Lakhdar « Youcef » M., jugé pour le meurtre puis le démembrement de son épouse Assia B. en 2023, a été longuement interrogé ce mercredi 8 juillet au palais de justice de Paris. La cour d’assises s’est attachée à déterminer si ses actes s’inscrivaient dans la continuité de violences conjugales antérieures, un schéma souvent observé dans les féminicides, selon Libération.

Ce qu'il faut retenir

  • Lakhdar « Youcef » M. est jugé pour le meurtre et le démembrement de son épouse Assia B., survenu en 2023.
  • L’accusé a nié devant la cour toute responsabilité dans des violences conjugales antérieures.
  • Les débats ont porté sur la question de savoir si le crime était l’aboutissement d’un cycle de violences.
  • L’audience s’est tenue le 8 juillet 2026 au palais de justice de Paris.

Un procès marqué par la négation des violences conjugales

Assis dans le box des accusés, Lakhdar « Youcef » M. a maintes fois répété qu’il n’avait « jamais violenté » son épouse, Assia B., dont le corps avait été retrouvé démembré en 2023. L’homme de 42 ans a évoqué une relation conflictuelle, mais a toujours contesté les accusations de violences physiques ou psychologiques portées par les parties civiles. Selon les éléments du dossier, le couple traversait une période de tensions importantes avant le drame, mais l’accusé a systématiquement minimisé leur gravité. Libération souligne que les questions de la cour ont visé à établir si ces violences, si elles avaient existé, avaient pu conduire au passage à l’acte final.

La cour cherche à comprendre le contexte des violences

Les débats ont permis de revenir sur les derniers mois de vie du couple. Plusieurs témoins, dont des proches et des voisins, ont évoqué des disputes fréquentes au sein du foyer. Certains ont rapporté avoir entendu des éclats de voix ou des bruits de lutte, tandis que d’autres ont témoigné de changements de comportement chez Assia B., marquée par une grande nervosité. Pourtant, Lakhdar « Youcef » M. a toujours contesté ces récits, affirmant que ces tensions étaient « normales dans un couple ». La cour a tenté de démêler le vrai du faux, tout en rappelant que le féminicide est souvent précédé d’un cycle de violences, comme le montrent de nombreuses études sur le sujet.

Les parties civiles exaspérées par les dénégations de l’accusé

Les avocats des parties civiles, représentant la famille d’Assia B., ont exprimé leur exaspération face aux déclarations de l’accusé. L’un d’eux a rappelé que « dans 80 % des féminicides, il y a eu des signes avant-coureurs », soulignant que les violences conjugales ne débutent généralement pas par un meurtre. Ils ont également pointé du doigt l’absence de remords affichée par Lakhdar « Youcef » M., qui a maintenu sa version des faits malgré les éléments accablants du dossier. Pour eux, ce procès est aussi l’occasion de faire reconnaître la souffrance d’Assia B., dont le corps n’a été retrouvé que plusieurs mois après sa disparition.

Et maintenant ?

Les débats doivent se poursuivre dans les prochains jours, avec notamment l’audition des experts psychiatres. Leur rapport, attendu d’ici la fin de la semaine, pourrait éclairer la cour sur l’état psychologique de l’accusé au moment des faits. Si le procès confirme la préméditation ou la volonté de dissimulation, l’accusé risque la réclusion criminelle à perpétuité, peine maximale encourue pour ce type de crime. Les parties civiles réclament également que ce procès serve d’exemple pour sensibiliser à la lutte contre les violences conjugales.

Ce procès s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre les féminicides en France, où 122 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire en 2025, selon les dernières statistiques disponibles. Les associations féministes espèrent que ce procès contribuera à briser le silence autour de ces violences et à renforcer les mécanismes de protection des victimes.

Lakhdar « Youcef » M. risque la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre et le démembrement d’Assia B., selon les dispositions du code pénal français applicables aux crimes les plus graves.