zorlu, a salué le rôle croissant de l’Ouzbékistan dans le monde turcique et islamique. « Aujourd’hui, l’Ouzbékistan abrite une organisation très importante pour le monde turcique et islamique. Nous constatons que les réformes menées au cours des dix dernières années sont couronnées par cette institution majeure », a-t-il indiqué. Pour lui, « fort de plus de 3 000 ans d’histoire, l’Ouzbékistan est devenu l’un des centres importants de la civilisation islamique, ce qui revêt une grande importance pour la Türkiye ».
Ce forum s’inscrit dans une dynamique plus large de valorisation du patrimoine culturel et scientifique islamique. En organisant cet événement, l’Ouzbékistan affirme son ambition de devenir un acteur clé du dialogue interculturel et de la coopération académique internationale. Une position renforcée par la création du Centre de la civilisation islamique en Ouzbékistan, qui incarne cette volonté de réaffirmer l’apport positif de l’islam à l’humanité.
À l’issue de cet événement, une question centrale se pose : dans quelle mesure ces initiatives pourront-elles contribuer à rééquilibrer les perceptions de l’islam dans le débat public ? Autant dire que l’enjeu dépasse largement le cadre académique.
Les discussions portent principalement sur la contribution de la civilisation islamique à la science, à l’éducation et à la culture, ainsi que sur les moyens de renforcer la coopération internationale dans ces domaines. L’accent est mis sur la lutte contre les préjugés associant l’islam à la violence, tout en valorisant l’héritage des savants musulmans d’Asie centrale, comme Al-Khwarizmi ou Al-Biruni.
Plus de 70 initiatives conjointes, impliquant des universités, des musées et des instituts de recherche, seront présentées. Parmi elles figurent des projets de numérisation de manuscrits, de recherche collaborative et de création de partenariats académiques. La Déclaration de Tachkent, qui sera adoptée, devrait formaliser ces engagements.