Les violences sexuelles restent systématiquement employées comme une arme de guerre dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), selon le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH). Ces exactions, utilisées notamment en représailles contre les populations civiles, accompagnent fréquemment les pillages, les enlèvements ou les déplacements forcés. Ce constat est rappelé à l’occasion d’un débat de haut niveau au Conseil de sécurité, présidé ce mercredi 8 juillet 2026 pour la première fois depuis plus de trente ans par une Première ministre congolaise.
Ce qu'il faut retenir
- Le BCNUDH documente l’utilisation des violences sexuelles comme arme de guerre dans l’est de la RDC.
- Ces actes servent de représailles contre les civils et s’accompagnent de pillages, enlèvements et déplacements forcés.
- Un débat de haut niveau au Conseil de sécurité de l’ONU est consacré à ce sujet ce 8 juillet 2026.
- Pour la première fois depuis plus de trente ans, une Première ministre congolaise préside cette session.
Une stratégie de terreur délibérée
Selon le BCNUDH, les violences sexuelles en RDC ne relèvent pas de simples exactions isolées, mais bien d’une stratégie militaire visant à terroriser les populations. Les rapports onusiens soulignent que ces actes sont souvent commis en parallèle d’autres violations des droits humains, comme les pillages de ressources ou les enlèvements à des fins d’esclavage ou de rançon. « Ces violences sont systématiquement utilisées pour affaiblir les communautés locales et les pousser à l’exode », précise un expert cité par RFI.
Les zones les plus touchées restent celles sous tension entre les forces armées congolaises, les groupes armés locaux et les milices étrangères. L’est de la RDC, riche en minerais, est le théâtre d’affrontements récurrents depuis des décennies, aggravant la vulnérabilité des civils. Les Nations unies rappellent que ces pratiques contreviennent au droit international et constituent des crimes de guerre.
Un débat historique au Conseil de sécurité
Ce mercredi 8 juillet 2026, le Conseil de sécurité de l’ONU consacre une session exceptionnelle à la situation dans l’est de la RDC. Pour la première fois depuis plus de trente ans, la présidence de cette réunion est assurée par une Première ministre congolaise, une première qui marque un tournant symbolique. « Cette session permettra de mettre en lumière l’urgence d’agir face à ces violations massives des droits humains », a indiqué un porte-parole de l’ONU à RFI.
Les discussions devraient porter sur les moyens de renforcer la protection des civils, mais aussi sur les mécanismes de justice pour les victimes. L’ONU pourrait également évoquer le rôle des Casques bleus de la MONUSCO, dont le mandat arrive à échéance en décembre 2026. La question de leur renouvellement ou de leur adaptation aux réalités du terrain sera probablement au cœur des débats.
Un bilan humain toujours plus lourd
Les données compilées par le BCNUDH révèlent une recrudescence des signalements ces dernières années. Entre 2023 et 2025, plus de 12 000 cas de violences sexuelles liées aux conflits ont été documentés, dont une majorité impliquant des mineurs. Ces chiffres, bien que partiels en raison des difficultés d’accès aux zones de conflit, illustrent l’ampleur du phénomène.
Les organisations humanitaires sur place rapportent une méthodologie similaire dans les attaques : les victimes sont souvent ciblées en représailles à des supposés soutiens aux groupes armés rivaux. « Les femmes et les filles sont particulièrement vulnérables, mais les hommes et les garçons ne sont pas épargnés », a précisé un responsable de l’ONG Human Rights Watch à RFI. Ces violences s’ajoutent aux traumatismes psychologiques, souvent ignorés dans les zones de guerre.
La communauté internationale, et notamment les pays africains et européens, est appelée à renforcer son soutien aux mécanismes locaux de protection et de justice. Mais l’urgence reste avant tout celle d’une cessation immédiate des violences contre les civils, condition sine qua non à toute stabilisation régionale.