Quatre agriculteurs ougandais ont engagé une procédure judiciaire contre le géant français des hydrocarbures TotalEnergies devant les tribunaux britanniques. Leur action vise le projet de construction d’un oléoduc géant traversant l’Ouganda et la Tanzanie, comme l’a annoncé le 7 juillet 2026 l’ONG Avaaz, selon RFI.

Ce qu'il faut retenir

  • Quatre agriculteurs ougandais ont déposé un recours au Royaume-Uni contre TotalEnergies le 7 juillet 2026.
  • L’oléoduc en question est un projet géant reliant l’Ouganda à la Tanzanie.
  • L’ONG Avaaz a révélé cette information, confirmant l’implication des plaignants dans cette procédure.
  • TotalEnergies est visé pour son rôle dans la construction de cet infrastructure pétrolière.

Ce mégaprojet, connu sous le nom d’East African Crude Oil Pipeline (EACOP), est l’un des plus ambitieux du secteur en Afrique de l’Est. Long de 1 446 kilomètres, il doit relier les champs pétrolifères de l’ouest de l’Ouganda au port tanzanien de Tanga, sur l’océan Indien. TotalEnergies en est l’opérateur principal, aux côtés de partenaires comme le groupe chinois CNOOC et la société tanzanienne TPDC.

Les quatre agriculteurs, soutenus par Avaaz, accusent le projet de menacer leurs terres et leurs moyens de subsistance. Selon l’ONG, l’oléoduc traversera des zones agricoles et des réserves naturelles, exposant les populations locales à des risques environnementaux et sociaux. « Nous ne pouvons accepter que nos terres soient confisquées au nom d’un projet qui menace notre avenir », a déclaré l’un des plaignants, cité par Avaaz. Le recours déposé au Royaume-Uni s’appuie sur une législation permettant aux victimes de violations des droits humains de poursuivre des entreprises britanniques, même si les faits se produisent à l’étranger.

TotalEnergies, de son côté, défend le projet comme un levier de développement économique pour la région. Le groupe argue que l’EACOP générera des emplois et des revenus pour les deux pays, tout en respectant les normes environnementales internationales. « Nous sommes convaincus que ce projet est mené dans le respect des populations et de l’environnement », a indiqué un porte-parole de TotalEnergies, cité par plusieurs médias.

Cette action judiciaire survient alors que le projet suscite déjà une forte opposition internationale. Des ONG comme Greenpeace ou Les Amis de la Terre dénoncent depuis des années les risques écologiques liés à l’EACOP, notamment en cas de marée noire ou de pollution des sols et des cours d’eau. En Ouganda, des communautés locales ont déjà été déplacées pour permettre la construction du pipeline, alimentant les tensions autour de ce projet.

Et maintenant ?

Le recours déposé au Royaume-Uni pourrait prendre plusieurs mois, voire des années, avant d’aboutir. Une audience préliminaire est attendue d’ici la fin 2026, selon Avaaz. En parallèle, les débats sur la légitimité de l’EACOP devraient s’intensifier, avec des risques de blocages juridiques ou de retards dans la mise en œuvre du projet. TotalEnergies, qui mise sur une exploitation commerciale dès 2027, devra composer avec ces nouveaux défis.

Au-delà de ce cas précis, cette affaire illustre les tensions croissantes entre les géants du pétrole, les États et les populations locales dans les projets d’extraction en Afrique. Elle soulève également des questions sur l’efficacité des recours juridiques transnationaux pour protéger les droits humains et l’environnement. Alors que l’Afrique de l’Est cherche à concilier développement économique et durabilité, ce litige pourrait devenir un précédent pour d’autres projets similaires sur le continent.