Un essai clinique évaluant deux traitements contre la souche Bundibugyo du virus Ebola a débuté jeudi 2 juillet en République démocratique du Congo (RDC), selon Franceinfo - Santé. Cette initiative, coordonnée par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de RDC et soutenue par une coalition incluant l’Organisation mondiale de la santé (OMS), marque une avancée majeure dans la lutte contre une épidémie en cours dans le pays.

L’essai, baptisé « Partners », vise à tester l’efficacité de l’anticorps monoclonal MBP134 et de l’antiviral remdesivir, administrés isolément ou en combinaison. Le premier patient a été recruté dans la journée, a annoncé Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, lors d’une conférence de presse. « Plus tôt dans la journée, l’essai clinique portant sur deux traitements a débuté avec le recrutement du premier patient », a-t-il déclaré.

Ce qu'il faut retenir

  • L’essai clinique « Partners » évalue deux traitements contre la souche Bundibugyo d’Ebola, une souche rare, en RDC.
  • Les molécules testées sont l’anticorps monoclonal MBP134 et l’antiviral remdesivir, seuls ou en association.
  • L’étude est coordonnée par l’INRB de RDC et soutenue par une coalition incluant l’OMS.
  • Le premier patient a été recruté le 2 juillet, marquant le lancement officiel de l’essai.
  • L’OMS a également autorisé un test de diagnostic moléculaire pour cette souche, avec dix laboratoires désormais habilités à dépister le virus.

Une souche rare et une épidémie en expansion

La souche Bundibugyo, identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007, est l’une des six souches connues du virus Ebola. En RDC, où plusieurs épidémies ont déjà été recensées, cette souche circule actuellement, aggravant la situation sanitaire du pays. L’OMS a souligné que cet essai clinique intervient alors que l’épidémie s’étend, sans qu’il existe à ce jour de vaccin ou de traitement spécifique contre Bundibugyo.

« Nous nous efforçons de garantir aux patients participant à l’essai un accès aux deux médicaments s’ils s’avèrent sûrs et efficaces », a précisé Tedros Adhanom Ghebreyesus. Les participants bénéficieront par ailleurs de soins de soutien complets et d’un suivi médical renforcé, une démarche conforme aux protocoles stricts des essais cliniques.

Un test de diagnostic autorisé en urgence

Parallèlement au lancement de l’essai clinique, l’OMS a accordé jeudi une autorisation d’utilisation d’urgence au premier test de diagnostic moléculaire dédié à la souche Bundibugyo. Jusqu’ici, aucun outil n’était spécifiquement conçu pour détecter cette souche, compliquant le diagnostic et le traçage des contacts.

Dix laboratoires en RDC sont désormais capables de réaliser ces tests, ce qui devrait permettre d’améliorer significativement la détection des cas et le suivi des chaînes de transmission. « Le suivi des contacts s’est amélioré grâce à cette avancée », a indiqué Tedros Adhanom Ghebreyesus, soulignant l’importance de disposer d’outils adaptés pour endiguer l’épidémie.

Une mobilisation internationale coordonnée

La coordination de cet essai clinique repose sur l’INRB de RDC, en collaboration avec une coalition de partenaires internationaux. Parmi eux figurent l’OMS, qui joue un rôle central dans la supervision et la logistique, ainsi que d’autres acteurs de la santé publique. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de recherche et de développement de traitements contre les différentes souches du virus Ebola, dont certaines, comme Bundibugyo, restent peu documentées.

Tedros Adhanom Ghebreyesus a rappelé que les essais cliniques, bien que coûteux et complexes, sont essentiels pour identifier des solutions thérapeutiques viables. « Nous devons continuer à investir dans la recherche pour faire face à des maladies comme Ebola, qui peuvent avoir des conséquences dévastatrices », a-t-il ajouté.

Et maintenant ?

Les résultats de l’essai clinique « Partners » ne seront connus qu’après plusieurs mois de suivi des patients. Si les traitements testés s’avèrent efficaces, ils pourraient être intégrés aux protocoles de prise en charge en RDC, offrant enfin une solution thérapeutique contre la souche Bundibugyo. Par ailleurs, l’autorisation du test de diagnostic devrait permettre une meilleure réactivité des autorités sanitaires dans la gestion de l’épidémie. D’autres essais pourraient être lancés dans les mois à venir, en fonction des résultats obtenus.

La RDC, qui a déjà connu plusieurs flambées d’Ebola, reste un pays prioritaire pour la recherche sur cette maladie. Les autorités sanitaires locales et l’OMS appellent à une mobilisation continue des ressources et des partenariats internationaux pour venir à bout de cette épidémie.

La souche Bundibugyo, découverte en Ouganda en 2007, est l’une des six souches connues du virus Ebola. Contrairement aux souches plus courantes comme Ebola Zaïre, elle n’a pas encore de traitement ou de vaccin approuvé. En RDC, où elle circule actuellement, son dépistage était jusqu’ici complexe, faute d’outils dédiés. L’essai clinique lancé vise donc à combler ce vide thérapeutique.