Dix membres d’une loge maçonnique des Hauts-de-Seine sont jugés depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Nanterre pour avoir commandité une série d’actions criminelles, allant de l’intimidation violente aux meurtres. Comme le rapporte Le Monde, l’accusation a détaillé devant les juges le fonctionnement d’une organisation qualifiée de « PME du crime », structurée comme une entreprise légale mais dédiée à la commission d’infractions graves.
Ce qu'il faut retenir
- Une loge maçonnique des Hauts-de-Seine accusée d’avoir commandité des contrats criminels, allant de l’intimidation violente aux meurtres.
- L’accusation évoque un fonctionnement organisé, comparé à une « PME du crime ».
- Les peines requises contre les accusés s’échelonnent jusqu’à 30 ans de prison.
- Le procès se déroule devant le tribunal correctionnel de Nanterre depuis le 7 juillet 2026.
- Les faits concernent des contrats criminels sur une période non précisée dans l’acte d’accusation.
Une organisation criminelle déguisée en loge maçonnique
Selon les éléments présentés par le parquet, la loge maçonnique Athanor, basée dans les Hauts-de-Seine, aurait servi de couverture à une activité criminelle organisée. Les procureurs décrivent une structure hiérarchisée, où chaque membre occupait un rôle précis, à l’image d’une entreprise classique. Les contrats criminels, allant de l’extorsion à l’assassinat, étaient attribués après une évaluation des compétences et des réseaux de chacun des accusés. Le Monde souligne que cette organisation aurait fonctionné pendant plusieurs années avant d’être démantelée par les autorités.
Les investigations ont révélé l’utilisation de méthodes sophistiquées pour brouiller les pistes, notamment des communications codées et des intermédiaires financiers opaques. Les enquêteurs ont également mis au jour des liens avec des figures du grand banditisme local, sans pour autant établir une collusion directe avec l’obédience maçonnique en tant que telle.
Des peines historiques requises par le parquet
Lors de l’audience d’ouverture, le parquet a requis des peines allant jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle contre les principaux accusés. Ces peines, parmi les plus lourdes jamais demandées dans ce type d’affaire, reflètent la gravité des faits reprochés. Parmi les chefs d’accusation figurent tentative d’assassinat, extorsion en bande organisée et association de malfaiteurs. Le procureur a insisté sur le caractère prémédité des actions, certaines ciblant des victimes désignées pour des motifs à la fois personnels et financiers.
Parmi les accusés, on compte d’anciens responsables locaux, des entrepreneurs et un ancien membre des forces de l’ordre. Leur défense s’appuie sur le fait qu’ils n’auraient fait qu’exécuter des ordres au sein d’une structure dont ils ignoraient l’illégalité présumée. Les avocats de la défense devraient plaider l’absence de preuves directes liant leurs clients aux actes criminels commis.
Un procès sous haute tension judiciaire et médiatique
Le procès, qui se tient à huis clos pour partie, mobilise une salle d’audience sous forte surveillance policière. Les débats s’annoncent tendus, avec des témoignages de repentis et des expertises financières destinées à retracer les flux d’argent illicites. Le Monde précise que les juges devront trancher non seulement sur la culpabilité individuelle des accusés, mais aussi sur l’existence même d’une organisation criminelle structurée autour de la loge Athanor. La décision est attendue pour la mi-septembre 2026.
Les parties civiles, représentées par des victimes directes ou des familles de personnes décédées dans des circonstances troubles, réclament des dommages et intérêts substantiels. Leur avocat a rappelé lors de l’ouverture des débats que « certains contrats criminels visaient des cibles précises, avec une violence calculée », sans pour autant fournir de détails sur les identités des victimes concernées.
Ce procès rappelle celui de l’affaire dite des « frères invisibles », où une loge du sud de la France avait été démantelée pour des faits similaires en 2018. À l’époque, les peines avaient atteint vingt ans de prison en moyenne. Autant dire que l’enjeu dépasse le cadre de cette affaire : il interroge la porosité entre certains milieux associatifs et les cercles criminels organisés.