Les marchés financiers européens et asiatiques ont reculé mercredi 8 juillet 2026, tandis que les cours du pétrole ont enregistré une forte hausse de près de 6 %, après l'annonce par le président américain Donald Trump de la fin du cessez-le-feu provisoire avec l'Iran. Selon Euronews FR, cette décision a ravivé les craintes d'une reprise du conflit militaire entre Washington et Téhéran, dans un contexte déjà marqué par une série de frappes américaines ciblant des infrastructures iraniennes.
Ce qu'il faut retenir
- Le Brent atteint 78,79 dollars le baril (+6,1 %), le WTI monte à 74,88 dollars (+6,3 %) en début de matinée.
- Donald Trump déclare, lors du sommet de l'OTAN à Ankara : « Pour moi, [le mémorandum avec l'Iran] c'est fini. Je ne veux plus traiter avec eux. »
- Les États-Unis ont lancé des frappes ciblant plus de 80 sites en Iran, incluant des réseaux de commandement et des navires du Corps des gardiens de la révolution (CGRI).
- Le DAX allemand recule de 2,2 %, le CAC 40 français de 2 % et le FTSE 100 britannique de 1,5 %.
- Les valeurs technologiques liées à l'IA, comme Samsung Electronics (-6,3 %) ou Advanced Micro Devices (-6,5 %), sont fortement touchées.
Fin de l'accord intérimaire : Trump durcit le ton contre l'Iran
La déclaration de Donald Trump, faite en marge du sommet de l'OTAN à Ankara, est intervenue quelques heures après que le Commandement central américain (Centcom) eut annoncé avoir mené des frappes aériennes en Iran. Selon Euronews FR, ces frappes ont visé plus de 80 cibles stratégiques, dont des infrastructures de commandement, des radars côtiers, des missiles antinavires et des navires contrôlés par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).
Dans le même temps, Washington a annoncé l'annulation d'une dérogation permettant à l'Iran de reprendre ses exportations de pétrole, une mesure qui pourrait aggraver les tensions sur les marchés énergétiques. « Pour moi, c'est fini. Je ne veux plus traiter avec eux », a affirmé Donald Trump aux journalistes, confirmant ainsi la rupture de l'accord intérimaire conclu précédemment.
Le pétrole s'envole, les Bourses plongent
La réaction des marchés a été immédiate. Les cours du pétrole ont connu une hausse marquée, avec le Brent, référence internationale, qui s'est apprécié de plus de 6 % pour atteindre 78,79 dollars le baril vers 10 h 45 (CEST). Le WTI, référence américaine, a progressé de 6,3 %, s'établissant à 74,88 dollars. Ces niveaux rappellent ceux observés avant le début de la guerre entre l'Iran et les États-Unis fin février 2026.
Côté actions, les indices boursiers en Europe et en Asie ont tous reculé. En Europe, le DAX allemand a perdu plus de 2,2 %, le CAC 40 français a cédé plus de 2 %, et le FTSE 100 britannique a reculé de 1,5 %. Les contrats à terme sur les indices américains ont également fléchi d'environ 1 % à la même heure.
En Asie, la volatilité a été encore plus marquée. L'indice Nikkei 225 de Tokyo a clôturé en baisse de 2,1 %, tandis que le Kospi sud-coréen a plongé de 5,4 %, terminant à 7 246,79 points. Le marché sud-coréen, qui avait brièvement franchi le seuil des 9 000 points le mois précédent, a été particulièrement affecté par les prises de bénéfices sur les valeurs technologiques liées à l'intelligence artificielle.
Les géants de la tech et de l'IA sous pression
Les valeurs technologiques, déjà fragilisées depuis plusieurs semaines, ont subi de nouvelles pertes. À Séoul, Samsung Electronics a reculé de 6,3 % en séance, après une baisse de 7 % la veille. SK Hynix a également terminé en baisse de 5,7 %, effaçant ses gains initiaux. À Taipei, l'indice Taiex a limité ses pertes à 0,6 %, tandis qu'à Hong Kong, l'indice Hang Seng a progressé de 3 % à 24 193,56 points.
Sur les marchés américains, la tendance s'est confirmée mardi avec un repli du S&P 500 (-0,4 %), du Nasdaq Composite (-1,2 %) et du Dow Jones Industrial Average (-0,2 %). Les valeurs liées à l'IA ont été particulièrement touchées : Advanced Micro Devices a chuté de 6,5 %, Intel de 9,7 % et Micron Technology de 4,7 %. SpaceX, dont l'activité xAI est cotée au Nasdaq-100, a reculé de 6,8 % dès son premier jour d'inclusion dans l'indice.
Le secteur automobile électrique n'a pas été épargné non plus. Rivian Automotive a chuté de 18,1 % après l'annonce d'une augmentation de capital de 75 millions d'actions, diluant la participation des actionnaires existants.
Un contexte déjà tendu avant la crise iranienne
Cette nouvelle escalade intervient dans un contexte où les marchés financiers sont déjà fragilisés par des craintes de surévaluation des valeurs technologiques. Selon l'analyste Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote, « dans ces conditions, les gros titres géopolitiques devraient probablement dicter le sentiment de marché au cours des prochaines heures. Une nouvelle détérioration de la situation pourrait peser davantage sur les valorisations boursières, alors que les tensions montent déjà dans le secteur technologique ».
Les prix du pétrole, qui avaient reculé depuis leur pic à plus de 100 dollars le baril lors de la guerre irano-américaine, pourraient ainsi être à nouveau poussés à la hausse. La situation reste particulièrement volatile, d'autant que les exportations iraniennes de pétrole, cruciales pour l'équilibre des marchés, sont désormais menacées par les sanctions américaines.
Reste à voir si les tensions actuelles s'apaiseront ou si, au contraire, elles s'inscrivent dans la durée, affectant durablement l'économie mondiale.
Les observateurs devront notamment suivre les réactions de l'Iran et de ses alliés, ainsi que les annonces potentielles de nouvelles sanctions américaines. La réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, prévue la semaine prochaine, pourrait également jouer un rôle clé dans la désescalade ou l'aggravation du conflit.